M- CHRIST IF
PANNEAl' I>K TAPISSERIE POl'B IN M1BOIR
LE MOIS ARTISTIQUE
Le Salon de la Nationale (XXIV Exposition)
Ck n'est pas sans une assez vive curiosité qu'on attendait l'ouverture élu Salon de la Nationale. La décision prise par le nouveau Comité de réduire à quatre le nombre des envois des sociétaires ne tendait, pensait-on, qu'à donner une plus large place aux Jeunes. On espérait, grâce, d'une part, aux tendances nouvelles qu'on croyait voir se multiplier, grâce, d'autre part, à la sélection forcée que chaque artiste se trouvait contraint de faire dans son œuvre, que cette ouverture aurait été marquée par plus d'une surprise agréable et qu'épuré, rajeuni, transformé, le Salon allait présenter un ensemble éclectique imprévu, précurseur d'une vie nouvelle.
Hélas! Il en a fallu rabattre. Ce XXIVe Salon de peinture ressemble aux précédents. Il n'est ni pire ni meilleur.
Quant aux Jeunes, non seulement ils n'ont pas vu s'ouvrir la porte plus grande, mais ils ont constaté, non sans quelque amertume, sans doute, qu'on n'a pas renouvelé en leur honneur l'heureuse innovation de l'année dernière. Par un sentiment délicat autant que louable. .M. Aman-Jean. délégué, à cette époque, au placement de la section de peinture, avait tenu à ce que les Jeunes lussent aux premières loges. A cet effet, il leur avait attribué les deux plus belles salles du Palais. Et vraiment c'était avec un plaisir ému qu'on voyait groupés ensemble tous ces espoirs présents qui seronl en partie nos gloires de demain. Ils étaient, là. chez eux, dans leurs salles, eu communion de jeunesse et de travail, et sur le même pied d'égalité. On pouvait les étudier, les suivre, les comparer. L'émulation leur était permise, puisque l'encouragement leur était offert. Aujourd'hui, dissémines dans les vingt-deux salles de l'Imposition, il faut aller expressément les chercher. On les découvre enfin mal placés ou dans le voisinage de l'œuvre d'un maître qui les écrase de son expérience et de sa notoriété... C'est comme les lauréats de la Société Coloniale dont on a organisé une rétrospective : il ne s'agit plus de les chercher, mais de les dénicher. Que de jeunes talents, pourtant, dans cette Exposition : MM. François de Marliave et Fernand < M i\ icr : M"" .Marie Gautier et .Marie Nivouliès, et d'autres... et d'autres. , tous sacrifies. La place man-
quait, m'atlirme-t-on. Il est a souhaiter, l'année prochaine, que meilleur sort leur soit réservé.
S vi i i I. La première et la dernière salle 23 donnant l'une dans l'autre, sont entièrement consacrées à l'Exposition rétrospective de Gaston La 'louche. Il nous a été donné, ainsi, de voir en son ensemble, l'œuvre de ce vibrant coloriste et d'admirer réunies les toiles célèbres qui ont noms: Le duc. La Nuit joyeuse, L'Amour captif, Le Charme, La Fête de nuit. I ne impression inattendue se dégage, toutefois, de cette rétrospective et l'on est à se demander jusqu'à quel point ses organisateurs ont servi la mémoire de l'artiste. Tant que ses toiles étaient présentées isolément ou par petits groupes elles tranchaient sur les autres envois par leur inspiration fantaisiste et l'éclat de leur coloris. Mais ici, réunies ensemble, elles présentent, malgré la diversité des sujets une diversité superficielle . une certaine monotonie. Les raisons en sont complexes et trop longues à développer à cette place. Je crois toutefois les résumer dans les deux suivantes : un art tendant à l'effet pictural pour le seul effet pictural, un art très décoratif, par conséquent et par cela même dune psychologie sommaire, ne descendant pas au fond des êtres, ne les scrutant pas, ne cherchant pas à donner de la vie à la couleur, mais qui se contente d'interpréter l'extériorité et de traduire avec de la couleur cette vie extérieure. Ajoutez a cela I.' technique 1res spéciale el lies brillante de l'artiste et vous aurez le secret de cette impression monotone devant des toiles très différentes de sujet, il est vrai, mais exécutées toujours avec le même procédé el au fond desquelles s'agite une humanité factice.
