‹ L'Art et les artistes (volume 3)Chapitre 26 sur 99 · I.'AKT ]-:t · texte numérisé non relu

I.'AKT ]-:t

,KS ARTISTES

sont là (i)iiiiiic ])(iur i.léiiujutriT que. quand il xcut, cet artiste, très doue d'ailleurs, se joue des difficultés, dessine bien et pousse jusqu'au détail sans rien perdre du charme iniléuia1>le qu'il doit à sa spontanéité. ;\Iais elles ne font que davantat;e regretter cjne toutes ces qualités n'aient ]X)int été emplovées à l'exécution de la série des 1 lies tic Florence', qui sont véritahleuient trop sonuiiaires. Elles gardent de l'esquisse la lièvre, la hâte, l'inachevé parfoi; très séduisant. VA \'(v\\, inal,i,'ré lui, comf)lète la li,L,'ne interrompue, accentue les indications de tons, achève l'ceuvre. Cependant, toutes ces toiles sont présentées comme des tableaux délîiiitils : leurs diiiiensions ne ]icrmettent pas de s'\lioiiqu'r. lùicoie une fois, si M. Pierre Laj)rade ne ■-axait pas liiiir. on ne regretterait rien. Mais il suif. Alors, coniiiir rinpothèse de ))aresse est inadmissible, })eut-etre faut-il penser (lu'il est une des victimes de plus de la théorie ipu coiilond le léché a\'ec le fini et (]ui, par horreur de'- ieii\re> piinci\-es, interdit en art tout ce (pii dépasser, lil l'éliaiiche et la suggestion. Dangereuse théinie, dont di\-raient plus particulièrement se garder des peintres aussi charmants et aussi fins que .M. Pierre I,aprade.

Exposition pe 32 tabi.iî.mx de G. ((urbet (Galeries Beriiliciin jeune cl (ic. 15. nie Richcpance). — Au fur et à mesure que l'on oublie combien les idées de Courbet furent sinon funestes, du moins enfantines, comliieii ses rêves et ses illusions furent iiiescpiins, son art s'imjiose de ])lus en plus, comme par un moux'ement inverse, chaque jour plus solide, plus magistral, plus classique. C'est

un bien beau peintre, une gloire de l'art français contemporain.

Que ses paysages soient sombres malgré leur riche matière, cela prouve simplement et qu'il choisissait des sites sombres et qu'il ne fut point ébloui ]iar les prestiges de l'Inrpressionnisme. Sa brutalité fut toute dans ses paradoxes, car bien peu de gens pourraient avoir de telles délicatesses dans l'observation et dans la touche. Son naturalisme grossier, encore une plaisanterie. Regardez son Renard dans la neige, et dites s'il n'y a point là dedans une divination, une subtilité, une rareté d'impression qui ne peuvent appartenir qu'à un très authentique poète. Quant à la théorie qui veut fpie Courbet ait peint d'un pinceau égal et dans une ])câte indifférente n'importe quoi qui tombait devant son chevalet, il faudrait tout de même en faire justice. 11 serait plus exact de dire que Courbet élève au style (uniquement d'ailleurs par l'extraordinaire perfection de la matière et par le rendu de la vie) le moindre objet. Mais si la fougue de son esquisse, la science de ses plans, l'émail plein et comme indestructible de sa couleur lui constituent une sorte de monotonie, pour qui sait voir, au dessous de cette apparence se discernent des différences importantes : Courbet comprend le volume pesant d'une vague comme la chair grasse et blanche d'un camélia, la peau savoureuse d'une blonde comme la fourrure électrique d'un fauve, et lorsqu'il peindra Berlioz il montrera qu'il sait aussi comjirendre les ravages que font sur une figure d'homme les excès de la vie intérieure. N'est pas réaliste qui veut, de cette manière-là. F. JI.

MEMENTO DES EXPOSITIONS

nniil r,iliu\ (lu Ctiuoun. hiftptijii,. peintrt-s i-t smlpteurs de chevaux.

K.xi„

Ahazcir d' Ëté, int.x C/Hitups-Élysécs. — Salon biennal de la Société des Amateurs [Arts et Caiitas), œuvres de princes, princesses et notabilités étrangères.

l'nvilton de Mai^an (Louvre). — Exposition de la Dentelle de France et du Velours Grégoire, avec le enncours d'amateurs h'onnais et j^arisiens.

