TOMBAIT DE L AUTISTE PAR LUI-MEME
Enfin, lors de son Exposition particulière, en [898, à la Galerie Georges Petit, M. Pierre Cornillier réunit un abondant ensemble de peintures à l'huile, de dessins, de sanguines, où il excelle, et d'illustrations.
La peinture de M. Pierre Cornillier n'est pas sans caractère, mais j'avoue lui préférer les pastels si riants et si savoureux que cet artiste nous a montrés depuis. Nous en parlons plus loin. Certains nus.
modelés dans une pàtesoupleet moelleuse, témoignent cependant des qualités du peintre.
Mais que ne s'est-il gardé du grand sujet ! Que n'a-t-il compris notre plaisir à contempler les attitudes charmantes de ses modèles! M. Cornillier s'est laissé tenter par les scènes de genre. Y a-t-il toujours réussi ? Sa nature le destinait à un tout autre objet. Délicat, attentif à la beauté du corps humain, habile dans son métier, voluptueux et raffiné, nous attendions de lui.
PIERRE O >RNILLIEP
dès le début, une œuvre d'intimité subtile et grave, ment el nous troublent. Je n'insiste pas. M
Nous attendions, et il nous les a données dans ses nillier sait plaire naturellement et il ne me parait
pastels, des compositions d'un ordre choisi, d'un ni fuyant, ni fade. Au contraire, il n'escamote rien
style heureux et. pourquoi non. d'une préciosité et c'est avec une franchise parti us déconcertante
délicieuse. Déjà, dans plusieurs décorations, qu'il arrive aux nuances les plus insaisissables.
s'affirme ce sentiment pénétrant et clair de l'haï- < >n peut le voir dans les sanguines, qu'il a trai-
monie. Décors, diront certains. Sans doute, mais, tées si brillamment au cours de ces dernières
l'oi'IKVII DE v
dans cet aimable mouvement de lignes, chaque volume est exprimé. Tel paysage, compris dans un sens ingénu du ciel, des arbres et des molles prairies, séduit l'œil aussitôt. Et ce discret panneau que l'artiste exécuta pour orner une chambre a coucher n'est-il pas baigné d'un émouvant mystèn 'i ctte femme penchée, cet amour curieux, ce doux bosquet qu'enveloppe la nuit, nous char-
annees et qui, servies par une rare science, assurent à leur auteur une enviable réputation. Je ne dis pas que leur objet soit constamment d'un grand prix, mais leur exécution me semble d'une singulière maîti ise NI < lornillier s'est assimilé les plus subtils moyens de cet art périlleux. Il évitele Hou. le hasard, l'aventure. Il dessine. Il conduit très loin le dessin, et certains tonds houleux de