Salle IL En pleine maîtrise de son talent, .M. Albert Besnard expose des portraits remarquables de femmes. Le voilà l'art qui descend atl fond des êtres, pénètre leur pensée, s'en ire et la met entièrement dans les couleurs. .M. J.-L. Raffaëlli semble vouloir se spécialiser en ce moment : interprète toujours ému il e.X| dix toiles sur Venise d'une exécution aussi sensible que délicate. Les superbes Fleurs de M " Galtier-Boissière vous retiendront autant par la vigueur de la facture que par la riche harmonie des couleurs. Très en progrès, .M. P. Madeline
expose des Paysages dans une note claire et bien personnelle. Poétiques, ceux de M. Meslé, un bel
artiste . son Lever de lune surtout ; et bien hollandais et mélancoliques à souhait ceux de M. A. Baoul-l Imaiin. Ne quittons pas la salle sans nous arrêter devant Le Miroir, un intéressant morceau de nu de M. Robert Besnard.
Su il III. Pc grandes qualités dans le
triptvque Le Mais de Marie de M. Léon Frédéric. L'artiste interprète en analyste protond la psychologie des enfants et s'il n'avait tellement multiplié Heurs et visages dans ses trois panneaux vraiment trop chargés, l'œuvre eût été parfaite. M. Michel Cazin marche résolument sur les traces de son père : on n'a, pour s'en convaincre, qu'à regarder ses deux Paysages d'un sentiment simple et d'une couleur limpide et surtout le beau portrait tendrement, lilialement peint qu'il nous donne de sa mère et qu'il intitule Parmi les Souvenirs. L'Epave. La Côte de Plomarch et La Ville close de M. André Dauchez témoignent de l'art sévère et de plus en plus rare d'un peintre qui sait rendre la couleur esclave du dessin. Les Études de .M. Renaudot se distinguent par leur note claire et fine, habituelle à l'artiste. AL Fraye, un jeune peintre nantais, expose pour ses débuts le Portrait du peintre Maufra : l'œuvre est riche de promesses. De M. René Ménard, une belle vue de Venise et un Crépuscule de grande allure. Curieuse la toile indienne Priambada Dévi, poétesse de Mlle André Karpelès. Etrange, mystérieuse, d'une délicieuse note grise le troublant portrait que nous donne M. J.-.l. Shannon de Mrs. ./. ./. Shannon. Deux Roses rouges dans une soucoupe bleue, tel est le sujet de l'envoi de .M"" Hertz-Eyrolles. On ne saurait s'imaginer, si on ne l'a vue, combien cette simple chose est délicate, exquise, raffinée.
Sallk IV. Avec Poésie-Drame, le plafond destiné au Petit Palais, M. Poil a réalisé une œuvre pleine d'audace: c'est certainement une de ses toiles décoratives les plus réussies. Réussi également le lumineux portrait qu'il nous donne de M Diélerle. .M. Alfred Smith évolue et c'est bien dommage : on prêterait la sûreté de son dessin et la sagesse de sa palette aux lignes simplifiées et à la couleur criarde de ses envois. .Mais voici pour nous reposer les veux les Venise de M. A.Truchet, d'une matière jolie, charmante; La Lecture qui sert de prétexte à M"0 Alice Dannemberg à nous faire voir une ravissante femme en rose; et les ('abois très intelligents de M"e Jeanne- Denise qui s'affirme beau peintre animalier.
Salle V. On demeure confondu devant-
L'Effort humain de .M. Armand Point, tant grand
parait le labeur du peintre pour mener à bien son œuvre, qui certainement, eut été un chefd'eeuvre, si l'imitation des maîtres anciens avait été plus libre et si l'artiste avait usé d'une palette moins uniformément sombre. Par contre, les Femmes Juives a la boucherie et Séance de musique arabe de M. André Suréda sont d'une exécution aussi riche que variée. Egalement d'une matière riche et variée les types populaires du peintre américain, M. Charles Hawtorne.
