LE ^L\RI.\GE DE I,.\ VIERGE
douceur italiennes. En Piémont et en Lombardie, on ne veut voir que deux ou trois villes et les lacs. C'est une tradition bien établie, qui sacrifie l'art et la nature en d'égales proportions.
On reste à la fois dérouté et charmé devant les di.x fresques de Saint-Christophe.
Gaudenzio Ferrari les exécuta de 1530 à 1534, au moment du plein épanouissement de l'école italienne et de son propre talent. On y rcnrontre la plupart des idées, des formules, des procédés idu temps, mais la notion de la- beauté, le scntiment, l'invention diffèrent à tel point de cette sorte de canon auquel se soumettaient les artistes de la Péninsule que les thèmes religieux traditionnels en sont ])i"csque entièrement renouvelés.
Gaudenzio Ferrari lut assez lent à se lormer. Il manquait de cette forte disci- .iline qui faisait si vite les artistes florentins les maîtres accom- 'lis. Il subit longicmps l'influence des Allemands, de Léonard, du Corrège. sans 1 «arvenir à donner une tornie parfaite à sa pensée. Ses corps dé-
r;ART ET LES ARTISTES
gingandés prenaient des poses recherchées. Il semble qu'il se soit efforce d'être original, mais ses efforts n'aboutissaient guère cju'à des élégances prétentieuses.
Puis ses conceptions devinrent peu à peu plus harmonieuses et plus solides ; l'exemple des grands maîtres de la beauté classique transforma son style sans lui enle\'er cette grâce, cette empreinte particulière qui font la rare séduction des ceuvres de sa matm'ité.
Gaudenzio avait à leprésenter, sur les murailles des deu.x bras du transept ,en deu.x grandes fresques,rAssomj)tionet le Crucifiement, et, en huit [rescjnes plus j>etites. des scènes de la \'ie de la Vierge et de sainte Marie-Madeleine.
En 1704, lors de la ])ris