ET DE FEKHAM) DE PORTUGAL
furent exposées en vente à la Grand' Place de Bruxelles et à l'hôtel d'Hennessy. quai au Foin. Les héritiers espéraient en obtenir 2?. 000 trancs ; il n'y eut. les deux fois, qu'amateur à 4..S00 trancs. Quelques années après, en 1874. le sculpteur Cuillaume de Groot proposa l'achat du manuscrit à la Bibliothèque royale. Le prix demandé n'était plus que 1 5.000 francs. La Bibliothèque en offrit 12.000 francs et le marché fut conclu...
facilement accessible à la curiosité des amateurs. A ces trois recueils que nous venons de mentionner, il faut ajouter la Fleur des Histoires, de Jean Mansel, orné d'une suite d'admirables miniatures dont l'auteur est encore inconnu. Ce lui avant 1 454 que Jean Mansel, receveur des domaines du duc de Bourgogne, composa, à la demande de Philippe le Bon. une vaste compilation, la Fleur des Histoires, où sont groupés des récits de
«LES TRÈS BELLES MINIATURES DE l.\ BIBLIOTHEQUE ROYALE DE BELGIQI I
l'histoire sainte, de l'histoire mm, une. de l'histoire Je la Vierge, de l'histoire des saints et de l'histoire de France jusqu'à Charles VI. La Bibliothèque royale de Belgique en possède un exemplaire sous
la forme de deux grands manuscrits dont le second est orné de miniatures magnifiques qui, à rencontre des Heures de Voire-Dame, paraissent avoir été exécutées, dans leur ensemble, par le même artiste. .
D'où viennent ces images merveilleuses qui ressuscitent devant nos veux, et avec quelle puis-
un de ses scribes, déclarait, en i -4 4 3 . que la bibliothèque de son maître, connue depuis sous le nom de Bibliothèque de Bourgogne, étaii - la plus riche et noble librairie du monde ». Elle renfermait, en 1487, sept ceni quarante-six manuscrits. Tous ne nous sonl pas parvenus. L'épOUX de M. me de Bourgogne, Maximilien d'Autriche, dit le Nécessiteux, vendit à des usuriers des manuscrits de prix. La collection fut pillée pendant les troubles religieux du xvic siècle; le comte Cobentzl devait retrouver plus tard, en Allemagne, des ouvrages
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san ce de suggest ii >n . lis' >< iété du x\ ' siècle, et par quel miraculeux hasard bon nombre d'entr'ellcs ont-elles pu, a travers tant d'époques de b parvenir jus |u'à nuis, avec toute la fleur idéale de leur colons ? M. Eugène Bâcha va nous le dire en quelques mots : « Presque tous les manuscrits à miniatures de la Bibliothèque royale de Belgique proviennent de l'ancienne •• librairie •■ des ducs de Bourgogne. Philippe le Bon, qui avait hérité des manuscrits précieux recueillis par Louis le Mâle, Philippe le Hardi et Jean sans Peur, ne s'épargna aucune dépense pour enrichir la collection, déjà importante, de ses prédécesseurs. David.
int du célèbre dépôt. En 1 ~ 3 1 . une partie de la bibliothèque périt dans l'incendie de la cour de Bruxelles ; on jeta dans les souterrains du palais tous les livresque l'on parvint à sauver. Bref.au cours des temps, la belle Bibliothèque d gogne, tonnée avec amour pu des princes lettres. lut laissée a l'abandon, mise au pillage, d et presqu'entièrement détruite, (l'est miracle que nous ci insen ions encore aujourd'hui quelques-uns des plus beaux livres qui en taisaient l'ornement et la renommée. »
Je confesse volontiers que. chaque jour davantage, ma curiosité artistique me dirige vers l'inrl-
niment précieux des enluminures, aussi bien de celles de la période Séfévide que de celles de nos divins illuminatores médiévaux, et j'estime qu'à notre époque de production hâtive et d'impressionnisme trop facile, tout artiste sincère pourrait, sans dommage, se pénétrer de l'esprit qu'apportaient les imagiers d'autrefois à l'exécution de leurs œuvres.