Salle VI. -- Le très noble artiste qu'est M. Georges Desvallières nous présente deux toiles. Hercule aux jardins des Hespérides et Sainte Famille, encore inquiètes, encore angoissées, à travers l'inquiétude et l'angoisse desquelles pourtant perce comme l'aube de l'art pur vers lequel, depuis des années, tend l'âme tourmentée de l'artiste. Avec ses quatre envois, M. A. Lepère prouve qu'il est aussi grand comme peintre que comme graveur ; on ne saurait trop admirer chez, l'artiste sa sincérité si personnelle à rendre la Nature. Je ne referai pas ici l'éloge de M"c Olga de Boznanska ; ses quatre portraits sont parfaits. .M . Aman-Jean expose un grand panneau décoratif : Toi, valet d'Amphitryon? traité avec art, esprit et humour. Quoique d'un métierun peu rude. Le vieil Arbre et Les Faucheurs de M. Emile Claus rayonnent de beaux effets de lumière. .Malgré un dessin peu sûr de lui-même et une prodigalité de couleurs v ives qui demande à être assagie. Musique dans l'oasis et Cavaliers de M. Charles Dufresnes sont pleinsde qualités. Aprèss'être, pendantlongtemps, abstenu d'exposer à cette même Nationale où il avait si brillamment débuté. M. Charles Guérin fait une belle rentrée : tout en témoignant une fois de plus de la richesse nuancée de sa palette. Jeune Femme à la balustrade. Femme nue. Le Col de dentelle et L'Homme à la gourde accusent la concentration de son talent très personnel. M. Paul Jouve n'est pas qu'un bon animalier et un bon sculpteur, mais aussi un peintre et un paysagiste délicat à tel point qu'on ferait un joli écran de son Jardin du Luxembourg. C'est bien une Tête de carton et des /-'leurs de papier symétriquement posées sur la commode d'une modiste que nous présente M"' Magdeleine Dayot. Lt près de cette ligure peinte servant à l'essayage des chapeaux, de ces » fausses » gerbes roses coquettement cravatées de faveurs bleues « véritables», nous apercevons deux tiroirs entr'ouverts d'où s'échappent fanfreluches et colifichets, dans un désordre apparent, prétexte à curieuses tonalités. (L'est d'une observation amusante et fine. Les scènes maternelles et enfantines de M"c Béatrice Hovve sont des plus intéressantes et d'un art voisin de la perfection.
Mil
LE Mois ARTISTIQUE
Intéressants aussi les Hollande, liants en couleurs, de M. Guillaume-Roger et Veige dans la
furet et Sapins aux dunes de M. Roy 11. Brown. Arrêtons-nous enfin devant les très jolies petites peintures que nous présente M. Léopold Stevcns : ces Intérieurs adorablcmcnt exquis, dont la réalisation confine au grand art tant elle est faite avec mesure et avec goût. Noblesse oblige.
Salle VII. -- Nous axons à voir ici : Les Franehisesdes Drapiers de Roubaix, panneau décoratif à grande allure et trois portraits de haut style de M. J.-J. Weerts; un pittoresque et vivant Portrait du colonel 1>. d'Osnobitchine, de M. H. Boutet de Monvel, campé, toutefois, sur un tond trop sombre: Les /lords de la Marne de M. André Chapuy, d'une harmonie lumineusement argentée; une toile décorative, destinée à l'Hôtel de la Chambre de commerce de Toulon, La Vendange de M. F. Montenard, d'un saisissant effet de rayons, et un très ressemblant portrait du poète Jean Rameau par M. Ludovic de Topor.
Salle VIII. Admirons : Les Baigneuses
surprises. La Quesba flûte de roseau et Les due/leurs, trois toiles de M. E. Dinet où s'affirme une fois de plus la maîtrise de cet artiste pour qui l'< (rient africain n'a pas de secrets ; les trois l'ortraits d'un art savant de M. Jacques E. Blanche qui expose aussi des Bégonias très nature; La Coiffure, de M. Henry Lerolle, prétexte à deux beaux morceaux de nu. dans un clair paysage, et les quatre envois, chauds de couleurs, de M. F. Frieseke. A La Cour bleue, si étrange, si caractéristique, si «espagnole» de M. Santiago Rusinol, je préfère son Jardin d Wranjue;. rempli de parfums et d'ombres lumineuses, son Coucher de Soleil au ciel vert fané strié de rose et de pourpre, et ses Platanes dépouillant leurs feuilles sur le sol roussi dans un décor automnal [aune d'une profonde mélancolie.
