LK GRECO — PORTRAIT
DE L'iNQlTSITr.UR CARDINAL XINO DE CIl.V,
d'une puissance saisissante, nous apprenneni des vérités autremeni curieuses que celles que nous dévoileraient des textes demeurés inviolables, même aux recherches les plus tenaces et les plus systématiques.
Quoique l'existence de Theotokopuli demeure tout aussi énigmatique qu'au temps où paraissait l'ouvrage de Lefort sur la peinture espagnole 'i8<)3 , le mystère s'est déchiré par places, nous permettant de noter quelques dates, et de placer des faits qui fixent les bornesprincipales d'une biographie dont viendront àboutlesrechcrchesincessanteset,pouruneparttoutaussi grande, lehasard.
l.c Greco. dans ses tableaux, assigne souvent, comme lieu de sa naissance, l'île de Crète, sans en préciser autrement l'endroit, et toutes les investigations, faites sur place et ailleurs, n'ont abouti à aucune donnée nouvelle. D'après Palomino'. il sciait né en 1348, et cette date, quoique souvent controuvée par des commentateurs, peut être admise jusqu'à plus ample information. li n'en est pas ainsi en ce qui regarde l'année de son décès, fixé en 1625 dans les pancartes de tous les Musées, sans en excepter celui du Prado, et dans les travaux des écrivains les plus méticuleux, comme c'est le cas de Cari Justi.
En 187?, l'acte de décès fut publié par l'archiviste de Tolède, M. Foradada, et le registre contrôlé parl'érudit critique espagnol M. Sanpere v .\liquel : d'après les pièces authentiques, le Greco trépassa le 7 d'avril iiJiq, et fut enterré dans l'ancienne paroisse de Saint-Barthélémy, et non sous son célèbie tableau de l'Enterreinoit du Cdiiite d'Orffa:^, a Saint- Thomas, comme le voudrait la
légende.
Les circonstances qui le menèrent en Espagne ne sont pas très connues. Au moment de la naissance de Theotokopuli, l'île de Crète appartenait à la République de Venise depuis 1204. Cela revient h dire que la grande Ile grecque était loin d'être ce coin RA de terre dévasté et meurtri par les
serres turques. Sans doute, l'éclat de la métropole rayonnait jusqu'aux iles grecques, et la Crète, de même que Chypre, jouissait des bienfaits assurés par la puissance vénitienne. Donc, rien n'est plus logique que le voyage à Venise des jeunes artistes crétois attirés par les récits des Vénitiens, vantant la protection de la République pour les Arts, la beauté de la cité des lagunes, et le voisinage des grands centres italiens, encore pantelants du vaste effort qui produisit la Renaissance.
Mais \'enise, comme la Crète, garde le plus
;. /■;/ .\/iisc() fictoriai y fScM/j oylica. Madrid, 1724.
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profond silciiL-e au sujet de Theotokopuli. 11 laui avoir recours aux œuvres du peintre de Tolède, et leur faire avouer le secret des colorations apprises à Venise, des groupements semblables à ceux des grands maîtres vénitiens, des affinités remarquables avec certaines œuvres du Titien et du Tintoret. et finalement apprendre l'existence d'une lettre qui est la seule donnée certaine sur le séjour de Theotokopuli à N'enise et à Rome. Quoique le professeur Cari .lusti semble laisser croire qu'il ait été le premier à l'éditer, il n'en demeure pas moins vrai qu'elle lut publiée
LE GRECO