Cette attirance vers l'ornementation prestigieuse d'un ■• Livre d'heures » ou d'un « Shah Nameh », je ne suis pas d'ailleurs, je m'imagine, seul à la subir, et parfois je me demande si cet étrange mouvement de réaction, où le snobisme perd ses droits, et qui se prolonge bien au delà des origines du Quattrocentisme. ne prend pas sa source dans la fatigue chaque jour plus accablante, dans le dégoût chaque jour plus profond que nous ressentons et que nous éprouvons aux trop fréquentes exhibitions des énormités picturales, d'un si pauvre métier, d'une couleur déjà morte, vides de toute suggestion spirituelle, qui s'étalent sur les murs de nos Salons, les recouvrant comme une lèpre. Efforts inutiles de malheureux jeunes gens aux vulgaires ambitions qu'hypnotise le pâle rayonnement d'une vaine médaille.
Ah! quand les comités de nos grandes sociétés artistiques prendront-ils la résolution salutaire
de dimensionner les toiles des exposants et de supprimer les puériles récompenses !
Mais trêve à des digressions qui pourraient taire déborder le cadre de cet article, et en attendant cet heureux événement, allons redemander aux vieux imagiers de jadis les douces et profondes jouissances d'art que nous refusent trop souvent nos contemporains, dont le pinceau, comme emporté dans la vertigineuse rapidité du mouvement de la vie moderne, court inlassablement et ne ralentit vraiment son allure que dans la calligraphie lumineuse de la signature du « maître ».
On ignorera sans doute bien longtemps, toujours peut-être, le nom du divin artiste qui peignit le calendrier des Heures de Notre-Dame. Il oublia de signer. Mais, vraiment, cela nous importe peu. L'ignorance de son nom, le mystère de sa vie ne diminuent en rien le charme éternel de son œuvre, et c'est une joie bien vive de se pencher audessus du cadre minuscule, mais infini, riche de splendides réalisations théoriques, de subtiles observations de nature, de logique de pensée, de rèse... et d'où se dégage, comme un parfum d'une fleur, la pure inspiration d'une âme de poète, la ferveur consciencieuse d'un véritable artiste. Cela console et fait espérer. Armand Dayot.
COSME ET DAMIEN, PATRONS DES MEDECINS Les Heures de Notre-Dame, dites de Hennessy ( DÉ l'.i r DU X\ [' SIl I M
LES I l'Ois AVEUGLI s
PIERRE CORNILLIER
Nots sortons lentement du désordre et la jeune peinture, que nous avons vu donner dans l'extravagance, n'a plus souci que de s'en dégager. Elle .i fort bien compris où l'impressionnisme la conduisait. Elle s'écarte à présent des doctrines stériles et des procédés superficiels poui ci inquérir sur soi un grand empire. Ce n'est pas l'exemple d'esthètes étrangers réfugiés à Paris qui po l'instruire jamais. I Ile donnerait des :
Jl à ces barbares s'il lui
en prenait fantaisie ; i.'i m \\ i mais lesbellesqualités
de notre race ne sauraient se compromettre davantage. Il suffit pour s'en convaincre de suivre les expositions particulières qui. de jour en jour, se font plus nombreuses. I n large retour à la composition, à l'ordonnance, à la couleur, s'affirme nettement. Bien [Mus. on rencontre de jeunes peintres dont le scrupule est si grand qu'ils font parfois figure de vieillards. Il ne faut pas s'en alarmer outre mesure. Les jeunes Ljens sont naturellement : tout exagérer et.
s'il convient de compter sur eux. c'est en leur taisant crédit d'un avenir qui ne saurait i décevoir.
Dans cette bizarre situation. \ oici que nos aines. E détournait depuis quelques années, apparaissent tout à coup en a d'un art
qu'il est difficile d'acquérir sans labeur. Loin delà foule, exposant à longs intervalles des œuvres qu'ils élaborèrent dans le silence de leurs ateliers.
SALLE A MANGEP)
ces artistes ont conquis une réputation légitime, et leur ellort. longtemps poursuivi, porte aujourd'hui ses fruits.
M. Pierre Cornillier est de ceux-
21 juin 1864, il habita Pans
à. Né à Nantes, de très bonne heure et fut l'élève de Galland et deM. Luc Olivier Merson dont on connaît les portraits et les nombreuses toiles.
M. Pierre Cornillier a fait lui-même de beaux portraits et il sait mieux que personne ce qu'il doit à ses maîtres.
Il prit part, en [896, à l'Exposition des A rtistes de l'Ame et de la Rose Croix, avec une Etude, trois tètes de femmes joliment assemblées, des motifs d'illustrations et plusieurs compositions pour Myrr/ia. L'année suivante, il présentait d'originales sanguines dont on se rappelle, sans doute, les Liseuses et les Trois A mies.