Salli VI 1 1 bis. Entièrement con terée
M. Eugène Burnand qui j expose trente-trois planches en couleurs, d'un art probe et consciencieux, pour l'illustration des Fioretti de Saint François d'Assises.
Sai i IX. Je ne crois pas me tromper en affirmant que Les Toréadors de village est le chefd'ceuvredu maître peintre Zuloaga. S'il a mis au service de cette toile toute la fougueuse ardeur deson inspiration espagnole, il a. plus que jamais. donné à ses personnages une prestance superbe de vie et de mouvement. Ce n'est plus l'Espagne seulement, mais une humanité qui serait l'Espagne. Cette même vigueur de touche se retrouve dans Un Cardinal, merveilleuse tète d'inquisiteur, dans La Femme au perroquet, n. Hivernent, instinctive-
ment perverse et dans le Portrait de W Maurice Barrés, très vivant, dominant du regard la ville dont il a ra\ i le secret. J'ai beaucoup aimé les corps souples et robustes des Baigneuses de M. Lucien Simon et ai vraiment ressenti devant Les Gerbes la chaleui suffocante dont l'artiste a su accabler sa lumière, mais je n'ai pas bien compris la portée de son immense toile Le {tuai, malgré le savant raccourci un véritable tour de force du marin dormant. m soleil. Le secret du succès de M. Ch. M licencie,m est d'exprimer dans ses toiles l'amour qui le tient du sol natal et de mettre toute son .une dans cette interprétation. De là la robustesse de ses paysages vendéens, tels que Les Chaumières, delà la vie de ses paysans, tels que Deux Compères villageois tonnant un complot.
Salli \. Pleins de fraîcheur, les /'anneaux décoratifs sur le thème de Vausicaa de M Maurice Denis. Il j a dans ces six toiles, d'une inspiration naïvement enjouée, délicieusement recueillie, je ne sais quel primitivisme charmant qui tait s'essorer la pensée vers les régions du rêve.
Salli XL M. Gabriel Loin expose deux
amusantes toiles de danseuses basques. Zolantak et Zamal;aina. aux costumes bizarres et chatoyants.
Salle XII. — Les Petites Filles de la Fête-Dieu marque une date dans l'œuvre de .M L. Breslau. (".'est une des meilleures toiles du Salon. Son portrait (dessin de M /A .S', et Michel est également une œuvre remarquable. Tout le charme de la femme, toute la grâce de l'en interprétés avec une exquise sensibilité.
Sa ii XIII. Un beauportraitdeM.W.G.GIehn de la danseuse russe \/ Karsavina, qui eût été parfait sans la carnat ombre, presque
terreusedes chairs. Avec La tiare de Saint- Lazare, M. Louis Gillot nous présente un très vivant mouvement de foule dans la fumée et la lumière. Les envois de M. Myron Barlox\ se distinguent par une lumière très fine, notamment sa Marchande de rougets.
Salle XIV. M. V La Gandara a magistralement pris sa revanche, Son Don Quichotte de l'année dernière est oublie. N avec Ida Rubinstein et M ' Jeanne Renouardt le beau et subtil peintre des élégances parisiennes. Dans la Psyché et la Femme au bain de M. I Picard nous notons des jeuxd'ombre et de lumière d'u ne savante-exécution. et les en vois Je. M. Al pi
rt se recommandent d'une inspiration délicate, délicatement interprétée. Tète et Dans le pare de V I "H- Vnquetin témoignent de son magnifique talent de coloriste et Le Pacha Vétouan et Au I Maure de M. Dagnac-Rivière font montre. <.. ment. e\\\ne palette prodigue de belle couleur.