Terrasse de l'Oi iiiii;ri ic. — Expositiim des Artistes indépendants.

.-J/(V Tiiilciii^. .salle du Jeu de l'iiinne. — Exposition du costume.

Ihill de la '■ Dépêche coloiuale . me .•<aiiil-Ge<>ii:t.s, ly. — Cinquième exposition des arts de la mer.

Galeries G. l'ctil. S. rue de Scze.

— Exposition F. Picabia.

— Pastels de Victor Bourgeois.

— Aquarellistes français.

— Peintures de R.-A. Ulmann.

— Chiens connus et inconnus de Miss ilaud Earl.

— l'iicsdc l'V'H/.sf d'Abel 1 ruchet.

— A.iuarelles de Mathilde Sée.

— X'ingt-cinquième exjiosition des Pastellistes français. Galerie Bintssod et Vntndon. 24. boulevard des Capucines.

— Exposition des dessins en couleurs de P. Chapuis. Hue Sainl-Honoré, 416. — Exposition d'artistes femmes

jieintres et sculpteurs.

Galerie de l'Art contemporain. 3. rue Tronchet, à l'entresol.

— Exposition de peintures et dessins de A. -M. Le Petit ; sculptures de .\.-J. Halou ; grès au grand feu par X. de Barck.

Galciie Danthiin. 70. boulevard Malesherbcs. — Dessins

aux trois crayons de Tristan Richard.

Galerie Liigène Blot. 11. rue Hichepance. — Peintures de

Briaudau. Deltombe et Ottmann.

Théâtre Méeisto, iS. rue Saint-La:are. — Salon annuel des

chemins de fer.

Galerie Henry Graves. iS. rue Caumarlin. — Exposition

Albert Lechat.

Galeries Bernheim jeune et Cie. 15. rue Richepance. —

Exposition T.-E. lîutler.

Le Mouvement Artistique à l'Étranger

ALLEMAGNE DU SUD

^ 'exposition (le printemps île la SecesMon iniinichoise 1-* est d'une admirable tenue. Pourtant jircsque tous 'es maîtres du groupe en sont absents, sauf M. de Uhde, dont un tableau désorganisé et désharmonisé, selon sa dernière manière, ne peut que continuer de nuire à la réputation, et M. de Habermann, au contraire toujours en posture de se surpasser lui-même. Chez M. de Uhde. ce sont les éternelles mêmes jeunes filles, balafrées des éternelles mêmes clartés [Soleil a' après-midi), dans les éternelles mêmes verdures \ irulentes, de l'éternel même jardinet citadin. Et tous ces sempiternels recommencements, exécutes sans soin comme ans poésie, de la même touche lâchée et batailleuse, qu'il 'agisse d'une robe, d'un visage, d'un arbuste, du gravier ■ 'u d'un chien. M. de Habermann est un raffiné du dessin, de la touche, des harmonies rares, et surtout un connaisseur de la femme, égal J^resque à Rops et du même goût que M. von Keller. Anguleux et arrondis à la fois, écrits tl'une façon hiéroglyphique, sommaire et pourtant comjilète, ses nus portent la date de demain sinon d'aujourd'hui et leurs arrangements sont bien à lui. Il commence du reste .1 faire école : l'appétissante adolescente, nue dans une salle à man.ger à la lumière discrète, de M. Paul Roloff ned.écline ]ias la parenté avec ses habituelles façons d'indiquer l'anatomie par de souples, longues et agiles traînées d'un pinceau bien chargé de matière, retrouvant chaque valeur de même espèce sur les retours du même plan. Dans la même proportion, M. Hans Lesker subit l'influence de M. Herterich, plus encore dans sa vieille femme que dans son portrait de dame en gris. C'est bien le jeune homiue allemand moderne, tel que le façonnent les sports et nos tailleurs avec leur<> étoffes neutres, qui nous est présenté jiar M. Karl Schwalbach. Seuls M. Bernard Boutet delVIonvel et ipielques Anglais ont su envisager le même type, dans leur [lays, avec une certaine poésie, et !e réaliser d'une façon décorative et de grand style austère. L'.Mlemand a trop le culte de la force jiour ne pas croire trop souvent à l'omnipotence de la brutalité et, en peinture, de la crudité violente. Ht cependant ici même il est des portraitistes qui s'essaient avec bonheur aux subtilités des lumières dégradées et des harmonies exquises dans les intérieurs intimes; voir par exemple la petite brodeuse dans les verts, bleus et rouges de M. Fritz Ilass ; l'.Xndalouse aux couleurs écossaises de M. Willy Gciger ; l'étude dans les gris, roses et blancs, de M. Wilhelm Gallhof ; la jeune fille devant une porte, dans une atmosphère nacrée, deM. Joscf Knhn /»»«))-. Les tableaux composés, les grandes symphonies des coryphées de l'école, les Stuck et les von Keller, sont naturellement réservés à l'exposition internationale de cet été ; mais les paysagistes sont là au grand complet. M. .\1bert Lamm n'a, grâce à Dieu, pas finid'explorcr la contrée sévère, toute rocheuse et forestière de Muggendorf, qui eût

