VALENCE
« T \\ ence-SUR-Rhône. — A\ . i il t d'entrer dans le détail des expositions ou des manifestations artistiques qui auront lieu cette année dans la région, peut-être n'est-il pas inutile de présenter d'abord les éléments essentiels qui concourent ici à une espèce de renaissance régionale. Les Concerts-Conférences, organises par .M. Depeux, et l'Ecole d'Art décoratif, que dirige M. Louis Mion, voilà les deux centres qui ont donné à Valence le goût de la musique et celui surtout de la peinture.
Avant .M. .Mion, le peintre Paul Audra, aujourd'hui à Nice, fut directeur de cette Ecole d'Art décoratif. Nous ne pouvons omettre son nom dans cette chronique, car nombreux sont les élèves qu'il a formés ; son enseignement se révèle dans la plupart de leurs travaux. Paul Audra est un excellent décorateur : on connaît de lui plusieurs vitraux qui sont pour les veux une jouissance réelle; certaines décorations en céramique, notamment la devanture d'une poissonnerie de Valence, retiennent l'attention par l'heureuse harmonie de l'ensemble. Comme peintre de portraits d'assez graves reproches pourraient lui être adressés. Trop de préoccupations littéraires le détournent de la peinture pure. Un tableau de lui n'est plus un portrait, mais une analyse psychologique! En face de son modèle, le peintre s'obstine à en découvrir les dominantes morales. Nous apprenons ainsi ce que M. Audra pense de la personne qu'il peint, mais nous ne connaissons ni ne voyons cette personne. Il faut cependant signaler son portrait de M"" G... et celui du Poète Louis Le Cardonnel.
Les tableaux de M. Ollier nous plaisent davantage, qui témoignent d'une grande habileté de main, d'une profonde connaissance du métier et d'une chaude volupté de la couleur. .M. Ollier travaille en silence et pour son seul plaisir personnel. Ses paysages de Provence — pays qu'il affectionne d'un oeur fervent — nous offrent un répertoire frémissant de toutes les teintes que peut prendre la lumière de ces ciels incomparables. Son amour des régions méridionales a conduit ce peintre dans Arles, et la, il a recouvert de fresques claires les murs de plusieurs salles du Muséon Arlaten. Peut-être lui devrons-nous un jour la renaissance de ce genre de peinture. Qu'on aille admirer là-bas, lorsque le soleil la frappe de ses poussières d'or' la Irise toute peuplée de chevaliers éclatants !
Mus il n'oublie point Valence. C'est en effet .M. Ollier qui a su disposer d'une façon si heureuse et si pleine de goût les salles de notre nouveau Musée. Sans lui, il nous faudrait encore promener au milieu d'une arriéreboutique d'antiquaire ! Nous lui devons aussi la mise en place, à la cathédrale, de certains beaux tableaux qui étaient ensevelis sous les toiles d'araignées, dans un coin de la sacristie, depuis la loi de séparation ! Rappelons les illustrations, les enluminures souvent, qu'il a faites pour les livres de M"' Jeanne de Flandreysy et pour ceux de M. .1. Charles-Houx.
Valence possède d'autres peintres : Ageron, paysagiste fort inégal, Chapouillv, Louis Mion, etc.. Nous avons aussi en M. Adrien Didier, un graveur excellent et très consciencieux; M. Didier est même bien meilleur graveur que conservateur du .Musée et surtout de la Bibliothèque!
Nous ne connaissons, à Valence, qu'un seul sculpteur: M. Augustin Chabre-Biny. Ses bustes ont été fort remarqués, particulièrement ceux de .Mgr. Colton, de MM. Belat, Jouvet et M. de la Sizeranne. Chacun de ses visages est palpitant de vie. Il faut admirer les narines sensuelles de son » Jouvet », ses oreilles éveillées et qui sentent le vent, (.lue de malice dans cette tète un peu lourde! C'est la un beau morceau de sculpture. Mais le buste de Mgr. Cottori demeure certainement, jusqu'ici, l'œuvre la plus parfaite de ce jeune artiste.
Au point de vue architecture, la ville de Valence est malheureusement fort mal partagée. Certes nous ne dédaignons pas M. Henri Joulie , par exemple; mais nous sommes bien obligés de nous indigner devant la plupart des « embellissements » apportés à notre ville natale. Chaque année, on nous l'abîme davantage; on l'écrase sous une architecture » [Colossale »! Certaine façade blanche ressemble plus à une réclame pour le Bouillon Kub qu'a une entrée de salle de spectacle! L'amas de pierres, par quoi l'on accède du parc Jouvet a la terrasse du Champ-de-Mars, tient à la fois de l'art d'élever les fortifications et de la décoration des cimetières...
(.lue les vrais artistes, dont nous avons parle plus haut, se hâtent de créer une ligue pour la « protection de la ville de Valence ».
Jf. VN-.M M" Bern w<i>.