Salle XV. — Légers comme des papillons. lapides comme des oiseaux, des enfants courent, dansent parmi les fleurs : cela s'appelle Comme arrive le Printemps et c'est signé du peintre-poète qui a nom Francis Auburtin. Trois bons portraits de M. Raymond Woog ; à remarquer celui de M"' /.. !.. en amazone, dans une harmonie rouge et noir d'un joli effet. M. Herman Richir expose Un Regard dans le Passé d'une mélancolique inspiration et Le Châle ronge d'une rutilante exécution. Il nous semble que M. Emile Wery aurait tout intérêt à revenir à la manière de ses débuts : nous n'aimons pas beaucoup sa grande peinture I .a Barque de fruits, peinte presque entièrement à plats. L'Embarquement de bestiaux de M. Gaston Guignard, qui ne recule pas devant des toiles immenses, eût gagné à être présenté en des proportions plus petites; néanmoins, œuvre très remarquable.
Salle XVI. M. Albert Guillaume a le talent d'égayer le public : son Frago et Le Boniment ont spirituellement rendu le ridicule des amateurs de peinture «dernier cri». Arrêtons-nous devant la Mariée arabe de M. Albert Aublet, dans une note très réussie d'or et d'argent ; les superbes Fleurs du maître lyonnais M. Jacques Martin ; La Lecture sous la lampe et les Intérieurs berrichons de M. Léon Delachaux, qui excelle à traduire les humbles intimités: l'Etude de nu et les Portraits délicats de M. Eugène Loup, et le Portrait de M'"' <). de K., en noir, crânement campé, de M. Tadé Styka, très en progrès.
Salle XVII. -- Vous vous intéresserez aux Paysages de M. 11. Gervex, qui expose aussi une I.éda et le Portrait de M"'": ./., d'une belle harmonie rose et mauve ; aux Paysages de M. Lépine, qui sait traduire en couleurs harmonieuses de profondes émotions ; au beau Portrait du comte 0. de la P., de M. A. Rixens; aux envois de M. Le Goût-Gérard ; au Kimono vert, de tonalités recherchées de RI. Roger-Jourdain ; aux paysages de M. Pierre Waidmann, et aux portraits de M. Porel, par M. Jean Sala; de MUeA. P.. par M. 11. Rondel et à ceux d'une grâce incomparable des petites M1 les Gaudin, par Mme Gervex-Emery.
Salle XVIII. — M. Lhermitte ajoute trois Paysagesex Prés de la fontaine, plein de lumière, à la série des superbes toiles qui ont fait sa réputation. Poétiques à souhait : La Ville close sous la lune de M. René Andreau et Effet de lune a Noirmoutier de M. Berteaux qui expose aussi /.Attente du ■■■ trait ■■. un paysage des mieux venus. Très suggestifs et de brillante exécution : L'Hiver et Un Début de M. F. Desmoulin toujours en progrès. D'intéressants envois de MM. Maurice
Eliot, Julius Stewart, André Davids, Pierre Carrier- Belleuse complètent la physionomie de cette salle. Salle XIX. — Rendons d'abord hommage au maître italien Luigi Chialiva, qui vient de mourir et dont la \'ac//e normande et Cour commune dans le Dauphiné constituent deux pages magistrales. Le Portrait de Miss I). (,.. de M. Dagnan- Bouveret. séduit par sa grâce élégante autant que la l'élite Femme de M. Gustave Courtois, par l'air mystérieusement tendre de son visage. Tandis que M. Armand Berton prodigue dans Été et Jouvence deux toiles de nu de premier ordre — la fraîcheur et la clarté de sa palette. M. .Maurice Chabas enveloppe dans une belle note lunaire Le ('aime et La Sérénité. Citons encore les grouillantes Vues de Nap les de M. J.J.Gabriel, les Marchands arabes, d'une vive couleur, de Mlle Ravlin, les Porli ails de M M. Mathcv. ( îlazebrook et Boulicaut. et les Paysages de MM. Luigini, Laverv et Falcou. Salle XX. - Remarqué En grande marée, de M. P. Jeanniot, forte étude de pécheurs ; le Cri de guerre, bien mouvementé, de M. Deluermoz; le Portrait de la duchesse de Portland, dans une note claire, de M. P. de Laszlo ; et A près-midi d'été, d'une belle lumière, de M. Henri Morisset. 11 me semble que Le Mendiant est une erreur de M. Leempoels : ce miséreux n'excite aucune pitié. Salle XXI. — Ici deux beaux portraits du maître Carolus-Duran ; deux toiles de M. Muenier: Soir d'été, enveloppant de rayons pourpres le corps nu de deux baigneuses et Rayon de soleil, présentant dans une échappée d'or une ravissante enfant qui fait la révérence: Le Paravent bleu, de M. Ch. Shannon, toile très anglaise, aux tendances préraphaéhques ; quatre paysages de M. A. Moullé. dans une note un peu sombre peut-être, mais de parfaite exécution, surtout le Chemin vert, très réussi. L'Eveil, de M. Fourié, excellent morceau de nu ; des /■'leurs étranges et magnifiques de M"" Louise Desbordes et des paysages intéressants de .MM. Georges Griveau, Lucien Griveau et René Billotte.
