P.ALI, ( HAB.VS
de rboisu' certauis su|rls traités d'uni> certaine laçon. et il ne (juitte ])lus cettr .ittitude.
Au fond., c'est très mélancolique (|ue de n-lrouver ainsi chaque année le tabli'au de l'année <lernière, ])ius ou moins retouché ; sans coni])ter qu'au lieu de se iHTtcclioinier, les artistes, à emplo\-er jiareiJle méthode, perdeiil graduellement tout l'aiactère personnel cl il arrive un nmnirnt où ils ne font ])lus (pie se recoi)ier. sans plus s'en référer à la nature.
Soyons plus francs encore. Le Salon des Aiiis/ts /rtinçciis est inférietu" à celui de la N (1/ ioïKih'. Il semble qu'il ne soit guère composé que de ])ri\ de Rome, traitani des anecdotes sentimentales et des snji'tsdi' jijiotogra]'hies en cou- Irursawc une absolue inconscience de ce que ]>eu\"ent être les lins de la jieinture. \'ous y Irou- \-ere/. une foison de portraits de dames ])lus ou moins élégantes, a\'i'c des robes dont chaque détail citer est soigneusement rendu, de chiens fidèles, de révoltes et de récits, de curés offrant à boire à des militaires, de femmes nues tenant dans leur main les attributs les ])lus oiseux. Parfois même, rarement, il est vrai, celui qui \tn-
.VLGVE
L'ART ET LES Al-iTISTES
gnait lies {eiiinies nues s'aventure à peindre des soldats ou des portraits, et réciproquement.
Mais l'absence d'art de tout cela est navrante. On se sent en présence d'o]iérations commerciales admirablement organisées et l'on prend la plus haute idée de la fortune juiblique que ne semble pas épuiser l'achat de tant de toiles; mais, même quand l'ceuvre luirait liit'u jintc. il ne faut pas troji s'approcher ; il >• niaiique trop souvent ce je ne sais quoi d.- sincère et de vivant à quoi l'on reconnait l'artiste vrai.
Pourtant, au milieu de cette uni\'erselle médiocrité, queUpies belles choses et un certain nombre lie choses intéressantes font (pielque contraste. Xdlre )ilai^ir à les déciiuxi ir est d'autant plus vif.
Pas (l'Henri Martin cette année, malheureusement. Mais M. Jules Adier e.xpose. outre r Hoininca tix il- mhcs , âpre étude d'humanité, un ( 'luirl(i'iiii\iu est une sorte de fresque très belle, très grande, ofi flotte un sentiment à la 13rang\vin du plus intense effet, ("e pemlic a une émoti<ui X'iMinicut |i(iignaiite, d'essence iio])ulaire et qui se réalise plastiquement de savoureuse manière.
/,(' Cliiint puni- Ui licaitlc lie .Mlle Hélène Dutau l'st un panneau décoratif de j)etites dimensions, mais de proportions vastes. Plus que sa science du plein air,
qui est parlaite, plus que son habileté à faire frémir la \'ie sous la jx'au lumineuse, ench<nite sa comjiréheiision du sens dccoraiij de la jK'inture, Non .seulement elle aiiiii' à peindre, mais elle sait ce qu'il faut faire lorsqu'on a envie de peindre. C'est une sensible et une intellectuelle.
Le toujours virtuose M. Hoffbauer e.xpose une liwcutc des plus impressionnante et des ji sombre, mais on attend toujours le moment où ce peintre, abandonnant sa virtuosité, en reviendra à la qualité d'émotion si particulière que révélèrent ses premières oeuvres. M. Rochegrosse aborde la vie antique avec cette science et ce sens qu'il en a
jusque dans ses scènes les jtlus familières : Fclc intime et Dans la rue.
Admirons le Portrait de M. André Des,taillcnr et
le Jardin de M. Jean-Pierre Laurens ; la Fin de
marché en Sologne, une très remarquable toile de
M. Guillonnet, qui passe aisément du tableau
officiel au tableau de genre et dont la Rencontre
de l'homme est si pleine d'humour, de fantaisie
et de lumière ; les belles espagnoleries de M. La-
parra, d'une anahse si aiguë et qui m'ont semblé
presque égales, cette fois,
à celles de M. Zuloaga,
malgré qu'il }• manque
un peu de cette sorte de
fièvre dans le réalisme
qui caractérise le second
artiste.
L'Algue de M. Paul Chabas est séduisante au possible avec son jeune nu caressé par les derniers rayons du soir, son eau morte et opalisée.
C'est un des meilleurs Chabas.
Ce que j'ai le plus goûté dans la rétrospective d'Albert Maignan, ce sont ses petites études d'aquarium, mais le reste est d'un s\Tnbolisme si enfantin à la fois et si pesant et il y a là dedans si peu de qualités vraiment picturales qu'on ne l>eut guère être ému ni intéressé.
M. Joseph Bail peint des Communiantes avec cette perfection un peu froide qui lui est habituelle, et M. du Gardier continue à représenter la \achts. La vague de M. Matisse-Auguste ne s'appelle pas la Vague, mais elle ressemble à celle de l'an dernier. La princesse Gagarine-Stourdza e.xpose un beau nu, solide et consciencieux, et Mlle Delasalle aussi. J'ai trouvé fort bien le Commérage en Flandre de M. Louis Prat, malgré que le sujet en soit bien vulgairement lus anecdotique. Cette remarque d'ailleurs ne s'apj^lique
ANDRÉ DEVAMBEZ — fusion de l'école