Le Mouvement Artistique à l'Etranger
ALLEMAGNE
ji est bien regrettable que ce bulletin ne puisse suivre ■*■ au jour le jour les petites expo itions particulières, qui se succèdent dans chaque ville de l'Empire en toutes saisons et qui, parfois, sont d'une bien autre imporl que ;. s i Qui ne voit qi
risquerait de se méprendre presque autant sui la physionomie de l'a ! moderne que le voyageur qui intente d'entrei dans un ou deux musées remplis au petit bonheur, selon le caprice - ou les bonnes œuvres d'un conservateur, d'une société ou d'un souverain.
Je voudrais attirer l'attention, aujourd'hui, sur trois peintres qui ont établi leur champ d'activité dans les montagnes de la Haute-Bavière, du Tyrol et du Vorar.lbei'f;, et que de récentes expositions a Munich ont permis de mieux apprécier que leur participation annuelle aux diverses loues à date lixe.
Le premier est M. Cari Reiser, certainement a l'heure qu'il est l'un des peintres d'Alpe les plus variés et les plus cm Mr mquête
d'un m ■ ment adéquat à ses uns. i ne à une les
saisons de la montagne lui fournissent matière aux strophi s d'enthousiasme et d'amour d'une grande épopée lyrique dont l'unité, malgré les prolongements annuels en sens divers, reste tout a fait surprenante; toutefois, l'I semble avoir fourni a l'artiste ses meilleures inspirations.
Il est vrai que l'hiver, en montagne, tel que les sports et les
hôtels modernes permettent de le pratiquer et de l'étudier,
demeurera peut-être le grand titre à la gloire du paysage
~ jours. Il faut avoir vu les pages de M. Reiser
enlevées avec une verve si brillante et un sens si pro-
. de la nature laquelle il s'attaque, pour
comprendre ce qu'il y avait à tirer d'une méditation rai-
ible et clairvoyante, de la portion de vente contenue
les outrances et les théories de Van Gogh. Il est
beau, certes, de conquérir à l'art des .elles.
si nuls mies soient-elles, mais peut-elle n'est-il pas m
beau de les a i ia vie possible. Je laisse
du reste à d'autres le soin de trancher le débat. Ce qu'il
mi, c'est que l'Alpe de M. Reiser ne s'oul pis plus que la Provence de Vincent, a laquelle elle ressemble un peu dans la mesure de M. l>ebiissv .1 Mussorgski.
.M. Otto Bauriedl aux cotes de M. Reiser se trouve un
peu diminué: c'est du resl lie et
papiei après la toile et la couleur a l'huile. Mais c'est aussi un charme plus intime et une délicatesse qui s'appliquent davantage aux côtés idylliques du problème.
I M l 1 MM 'M ' ' ■ M, ji MM M' V 11, CCS H1C-
ifondeur, ces paysages presque à vol d'oiseau .1 l'exo . ant-plans ! Quel sens de
l'archit upures inattendues
m, , ,ies bi anches d'aï bres : dans ces éboulis et ces moraines grises d'où surgissent, comme un temple dans le déseit, les colonnades formidables des Geissler. Et quel sens aussi de la vie populaire tyrolienne, de ses cabanes aux trois croix grandeur nature commandant des perspectives lointaines et lumineuses, d'une lumière que nous ne connaissons pas dans la plaine. Si l'on compile ces leuillets a l'œuvre déjà en voie d'oubli ou tout au moins de repos des initiateurs à la peinture alpestre suisse, un Calame, un Didaj ou un Maximilien de Mctiron, quel chemin parcouru ! D'un tableau a l'autre, c'était la mêmi garni rnellement, la même compo-
■ '.-mm m mi... I, ;, p. m, mm. i ('pétition. Et le même droit de cite dans les cadres, accordé a toutes les harmonies, à tous les accords de la nature. It des coupures, des mises en place de toutes les soiles.
M. .Mois Erbach, malgré le vrai mente de quelquesunes de ses aquarelles, aurait peut-être une tendance .. nous rabattn iens errements. Quel que
•-oit le motif, c'est ia même façon de peindre, seulement elle est selon le dernier cri du |Our. Il n'y a plus déni pays, m régions, ni saisons, mais exclusivement une technique dont la seule nouveauté importante, toute ultra moderne qu'elle se prétende, est d'être pratiquée à l'aquarelle. La lumière est la même partout et autant chaque motil pris en soi p irait singulier et s.nsit fortement, autant l'ensemble dégage de monotonie, lue allée de peu: des scènes de baignade, des bateaux a l'embai rues de villes neuves, des fabriques et des ruines ont
: i Vorarlberg aux petits clochers octogones à poires de bardeaux, tapis dans les arbres fruitiers et écrases par les cimes neigeuses ni bien haut en l'air, au-dcSSU vide,
rempli par des nuées i oses. Grâce a de telles paires, le nom de M. Erbach peut s'inscrire a la suite de ceux de MM. Otto Bauriedl et Cari Reiser sur la liste des m< paysagistes de notre temps. Umiivvi Kittf.k.
AUTRICHE = HONGRIE
■pv maniements ont amené l'ouverture de
•*"' - m Musée Impérial de Vienne. Les
Mies d'Italie et d'Autrichi