‹ L'Art et les artistes (volume 3)Chapitre 55 sur 99 · DANS LE FENIL · texte numérisé non relu

DANS LE FENIL

cesco Oicili (t AL Ettorc de ALiria Bergk-r ont fixé jKiui" hi plus grande joie de nos yeux quelques-uns des asjiects les plus séduisants de la patrie italienne. M. Cairati nous conduit sur les bords du lac d'Alhano et du lac de Xéini, dans les marais de Riniiiii. vers la Pineta de Ravenne. à ilontefalco, à Assi>e et à San Gimignano ; M. Gioli nous conte avec tendresse et précision de délicates impressions florentines; 'SI. de ]\Liria Bergler nous conduit admirer, dans une salle décorée et meublée très confortablement par M. \'ittorio Ducrot, d'après les dessins de Î\L E. Basile, — deux noms que connaissent et estiment tous ceux qui suivent de près le mouvement de l'art décoratif italien. — les " Beautés de la Sicile n.

Nous ne nous y attarderons point, sollicités j>ar l'exposition de deux artistes disparus : Telemaco Signorini (1835-1900) et Giovanni Fattori (1825- ICJ08), dont les œuvres donnent une idée assez exacte de ce qu'était la peinture italienne d'il y a deux générations. Sous des apparences fort sages et des allures modérées, ces deux peintres furent, en somme, quand on \- regarde de près, des réalistes relativement audacieux, des observateurs impartiaux des faits et de la vie de leur temps. Des tableaux comme la Toilette du matin de T. Signorini, ou comme certaines des scènes militaires de G. Fattori,si violemment et si simplement tragiques, sont loin d'être des choses indifférentes. Il se peut qu'elles manquent d'acuité, de saveur, de tout ce que l'on demande aujourd'hui, à tort ou à raison, à l'art, mais ce sont là des morceaux dignes d'intérêt et d'estime.

Je me .garderai, en tout cas, de leur préférer des toiles à effet facile, platement sentimentales, comme la Graziella de M. Lionello Balestrieri, mais, dans la même salle, je m'arrêterai avec plaisir devant la Soirée d'été et la Bouquetière romaine du peintre napolitain Enrico Lionne qui y a traduit avec de curieuses audaces de pointilliste certains efïets de lumière parmi des milieux et des types d'élégances toutes modernes ; cela est, ma foi, fort bien.

Je \-eux dire aussi quelle joie m'a donnée le joli tryptique oii M. Pietro Chiesa nous a conté l'histoire d'une troupe d'enfants qui part à l'aventure dans une forêt, croit découvrir une retraite de sorcières ou de quelque ogre, et revient le soir à la maison heureuse et fleurie de fleurs sauvages. Les physionomies, les gestes, les expressions de toutes ces figures enfantines sont traités avec la plus charmante diversité et la plus délicate justesse ; rien d'appuyé ni de maniéré ; le paysage est frais, doucement lumineu.x ; tout a été patiemment et scrupuleusement étudié par l'artiste, et cela, cependant, ne sent jamais la fatigue. La Vie enfantine de M. Chiesa est, certainement, une des meilleures oeu\'Tes de l'exposition de 190g.

Quoi d'étonnant qu'auprès d'elle, si délicate et si sentie, le A u plein air et le Coin de Chioggia de M. Leonardo Bazzaro paraissent vulgaires et brutaux! M. Bazzaro est, à n'en pas douter cependant, un homme de talent, mais cet art violent, outrancier, ces gros efïets de lumière fatiguent vite : M. Bazzaro fait un peu songer, en moins raffiné, à M. Sorolla \' Bastida.

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AXL)ER> Zt)l\N — DliNTKI.LIÈKES DE VENISE

L'ART ET I.F.S Al-îTISTES

Les peintures décoratives sont pen nombreuses <-otlc annér à l'exposition île Wnise, et je ne vois 1,'uère à eiter cpie les deux vastes panncanx de M. l'iiiiio Xiiiiielliiii. desliiiés au Palais communal de Sampii-rdaiena : le (Iniulicr, tout grouillant de monvcniiiil, d'une belle m ilonnaiiee, et ht Nouvelle Raeei:\\\\ iiioiilre un ,L;r(.inpe d'hommes et de Icmmes j/ortant des étendards et des couronnes, ])arvenus au sommet d'une colline, jiarmi la lirise et la lumièi-e, en marche, j'imagine, vers l'avenir.

Il \- a aussi l'esquisse sonunairc de la grande frise décorative que M. Aristide Sartorio est en train d'exécuter ])onr la Chambre des députés. Le sujet est VHistoire idéale du peuple italien. Il est fort dillicile, on le comprend, de se prononcer sur une leuMe de cette importance d'après ce que l'artiste nous en montre ici. Mais, en venant de voir les décorations tlont .M. Sartorio avait orné les murs du salon d'honneur du palais des Giardini, il est permis cejJendant d'éprouver un sentiment d'inquiétude.

B. BEZZI — POÉSIE HIVERNALE

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