l)lu à Courbet, car c'est ])cinr la eonstrui tiou géologique une véritable vallée de la I-oue, moins la vigne, et du reste de tous points plus âpre, plus germanique, plus du Nord. Les décorateurs de Bayreuth, tout proche, ont pu s'en inspirer pour la mise en scène des Nihelun»en. M. Cari Keiser ne délaisse pas davantage l'alpestre Partenkirchcn et il a fini par s'assimiler assez bien l'indigeste van Gogh, qui lui vaut parfois, aujourd'hui, cette naïveté délicieuse des vieux grands bons enfants : témoin sa vue à vol d'oiseau de la vallée de la Loisach, et ses morceaux de montagnes passés, en l'air, au tamis des frêles verdures printanières, puis, plus bas, posés solidement sur les tapis de populages, au.K verts humides et gras, ponctués de jaunes, intenses comme des œufs mollets. ,M. Julius Schulein, comme M. Hayek, s'en est allé du côté de la Bretagne, et ra])])orte de Pont-r.\bbé des motifs traités tout à fait à In façon école écossai.se. De M. Hayek, au contraire, il y a des dessins bretons, d'une fougue et d'une caractéristicjue toutes allemandes. Je ne sais rien qui soit plus intéressant à comparer au.x travaux des artistes autochtones q\ie eeu.x des étrangers en voyage : leur vision est tellement autre, des choses (jue l'habitude a déformées pour nous, i'elle petite ville d'.Mlemagne. Kothcnbourg, par exemple, que nous ne savons jilus voir q\i'à travers les dessins des Angelo Jauk. des Wilhelm Schuize etdes Matliias Schiesstl. a])parailrait. visitée et jieinte par \iu Cl.uide Mouet. un Le Sidaner ou un Albert Baertson. à (leu luès dénationalisée.

Deux expositions ])ostluunes et une douzaine de tableaux de Cézanne, peu convaincants, achèvent di- donner sa [ihysionomie ]iartic>diére à cette exposition. II. Hrauu. de Carlsruhe, fut un merveilleux dessinateur de vieilles villes. 11 sut manier le fusain et la craie, pour traduire les façades déjetées et les vieux ])làtras, ]ircscpie aussi bien que Menzel dans ses notes de voyage. 11 a l'art il'adapter ce dessin, si vigoureux et si relief, à des papiers d'emballage, (]ui s'accommodent aussi bien de la surcharge noire des plus intenses lithographies et eaux-lortes de Storm van's (navesande, que des plus légers frottis et nuages de celles de Whistler, Vibrants île lumière ou lourds de la suie dos siècles, ses vieux murs ont une physionomie. Un don de la mise en scène fantastique le rapiirochc aussi de Victor Hugo dessinateur. Un palier d'escalier en délabre, éclairé par une lanterne, dont l'ombre de l'armature se casse aux parois et à la voûte, mérite d'être signalé parmi les plus saisissants d'entre ces beaux dessins, qu'il faudrait décrire à la façon de la Jacressarde et de la ruelle Coutancliez dans les Tin-.aillciirs de la Mer. Les canaux de Hambourg et le dôme de Cologne l'ont aussi magnifiquement inspiré. l'"t nul mieux que lui n'a rendu la désolation des lourdes pluies sur les masures suspectes. Parfois il usait

d'une matière luiileuso. otciuliif avtc des pinceaux très durs, sur surface polie, pour obtenir de véritables monotypes, et les résultats de cet étrange procédé ne le cèdent en rien à ses plus beaux fusains.

