‹ L'Art et les artistes (volume 3)Chapitre 9 sur 99 · I.A KKK.Ml-; NORMANDE (dissiii · texte numérisé non relu

I.A KKK.Ml-; NORMANDE (dissiii

mo^'en âge français donna à Pierre-Gaston Kigand, tV I nlérieiirs (l'ô^liscx, les yo/rc-Dnnu- de Taris et celles qui lui accordent une place enviable — peut- de Chartres, les vues de Saint-Etienne du Mtuit, de être la première — dans le groupe des peintres Saint-Séverin.deSaint-tiervaiset de Saint-(HMniain-

VILLAGE NORMAND (dessin)

l'Auxerrois sont niai(Hiées au coin d'une \'utuo- de leurs \-()ùtes, la flore de leurs chai)iteaux, leurs site et d'une émotion reliLïieuses dépassant le niveau inysièycs sculptés, les fanfares de leurs verrières des œuvres similaires.

La ('iillh-ilrulc retrouve le souvenir des Laudes et du ]'i!Liiic dans les trétonds de l'àme de ce mystique. Il est chez lui parmi les idées simples dont l'enchainement édifia la Catliédvalc. Les tailleurs de pierre, les imagiers et les \-erners parlaient la langue

.xaltent Pierre-Gaston Rigaud jusqu'au lyrisme, nul jieintre n'exprime mieux les aspirations ruskiniennes vers la Beauté de ee qui vit.

Lui-même, conliant en ses rêves, joyeux de peindre comme l'oiseau de voler, quand il nous offre 1( -lie, i.nli de l'i^A-iilution si normale de sa

LE PIN TORDl-

populaire que Pierre-Gaston Rigaud impose encore à son art. ( )ù la science de M. Emile Mâle parvient à nous montrer que tout est logique et naturalisme, l'art de ce peintre nous olilige à fléchir le genou, admiratifs et muets, ilans la Cathédrale qui résumait le monde, de\ant sa Ruse. s\'nthèse de l'idéal de nos ancêtres.

Qu'il s'isole dans le décor de l'église de Santeuille-Perchay où nous jiouvons méditer sur les origines des Cathédrales. (|u'il pi'iiètre ilans ces Cathédrales, et que la jiénombie de leurs chajK'Ues, ren\'ol

vij et (L' son reuvre, loin des formules d'Ecole et des diiilomaties de Salous. n'a-t-il pas, selon Ruskin, Cette " espèce de Beauté qu'on peut appeler la Beauté vitale ", celle que " toute chose vivante possède, qui semlile remplir joyeusement sa fonction '1?

Découxrir un peintre est plaisir facile aujourd'hui. Il- sont rares ceux qui, comme Pierre-Gaston l\i!4.iii(l. eiilerment dans leur leuvre et célèbrent nolileiueiit les caractères du génie de notre race. .André Girodie.

L'ART DECORATIF

le uecouvene a ttoffes empire

. au Mobilier Naî

JE ^iiis de plus en jjIus frap])c de la fausse ori- à la curée, et vous voyez en moins d'une saison ginalité des dessinateurs ])our étoffes, tapis, l'Oiseiiii drfcmi.iii/ son nid contre un reptile (c'était rubans. Ce qu'ils appellent aujourd'hui, à grand un motif à la mode) mis à toutes sauces dans la fracas, l'art moderne, ne serait-il en définitive qu'un vaste cuisine industrielle! .. pâle succédané d'art ancien =■ ( )n d'eux, vers le milieu du xixe siècle : « Ils vont furetant dans le cabinet des estampes, ils extraient de ces catacombes de l'art quelques idées, et leurs yeux, devenus une sorte de kaléidoscope, tournent sur elles et en tirent des combinaisons infinies qui suffisent aux modes de chaque jour et à l'ébahisseraent des niais, mais qui, aux yeux de l'homme de goût, sont tout aussi médiocres que l'idée mère qui leur a donne naissance.

Comme on possède des mécaniques à combinaisons arithmétiques, ces artistes sont de véritables mécaniques à combinaisons de dessins ; ils n'observent pas un princiix>, ils ne suivent pas une règle, ils n'ont pas même une faculté ou une prédilection. Aussi quelle misère de redites dans cette ornementation soi-disant si riche ! Quand deux ou trois bons dessinateurs sont par\-enus à trou\-er une idée vraiment originale, aussitôt la foule i aium r m ikwaii pi n.m'i des imitateurs d'accourir .\ tkianon (ti-mur.-)

se rejouissent ! M. Duinoiilliier, administrateur du -Mobilier national, a découvert tout un lot (l'étotfes de réjKJcpie nanoléonienne, avec les documents qui en précisent l'origine, la valeur et la destination, et de tous ces documents écrits 1 t figurés, il vient de composer un livre extrêmement attachant qui est une contribution originale, aux études sur l'art (irnemental au tem])S de Napoléon l''"". qui modilie sur certains points l'idée qu'on se faisait du style Empire, et qui donne tle ]>récieux renseignements sur des demeures auioiud'hui détruites, les TuiK'ries, .Meudon et Saint- Clipud.

Plus on étudie les registres de comptes contemporains. ])lus on remariiue iiu'autant Napoléon !''■■ se montrait généreux dans ses dépenses somptuaires.

autant il était jirécis. minutieux dans l'examen de ces dépenses. Il donnait beaucoup, mais il ne ilminait pas sans compter.