Salle XXII. — La petite rétrospective composée surtout de vigoureuses études de mœurs de Gaston Hochard, retiendra votre attention. .M. Friant expose deux petits portraits et tableaux de genre. Un Modèle et Devant la Psyché d'une exécution irréprochable. Le Coin paisible, très poétique, de M. Y. (iilsoul. nous montre un paysage automnal reflété dans un grand bassin. Quatre petites toiles de M. Tournés — surtout La Toilette . soignées comme des miniatures, mériteront sûrement vos suffrages. Vous y verrez encore la curieuse Shop Girl de M. Harold Speed ; les intéressants Intérieurs de M"c Moisset et les délicieux et très
LE Mois \KTISTI<)UK
artistiques Paysages de Paris de M. Edwin Scott
Il me reste à réparer un oubli : les quatre paysages si remarquables de M. A.Lebourg, remplis de cette atmosphère transparente dont l'artiste a le secret, et à citer un beau portrait de Rodin par M. \nclre Sinet.un intéressant envoi de M. Pierre Bracquemond, Le Goût de l'Orient, de riche couleur et de matière nourrie, \ raiment par trop sacrifié au pourtour où il a été relégué, et les belles toiles de M. Raymond Kcenigd'un si bel accent de sincérité.
Je m'aperçois, non sans regret, que la place commence à me manquer et que je devrai signaler, à la hâte, les émois laits aux Dessins, Aquarelles. Pastels et Gravures. Il faut d'abord placer en tête des Dessins, le Cadre de portraits au crayon de M. S. Happa et les Portraits i pierre noire et sanguine et dessin rehausse de M. Francis Guignet. Viennent ensuite ceux très réussis de ./canne Desclos, par .M11, Aube ; de Mistinguett, par .M. II. Cancre : de Hilda \lav. par .M. Friand ; de Ckassaigne-Goyon, par .M. Lévy-Dhurmer ; et les études de MM. Armand Point. .Michel Cazin, Bonnencontre, Chabanian, et Raymond-Woog.
Pour les Aquarelles et Pastels, citons la jolie Surprise de Mme Claude Marlel ; la curieuse Pastoure marocaine et la non moins curieuse Pastoure bretonne de .M ' Suzanne Crépin : les ravissantes Petites Bretonnes de .M Béatrice How; le rayonnant Effet Je soleil de M11' Marie Carpentier et les envois très artistes de Mmes Florence Esté, Marie ( iauticr. Jeanne I >cnise. karpelès. Squire, Nourse, Cabarrus et de MM. G. Prunier. G. Courtois, Delachaux, 11. Le Riche. Deluermoz, Paul Jouve, Edgar Chahine,* iirardot etJ.R.Kcenig.
.Mentionnons lies spécialement les huit Cadres d'Aquarelles du maître orientaliste E. Dinet, destinées à l'illustration de ■ La vie de Mahomet ».
Ce nous est une joie de constater le mouvement intensif de la Gravure. Le ■ livre ■• a recommencé à profiter de ce renouveau prospère et il est a souhaiter que la planche originale remplace complètement dans l'édition livresque la photographie des dessin-. MM. Jacques Beltrand, ( lamille Beltrand et Jacques Marcel méritent d'être placés au premier rang de cette section avec les •• Petites /leurs Je saint François d'Assise ■■. gravées et imprimées par eux. d'après les illustrations que .M. .Maurice Denis a laites pour l'ouvrage traduit de l'italien; M. Jacques Beltrand expose, de plus, dix-sept gravures en camaïeu, et M.Camille Beltrand quatre bois en camaïeu ou au canil d'un art parfait, (le sont ensuite les gravures, pointessèches, eaux-fortes, lithographies, bois de premier ordre de .MM. I.epère. P. E. Colin, Aman- Jean , Gobo, Gusman, Marcel Poux. Rappa, inian, Valère Bernard, Chahine, Prouvé.