Rudolf Wilke. de Munich, fut un caricaturiste, jadi^ de Jit!;end, dernièrement de Simplicissimiis, d'une causticité de trait, d'un ascétisme de manière peu divertissants, mais bien cruellement, volontairement rosses. .•Mors on s'étonne parfois de découvrir auprès de ses vagabonds quelque plant de digitale, ou, en arrière, un paysage charmant, dessinés avec une complaisance où se trahit encore, par contraste, la misanthropie. Quelquefois aussi ce sont les lessiveuses au bord dn lac de Garde, si finement gouachées, de très brèves notes de voyage ; moulin à vent de

la 1-rise orientale, des panoramas alpestres où l'arabesque des montagnes, légèrement lavée d'aquarelle, l'a intéressé comme le profil d'un visage.... Et l'on n'en retombe qu'avec plus d'amertume au milieu de ses faiseuses d'anges, de ses Lumpoi. de ses .\grariens et Aristocrates, et de tout ce monde crapuleux des hautes et des basses couches qu'il a exprimé avec une haine clairvoyante et satisfaite, en des traits arachnéens de minceur, dont chacun a été étudié avec les mêmes patience et rigueur que mettait Wilhelm Busch à la lente, la savante élucubration de ses célèbres satires. Mais Busch était un obser\-ateur malicieux, plein de nanjuoiserie et de belle humeur, tandis que je ne sais pas un feuillet de Wilke devant lequel on ait seulement envie de rire. William Ritter.

ITALIE

T 'iT.xLiE peut se vanter de posséder aujourd'hui tleu-\ peintres décorateurs assez féconds pour couvrir de toiles tous les palais sans style et tous les monuments nationaux sans grâce que. à l'instar de Rome, les villes de la péninsule dressent partout, comme pour corriger, en l'amoindrissant de leur mieu.x. la beauté qui peut leur rester des siècles morts. Les deux décorateurs nouveaux sont encore assez jeunes pour accomplir la rude besogne de couvrir de leur art plusieurs centaines de mètres de mur. Les pouvoirs officiels n'en sont nullement effrayés, au contraire. Et tandis que M. Adolfo de Karolis peint les murs du Palais Provincial d'Ascoli. son pays natal. M. G.-X. Sartorio s'apprête à étendre la très longue série de ses couleurs figurées dans les salles du nouveau Palais de la Chambre des députés, à Rome.

L'art de ces deux ])eintres a des points de contact, des analogies même très grandes et très graves. Au point de vue de l'idée originaire, du mouvement initial qui pousse tout artiste à chercher " son expression i selon les modes de réalisation particuliers de son art, les deux décorateurs .sont deux poètes. Ils chérissent les vastes conceptions qui se développent en nuage imagé autour de la perpétuelle source mythique, et restent par là même, l'un et l'autre, semblables à toute une phalange de peintres de tous les temps d'imitation. .\u point de vue de la forme, de l'extériorisation plastique de la vision, ils se rattachent l'un et l'autre, avec plus ou moins d'évidence, avec plus ou mom-de bonheur, à l'art des préraphaélites anglais.

Chez yi. de Karolis, l'influence anglaise et la dérivation mythique sont plus fortes. Cependant, dans la stvlisation de quelques formes autochtones, de marins, de paysans, et surtout de paysannes, l'art de M. de Karolis atteint un degré d'émotion souvent très noble sinon très intense. Sa matière est riche, opulente même, grasse et nuancée, présentant à la fois : un curieux mélange de souvenirs classiques dans l'ordonnance générale, distribution et groupement, des sujets ; une recherche personnelle d'élégance dans les attitudes individuelles, élégance qui malheureusement aboutit [jarfois à une absence regrettable de vivacité musculaire et nerveuse ; enfin une volonté toute anglaise d'intensité expressive dans les figures. L'ensemble de toute œuvre de M. de Karolis est lyrique et èvocateur, le poète y apparaît plus suggestif que le peintre, mais l'atmosphère de rêve créée par le très habile décorateur est puissante.

