LA PEINTURE EN EXTRÊME-ORIENT
numéro aujourd'hui presque épuisé, malgré son prix relativement
élevé, que deux '^autres numéros spéciaux, dont nous ferons connaître
ultérieurement ^l&mjei, paraîtront' dtTfts''le jcqurant de l'année 1914
et que, seuls, les abonnés de L' A^ fET LES ARTISTES
recevront sans majoration de prix. . Jr/
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Secktl et Vosecek
RELIEF rOMBAL (l
UBJ (GOTKIHQUI£
Le Sculpteur tchèque FRANÇOIS BILEK
C'esi dans la chapelle romane de Saint-Martindans-le-Mur, à Prague, qu'un vo; curieux de l'art put apprendre, il j a deux ans. l'existence de l'artiste que j'appellerai un gothique sans crainte de jeter une ombre d'anachr sui s. m an trop vivant, trop personnel pour ne pas être nouveau, en même temps qu'apparenté avec la grand le la sculpture au moyen
âge.
N glise puisqu'elle ne sert plus au culte qui
l'a bâtie . ni musée car c'est par hasard que l'artiste a pu. en 1908, y installer son exposition . cette chapelle devint, pendant quelques années, le refuge d'une œuvre traquée, pendant longtemps, par une incompréhem e générale et. en
ce moment encore, tolérée plutôt que reconnue pour ce qu'elle est. c'est-à-dire pour l'expression la plus intense, la plus profonde du génie de sa race.
De la profusion de statues, reliefs, groupes qui
se pressaient alors sous cette voûte, il ne reste plus qu'une grande image de Christ en bois sculpté, dressée sur la place de l'ancien autel. A elle seule, cette œuvre suffit pour témoigner de l'art inspire, puissant, de M. François Bilek. Pathétique dans son extrême simplicité, la tête du Sauveur, divine et vraie à la lois dans l'expression de la douleur suprême, son corps figé rappelant l'attitude et la finesse des ivoires byzantins, le crucifix, adossé à une planche de bois criblée de dessins et d'inscriptions bibliques, semble appartenir à une époque lointaine de toi et d'ardeur mystique qui aurait repris possession de l'obscure nei par la puissance d'une œuvre d'art. Déjà huit ans axant l'exécution de ce crucifix, qui date de igoo, le génie gothique de .M. Bilek s'était affirmé par le Calvaire, début qui aurait dû être une révélation, avec l'accord austère de ses deux figures brisées au pied d'une croix démolie, une croix douloureusement vraie qui n'est qu'un tronc d'arbre gardant les restes de son écorce. Plus tard, ce fut la Sainte Anne qui, les yeux perdus dans un lointain tragique, attire vers elle la Vierge, enlant grêle aux mains croisées sur la poitrine, avec un mystère angoissant dans son regard humble : statues où se renouvelle le geste des grands anonymes, dont l'inspiration a changé en cantiques de pierre les parois des cathédrales. Leur sentiment exalté, leur amour de la simplicité et de la vérité, leur manière rude avec des reflets d'une ineffable douceur, tout est là.
est vrai que cette énergie naïve se mélange, chez NI. Bilek, à un certain lyrisme nerveux qui rappelle le frémissement raffiné de la sculptui moderne. Parfois, il modèle des figures torturées, contorsionnées par des fièvres surhumaines, tel Le Labour, l'homme serré convulsivement vers la terre qu travaille avec ses ongles, avec tout son corps et son cœur même qui semb vouloir jaillir sa poitrine décharnée
( >u bien, c'est un corps d'éphèbe élancé, tin, maladivement beau, le Crichna, encore engagé à demi dans le bois de l'arbre, ou le jeune homme symbolisant La Jeunesse, avec la langueur angélique de sa ligne pure. Quelquefois, toute une foule humaine s'agite et se presse, fouettée par quelque orage surnaturel, emportée par quelque tourbillon spirituel, hommes, femmes, enfants frappés d'extase, poursuivant de ténébreuses visions, mimant des passions, des joies, des souffrances extrêmes : La Danse autour du Veau d'Or, Le Monument pour la Montagne Blanche.
Si cet élément visionnaire a pu entraîner, dans certaines œuvres, l'imagination de .M. Bilek en dehors des limites tion plastique, pasoublierque c'est ce même élément qui pénètre son art
un intérêt matique particu-
er. Quelle grandeur pathétique dans ses .\ veugles, si beaux dans le u r misère! < )n devine
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LE SCI LPTEI R TCHÈQ1 I. FRANÇOIS BILEK