‹ L'Art et les artistes (volume 3)Chapitre 70 sur 99 · PANNEAU DE · texte numérisé non relu

PANNEAU DE

iioTivL-lles murailles comme les premières, sans laisser liierre sur pierre.

Redoublant de dévotion, les trois sœurs ne se découragèrent pas. Et le Seigneur, sans doute, enlin touché de leur constance, leur fit connaître sa volonté par l'intermédiaire il'un oiseau.

Obéissant à l'avis d'En Haut, les jeunes Saintes se mirent en route pour Haekendover où, malgré l'hiver, elles devaient apercevoir une épine blanche toute en fleurs. A l'endroit précis où elles découvriraient l'arbre miraculeu.x, le maître-autel de leur église devait être placé.

Elles n'eurent point de peine à trouver l'épine.

A l'entour, sur le sol gelé et couvert de neige, un espace verdoyant, tapissé du plus fin gazon, dessinait le plan de l'édifice.

Un fil de soie rouge en marquait les contours.

Des anges chantaient de chaque côté de l'épine blanche ; l'un d'eux s'avança vers les fondatrices. Il déploya un parchemin. Elles y lurent ■

«Ceci est l'emplacement choisi par Dieu et montré aux trois Vierges pour la construction d'un temple consacre sous le nom et à la gloire du pacifique Sauveur du monde Notre Seigneur Jésus-Christ ».

Puis l'ange parla et dit :

- A kl construction de cette église, vous emploierez douze ou\Tiers et pas un de plus, car Dieu luimême veut être le treizième ".

Dès lors tout marcha comme par enchantement.

A peine le bel arbre abattu

L'ART ET LES ARTISTl!?

et les fondations creusées, vit-on les murs grandir hors de terre. Selon la prédiction céleste, tandis que l'architecte n'avait embauché que douze maçons, un treizième travailleur aj^j'arut chaque jour parmi iiix Il besognait de façon pn' digieusemcnt experte i ■ rapide, et l'ouvrage qnil accomplissait surpassait celui réalisé par tous ses compagnons réunis. Mais cet assistant mystérieux devenait invisible dès que sonnait l'heure des repas ou celle de la paye, car 11 était le Sauveur lui-même, collaborant de Ses mains divines à l'érection de Sa demeure !

Lorsque l'église fut achevée, trois évêques vinrent pour la consacrer et la bénir.

Mais, frappés de cécité et de paralysie, ils sentirent leurs membres se dessécher.

Il fallut que le Saint Sauveur en personne procédât à la cérémonie et les trois Vierges le virent de leurs 3'eux sortir du monument comme de Chez Lui, atin de bien marquer qu'il avait agréé l'habitation qu'elles Lui avaient préparée.

C'est cette légende naïve et merveilleuse qu'un « lailleur d' ymaiges » de la seconde moitié du xiye siècle entreprit de représenter en un retable sculpté en plein bois et revêtu de toutes les richesses d'une brillante ])(>lychromie rehaussée de dorures.

L'église d'Haekcndo\ir abrite encore à cette heure l'œuvre renommée.

Elle est, cette église.

dans la plaine lirabançonne, non loin de Tirlcment. un peu à l'écart de la grand'route du Limbourg. La construction, ancienne et

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