M. G.-A. Sartorio apparaît à son tour comme étant essen-

tiellement poète. Ses conceptions sont plus personnelles que celles de JI. de Karolis. Elles sont même d'une complexité symboliste digne de quelque bon poète de l'école poétique de transition où elles eussent été en honneur. iL G.-A. Sartorio est appelé à une oeuvre nationale de vastes dimensions, qui aurait exalté ou effrayé l'habileté ultra-féconde tl'un Xéronèse. Les décorations de la nouvelle Chambre des députés seront présentées achevées, paraît-il, aux visiteurs <le la capitale italienne pendant les fêtes nationales <|u'on y prépare pour 191 1. M. G. -.A. Sartorio aura développé en couleurs son rêve italien. Rien dans sa conception n'apparaît vraiment dégagé du fatras allégorique laissé }>ar les siècles sur les murs des palais publics et privés. L'exaltation des A'ertus et des Énergies nationales est mélangée avec celle des deux moments historiques culminants de la vie italienne : le soulèvement médiéval des Communes et le « Risorginiento ». Deux choreutes de jeunes filles entourent les deux parties principales de la vision, tandis qu'une troisième choreute soutient la porte sjTiibolique d'une ville.

Toute composition artistique de larges proportions nous impose toujours deux termes de comparaison et d'appréciation. L'un est celui de la vision, l'autre celui de l'e.xécution. Xous arrivons ainsi à connaître la •' qualité » de notre émotion devant l'œuvre d'art, si celle-ci est capable de nous en donner. La vision de M. G.-.\. Sartorio, considérée comme un poème ou comme un plan de symphonie, est sans doute intéressante sans être étonnante : elle ne sort pas des normes établies par l'œuvre ancienne. Son exécution est très élégante, mais un peu flasque en même temps que compliquée par un amour, excessif à notre gré, de la ligne courbe et de ses combinaisons d'enveloppement dans les vêtements autant que dans les gestes. Au surplus, le mouvement exagéré de l'ordonnance générale manque de sérénité, de cette sérénité typique qui peut concentrer clans une fresque une impression plastique d'éternité. M. G.-A. Sartorio pèche par excès de pathétique. Son œuvre et celle de M. de Karolis nous font penser à celle des décorateurs français les plus récents, de Delacroix à Puvis de Chavannes et à M. Albert Besnard. Les visions idéo- Icgiques et très vagues de ce dernier se rapprochent de celles de Jl. G.-.\. Sartorio, quoique celui-ci soit à coup sûr plus original et jilus poète. Il est certain que Delacroix et Puvis n'ont pas trouvé leur égal parmi ces vivants.

RiCCIOTTO C.^NUDO.

ORIENT

/^ONSTANTIN'OPLE. — Ainsi que je l'annoïKjiii daii^ ma ^^ dernière chronique, le Gouvernement Impérial Ottoman a décidé la réparation de quelques mosaïques détériorées — fort rares, heureusement — de Kahrié-Djami. cette église-mosquée qui renferme des merveilles d'art byzantin dont on chercherait en vain l'équivalent à Kavenne et en Sicile.

Kahrié-Djami — ancien monastère de Khora — a été fondée au commencement du \"' siècle, sous Arcadius, fils de Théodose, qui eut en partage l'empire d'Orient. L'église monastique fut entièrement reconstruite, à la fin du XI'' siècle, sous le règne d'Ale.xis I" Comnène. C'est, toutefois, d'Andronic II, au commencement du xiv^ siècle, que datent la restauration et la décoration de Kahrié-Djami auxquelles cette église — la seule, peut-être, que les Turcs n'ont pas convertie en mosquée — doit sa célébrité. Elle est encore, aujourd'hui, considérée comme un des plus purs chefs-d'œuvre de l'art byzantin, tant à cause de son architecture extérieure et intérieure que de l'incomparable série de ses mosaïques et des superbes appliques de marbres gris, coupés de bandes rouges et vertes rayant sa nef et ses narthex et encadrant, à. l'occasion, les merveilleuses œuvres d'art. Kahrié-Djami est redevable de cette décoration au fameux Grand I.ogothète d'Andronic II. Théodore \t Métochite, qui consacra aux travaux plusieurs années de sa vie pie et généreuse. Une des mosaïques, faite de son vivant et admirablement conservée, le représente à genoux présentant au Sauveur l'édifice achevé du monastère. Avant de mourir, il exprima le vœu d'être enterré dans l'église monastique, et c'est près de l'autel du sanctuaire que. depuis '.33.1, le Métochite dort son dernier sonjmeil.

