RENE MENARD
SI l'on veut se former une idée exacte du talent j)articulicr d'un artiste, il convient, en i)ieniier lieu, de se remémorer les conditions générales de son art antérieurement à ses débuts, ensuite de se rendre compte de ses origines ])ersonnelles. Les critiques ont constamment note la tendance de M. René Ménard à restituer, dans ses i)a\sages, ([uelque chose de l'idéal de l'ancien « pa\sage liistorique )i. Il est certain que ses évocations des solitudes aux lignes amples, aux horizons sim])les, aux valeurs dorées, baignées de je ne sais quelle atmosphère de légende, rompent au principe des « vues de pays " étroitement localisées. Que si. cependant, on examine d'un peu ])rès ses (euvres, on s'aperçoit qu'elles ne ré])ondent nullement à une volonté de retour en arrière et que, même, elles s'accompagnent de beaucoup de recherches proprement " modernes », au sens actuel du mot. La modalité coni])lexe à laquelle s'est arrêté l'auteur ne s'est point déduite d'un concept théorique et d'un dessein a priori aboutissant à une formule.
liiie ne jieut s'cxpiicpier (|ue par le fait d'inlluences ambiantes, longuement respirées avic l'aii' d'un milieu d'enfance, et jiar le concours d'imi)ulsions typiques ]>arties de l'étlucation, assez nettes, assez concordantes et assez suivies pour s'être imposées aux instincts de l'enfant dès la formation de son esprit. En d'autres ternies, si chargée d'éléments qu'a])])araisse la ]iroiluction de M. Ménard, son caractère curieusement concentré est l)ien moins arbitraire qu'on ne ])omrait croire. 1. 'altiste ne s'asservit ])as à des i>récédents : il obéit libremiiit à la loi de sa culture, ce cpii est singulièrement différent. Par là même, en ilehors des questions spéciales d'esthétique l't de technicpie, il desieut un sujet d'étude d'un rare intérêt.
L — L'histoire du paysage français depius dcu.x siècles a toujours été présentée si confusément qu'il est malaisé de se rendre compte des erreurs
L'ART ET LES AiriTSTES