Priant. Jeanniot, Jouas, < !h I le\ mann, Labrouche,
Coppier, Laboureur, Dauchez, Decisy, Béjot,
P. Pinard. Le Riche, Le Petit, Monod-Herzen, Migonney, Desmoulin et M"a" Hopkins, Jeanne Bardey et Marie * iauticr.
\ la Sculpture, nous trouvons deux œuvres vraiment d'un beau souille créateur : ce sont k lambeau du Poète de M. José de Pharniov. cl Aux Aviateurs morts pour la Patrie de M. Louis de Monard. < )e poète étendu, mort jeune, à lafigure souriante, mais inquiète d'un Au-delà entrevu, n'emportant avec lui qu'un lis, symbole de la blancheur de ses rêves, veillé par trois itères en poésie qui le pleurent et dont l'un se prépare à le couvrir du suaire; cet aviateur «raidi dans ses linceuls ouverts», veillé par un aigle protecteur qui se souvient de l'âme fraternelle errante comme la sienne dans la splendeur solitaire des d'eux, sont le premier lui plâtre, le second un bronze de superbe inspiration et d'exécution parfaite. Mentionnons encore parmi les envois de rare qualité ; Femme appuyée sur une stèle (pierre) et Buste Je la Gloire (marbre), d'une grande pureté de lignes, de M. A. l'.artholomé : deux plâtres; Centaure et Centauresse et Le maréchal Soult, statue équestre d'une très belle allure, qui prouve que M. J. Froment-Meurice, un de nos meilleurs animaliers, réussit aussi bien dans la sculpture monumentale; Lion marc/tant et Tigre Je ./ara dévorant un sanglier de M. Paul Jouve, deux bronzes que n'aurait pas desavoues [larve : l.e Vainqueur de M11, Loua de Zamboni, grand plâtre célébrant dans une composition originale, puissante et mouvementée, le triomphe des aviateurs : le Buste Je M " lie/eue Siiuu. très stvlisé et d'une pureté toute grecque, marbre commandé à M I Bourdelle, pour le Musée A. Siiim. de Bucarest; les vivantes figures de la Paysanne bretonne (granit et du Jeune Capenn marbre) de M. P. Quillivic ; la Femme Je Benarès, très savamment drapée, de M. Pli. Besnard le magnifique buste marbre de si grande et si nobleallure de /..; comtesse Branicka par E. VVittig; la Jeune Diane, un bronze plein de v ie et le buste de M . Maurice Reclusde M. L.imourdedieu, et les envois remarquables de Mmcs Cazin, Jeanne Bardey, Yvonne Serruys et Colo-Lep; de .MM. I lalou, In jalbert, Jean-Pierre < iras. Bugatti, Alfred Lenoir, Pimienta, P Ro lie, G P ssaint, J. Escoula, Si raphin, M a né. Marcel-Jacques, Aube. Cavaillon, Paulin, l'habile et spirituel sculpteur des magnifiques bustes de Degas, de Renoir, de Claude Monnet, qui figurent au musée du Luxembourg, Sandoz, Chastenet et t. Remarquables aussi le bois sculpté Bigoudenne tricotant de .M . ( )arabin, les figurines en bois de M M < iaston Schnegg et Pari Binder et le buste si spirituel et si vivant (en la même matière d'Antoine VI I ombe. \ i I u vi \ss,,
MEMENTO DES EXPOSITIONS
s de l'École nationale des Beaux-Arts, quai Mala- I xposition Jean Rèmond, organisée sous le haut de M le Sous-Secrétaire d'État aux Beaux-Arts. / nion Centrale des Arts décoratifs (Palais du Louvre, Pavillon de Marsan). Expos n anglaise d'Ari Décoratif moi
Musée Galliera, to, rue Pierre-Charron. — Exposition spéciale de La Statuette el >l u meuble destiné à la faire valoir.
vue de la Ville-l'Evêque
51 in l',i rn IRD (Sculpture
Galerie Man;i. Joyant, Exposition des œuvres de dessins).