Sérieusement endommagée en 1894. lors du dernier tremblement de terre, la bâtisse a été restaurée depuis. 11 n'en a pas été de même des quelques mosaïques détériorées et disjointes par les secousses sismiqucs.

Une description architecturale de l'édifice — même superficielle — nous mènerait trop loin ; aussi le lecteur voudra bien m'e.xcuser si je ne détaille pas les proportions harmonieuses de la grande nef, en forme de croix grecque, surmontée de la coupole, du sanctuaire terminé en abside semi-circulaire, et la richesse des colonnes et des dentelures des galeries du narthex et de l'exonarthcx où se

trouvent, en grande partie, les mosaïques qui nous intéressent.

Ces mosaïques sont nu nombre de quatre vingts environ. Leur homogénéité les fait remonter au xiV siècle.

Il en est, cependant, — mais elles sont rares, — qu'on reconnaît être du xi'^ siècle, comme, par exemple, celle du Christ Pantocraior surmontant la grande porte qui relie entre elles les deu.x galeries.

La différence de ces époques se distingue aisément. Sous Alexis I"^ Comnène, i\ous voyons l'art occupé à reproduire la beauté en se réglant unifoimément sur les modèles antiques : nous le voyons, au contraire, sous .\ndronic II, préoccupé à copier la nature, à remplacer la beauté des lignes par l'expression des traits, et, rompant en visière avec les poses convenues, à mettre dans les groupes du mouvement et de la vie. En étudiant ces mosaïques, on pense, malgré soi. à la Renaissance, et l'on acquiert vite la certitude — sans crainte de controverses — qu'on est devant l'œuvre des artistes précurseurs de cette unique période d'art qui, durant deux siècles, illustra l'Italie et la France et à laquelle les noms des Médicis, de Jules II, de Léon X et de François L'f sont inipérissablement attachés.

Les mosaïques de Kahrié-Djami peuvent être divisées en trois séries distinctes. Première série : Scènes de la vie du Sauveur. Cette série comprend trente-huit mosaïiiues. Deuxième série : Scènes de la rie de la sainte Vierge : série comprenant vingt mosaïques. Troisième série : Représentations diverses de la gloire du Christ et de la \ ierge Marie, d'apôtres, de saints, de martyrs : série comiirennnt également une vingtaine de mosaïques.

Dans une prochaine chronique je décrirai les principaux de ces purs chefs-d'œuvre qui, recouverts de badigeon, enduits de plâtre, furent, pendant plus de quatre siècles, ignorés par les artistes, ignorés par tous ceux qui ont le culte du Beau.

C'est en 1876 seulement, la première année du règne de S. -M. le Sultan actuel, .^bdul Hamid II, que ces mosaïques ont été retrouvées et mises à jour. La gloire d'avoir restitué à la science ces merveilleuses pages revient à ce monarque qui, depuis son avènement, a rendu aux Arts, en Turquie, des services aussi éclatants (|ue signalés.

.\iioi riii' lu vi.Asso.

Échos des Arts

Monuments.

l'n cciMUté s'est formé pour recueillu les fonds nécessaires 1 l'érection d'un monument à .\dani Mickiewicz. ipii fut .1 la fois un des enfants les plus glorieux de la Pologne, un grand poète et un apôtre ardent de l'idéal moderne. I.'exé cution de ce monument a été confiée au sculpteur .\ntoinefimile Bourdelle. L'importance de cette œuvre est toute particulière eu ce temps où les sympathies sont si vives liour les peuples slaves.

Le comité d'action contient les noms des plus illustres représentants de la pensée contemporaine.