C'est ainsi qu'il avait

(iRAXI) SAI-OX I)K I. HMl-HKErK A SAINl-(Miri (Iftciulll il. 111^ I.-. .lllIrllMillIc lll^ l'nilliliii lies

tian,L;rs et ilo j^l.iinK, (ai la iias^tiiuiitcrii- cnule très (lier. Va ratliiiiiii--trat( m ilu ( laKk'-iiKulilc il'aldis tut tirs iinliaiiasM- (luaml le ]iL'intrc L)a\iil >'.i\i--a un idUi de dcssiuii poui lt> Tuiloiits (k> lautcuils à liants. Ce cin'uii v>t coiixtiiu ira]i]H-lfr u-i "s(\lc " nr ilr|"iicl sc^anaiit qm: il'uu détail iulinif.

l'ni- autre icauariiur. ('est ([ue rciii])ercur s'occupait iK's uiiiuidic's détails, iiucstionnait les entreiireneuis et les artisli-s siu' l'état d'a\ancenient (.k's tra\a\L\. Ijii «[ui se serait \uluntiers contente d'un lit de eaïup. ( t dont les gor'its jiersonnels étaient extreuu in( iit simples, il uiarcjuail sa prédilci tiou pcmi les (i|i|eis (ossus, solides d'apparence, et ([ui ié\él(nt une giaude richesse. Ce tut kl preiniéie raisnu cl'uu in>u\'('.iu pio!,uès de l'industrie lyonnaise, ([iii a\alt été très éprouxee, comme on sait, sous le lé.i^uie de Louis X\'l, par la concurrence des tissus iuipriiués et des indiennes, et, au teini)s de la l\é\dlution, jiar la manie cgalitaire et la peur du luxe.

L^ne autre raison tut la déc ouverte du métier Jacquard (en 1S04). |)eilectionnciueiit du métier de Vaucanson, i)erinettant cle laire des tissus de toutes tailles et ik' tous dessins avec une facilité plus grande.

Une troisième raison a été Lien mise en lumière par M. Dumoutliier. ( )n sa\'ait jusqu'à présent qu'en lMo5 et en liSoG, et i)lus tard, en iSll, Napoléon L''' avait eu l'intention de restaurer toutes les anciennes résidences royales, mais on n'attribuait à ce projet ([ue la valeur tl'un simple souhait fugitif et passager.

Or, en 1811, Xa])oléon I''"' \oulut posilivoiiciil faire de V'ersailles un palais impérial, et la meilleure jjreuve c'est qu'il commanda à cet effet pour 2 millions d'étoffes, dont une première commande de I 746 027 francs, soit en tentures, soit en étoffes d'amcublemi^nt, aux divers fabricants

lyonnais, ]ioiir la décoration des chât<;aux de \'ejsailles, des Tuileries, de Meudon, de ("oinpiègne, de Saint-Cloud et de Fontainebleau.

M. Duinonthier a déc<iu\eit dans les déi)c')ts de l'Etat cette commande, et les papiers-devis des Lyonnais qui l'ont hx'rée.

Ce sont en général des damas de soie, des lampas, des brochés, des brocarts d'or et d'argent, exécutés entre 1811 et 1813, (luelques-uns avant 1811, soit pour Napoléon I'''', soit pour Joséphine, soit pour Marie-Louise, soit j)our le roi de Rome. ( )n \' voit que Josépihine, qui était brune cependant, préférait les bleus et argent, que reiu])ereur au contraire avait une prédilection pour k-s rouges et les verts. C'est, à Versailles, un ,i;ianil salon bleu-indigo, une salle du Trône cramoisi or ; jiour l'empereur, un cabinet de repos \ert ; pour .Marie-Louise, un grand salon imjiéiial en satin lileu broché or. A Fontainebleau, c'est la chambre à coucher de Madame Mère, en mauve. A Comj)iègne, c'est, pour l'impératrice loséphine, un salon en soie bleue avec dessin à grecques, un cabinet de tra\'ail avec sièges vert tissé or. A Saint-Cloud. c'est le grand salon de l'impératrice Joséphine, en bleu tirochc d'argent. A Meudon. c'est la chambre à coucher Empire, en jaune ])arsemé de fleurettes. Aux Tuileries, c'est, |)our le roi de Rome, une chambre à coucher en jaune \iolet ; un salon dit des Exercices, en vert- Empire ; un grand salon ponceau à grandes cou- Kiniies et cornes d'abondance ; ])our Joséphine, (luelqucs années auparavant, un salon de musique en couleur bois de citron parsemée d'étoiles mauves, une chambre à coucher en velours rouge avec couronnes mordorées. \'oilà pour les couleurs.

Sans doute, on remarque dans le décor, et surtout dans une étoffe ])ompéiennc en satin blanc broché or et soie jiolychrome, exécutée jiar Pernon pour le petit salon île Joséphine à Saint-Cloud et reproduite, ce qui est la garantie tlu succès, à la Malmaison et à \'ersailles.

la prédominance tle l'inspiration antique, ilais on relève aussi quelques motifs, comme la corne d'abondance , dont on niait jusqu'à pré-

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VELOURS VAVCHELET

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