Prière d'envoyer les souscriptions à la rédaction du

Mexuie de l'tuiue. JO. rue de Coudé V' Victor Xicaise. ?, rue Mollien.

Revue des Revues.

St.^ryé Gody (années révolues). — Revue mensuelle d'urt ancien, paraissant le 1; j.S de clia(|ue mois. — igoq, troisième année.

Le te.xte de Staryé Gody étant rédigé en russe, tous les titres sont munis de traductions en français.

Pri.x il'abonnement jiour l'étranger : îo francs par an. On s'abonne chez tous les libraires de Saint-Pétersbourg

et au bureau de la rédaction (7, Solianoï per) : à Paris, chez Heuri Lecierc. liliraire, jig, rue Saint-Honoré. P. P. de Weiner. directeur fou.Iateur.

jK

/.(( SiiiiuliiKirii-. — Revue mensuelle illustrée des royaumes de Suède. Norvège. Danemark et grand-duché de Finlande. — Artistiiiue. littéraire, scientifique. — Rédaction et administration : fi". boulevard Malesherbes. et 4. avenue de l'Opéra.

Directeur : Maurice Chalhouli.

Abonnements : 6 francs pour la France et S francs pour l'étranger.

Assiicii:lioii (/(■ r.llliiniti' ailistiqiif , enregistrée en vertu de la loi sur les Sociétés industrielles et <le prévoyance). Siège social ; 67-69. Chancery Lane, London. \V. C.

Fondée en 190S dans le but de permettre aux artistes de soumettre librement et sans restriction leurs œuvres au ugement du public.

A l'exposition annuelle de l'Association, chaque membre est autorisé à envoyer trois œuvres, dont toutes seront exposées en ."roiqie ou dispersées, suivant le désir de l'exposant.

Le ditnn'iiic Scili'ii </< Lniidiis de l'Association sera tenu à Londres, au Royal Albiit Hall, au mois de juillet I9'i9.

On devient membre de l'Association en devenant acquéreur d'une (ou plusieurs) actions il'une valeur nominale de 10 shillings (soit 12 fr. 75), et en payant une cotisation annuelle d'une guinée (soit j6 fr. 50). En dehors de cette cotisation, les membres ne peuvent encourir aucune rcsponsiibilitc iiécuniaire.

L'administration de l'Association est conliée au comité de direction élu par les actionnaires.

M. B. — // est df loutc uécciiitf t/iir les altistes ,/esiiaiit eiienyei /, 7(m- <elieies à f, i f^ontinll ,1e leji).( lassent une ileilaialleli liiniieJ laie . cal d ne seia aitef'te qu'un iiellihie liés limite de iioiieeaiix exposants.

Toutes les demaniles de renseignements, adhésions et versements doivent être adres.sés au secrétaire (l-"rank Kutter). .Mlied Artists' .\ssociation Ltd.. (<;-hQ, Chancerv Lane. London, W. C.

BULLETIN DES EXPOSITIONS

l'AKls

Gland l'alais, ae,iiue d'Aiiliii. — Dix-uêuviéme exposition de la Société nationale des Beaux-Arts, du i ; avril au ;o juin.

Ciaud fatals des Chanif's- l'Uvsees. — Cent vingt-septiéme exposition de la Société des Artistes tran.,ais, du

I" mal au 30 juin.

fù-ole nationale des lleaux-Aits. — E

xposition

d'art décoratif de nos Ecoles nationales des départements, en mai.

Salle du Jeu de Paume, jardin des Tuileries. — Exposition de portraits de femmes au xviir' siècle, écoles française et anglaise, 23 avril,

Piemièrc exposition de la u Contemporaine , société nouvelle. Pour tous renseignements, s'adresser à M. E. André, 24, rue Beaurepaire.

Exposition de la Société nationale d'Horticulture, du 17 au 23 mai 1909. Les artistes sont invités à y prendre part pour toutes œuvres d'art se rattachant à l'horticulture. Pour tous renseignements, s'adresser au président. 84, rue de Grenelle.

Salon des Assurances. — Première exposition en octobre, en formation. (Prochainement, renseignements pré- .cis.)

Galène J. Petit, N, lue de Sèze. — L'œnvie de Rafîaëlli, du 10 juin au 13 juillet.

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