Galeries Georges Petit, 8, rue de Sèze. — Exposition Cabié. Exposition Redelsperger. — Exposition Léon
Arni paysages). — Exposition Miss Kéir.
Galeries .1. Allard et C', ° Les Maîtres modernes ». 20, rue des Capucines. — Exposition Lucien Jonas (la vie provinciale, types, physionomies, etc.).
Galerie E. Druet, 20, rue Royale. — Exposition Georges 1)i fresnoy. — Exposition G.-L. Jai lmis.
Palais Je Glace (Champs-Elysées). — 8"" Salon m s IL moristes, organisé par le journal Le Rire.
Galerie La Boétie, 6-| bis, rue La Boétie. — Exposition des œuvres de Jan Styka, Tadé Styka, Adam Styka. — Exposition du Synok \i des Artistes Femmes peintres i
si II l'I I I RS.
Galeries Chaîne et Simonson, m, rue Caumartin. — Exposition d'Esquisses organisée par M. Léon Furt. Exposition 11. Harpignies (47 aquarelles).
Galerie Iierambe;, }3, boulevard Malesherbes. — Exposition Krnest T. Rosen (Silhouettes, portraits, intimités).
1, alertes Paul Rosenberg, • 1 . rue La Boétie. Exposition Pie uni. < iiRn 1 n.
Salons ./» Cercle .le la Librairie. 117, boulevard Sainl- Germain. g"' Exposition du Palais Salon iil uvres des représentants des différentes professions du Palais de lus! ice).
Galeries Bernheim Jeune et C", i5, rue Richepanse. Exposition Glillalmi Régamey. — Exposition de la collection Herberi ICulmann, de Manchester. Exposition \\u- 11 im 1 [or 1 "s 1 Neige el soleil).
Cercle artistique et Littéraire, 7, rue Volney. I «position rétrospective d'oeuvres du peintre Ji les I riqi 11 .
Galeries .les Artistes Modernes, m, rue Caumartin. — Exposition M" Lucn Habai (Portraits, fleurs, études).
Galerie /'. Le Chevalier, 17, boulevard de la Madeleine. Exposition du l'un Suos des Aquarellistes. Galerie Haussmann, 29, rue La Boétie. - Exposition Paul Jouve (Animaux).
Galeries Ch. Hessèle, 16, rue Balzac. — Exposition de la Société i- The International Art Union» (Peintures, aquarelles, pastels, eaux-fortes, arts appliqués). — Exposit
de Portraits d'Actru i.s |de Rachel .1 Sarah Bernhardt).
Galerie Choiseul, -'i, passage Choiseul. — Exposition rétrospective Dario de H vos.
ÉTRANG1 R
Etats-Unis d'Amérique.— Cincinnati. — A l'Art Muséum « L'den Parle». — Exposition L.-H. Meakin, de Cincinnati (Peintures). — Exposition ll.-l.. Bridwelle, de Cincinnati
(Dessins décorai ils 1.
La Vie Artistique
dans la Province Française
BRETAGN E
BREST. — l'eu de provinces comptent en aussi grand nombre que la Bretagne des Sociétés avant pour but l'exhibition annuelle de tableaux d'un intérêt plus ou moins régional. ( In ne saurait méconnaître les excellentes intentions de leurs organisateurs sincèrement dévoues a la cause de l'art. Toutefois, par suite de leur fréquence et de leur inégalité, l'intérêt que devraient comporter de telles < [positions se trou\ e trop souvent diminue sinon annihilé. Aussi devons-nous féliciter M. Léonard, secrétaire général de la Société des « Amis des Arts» de Brest.de l'intelligente initiative qu'il a prise récemment en vue de la création d'une fédération des Sociétés bretonnes, dont le but serait l'existence à Paris d'un salon périodique réservé 1 la Bretagne. Outre de nombreuses individualités artistiques de notre contrée, plusieurs des principales Sociétés conviées ont envoyé leur adhésion immédiate ou éventuelle, notamment les « \nns .les Arts » de Quimper, la » Société artistique des Côtes-d u-Nord » de Saint-Brieuc, les Sociétés de Saint-Malo, de Saint-Servan, de 1. orient, etc.; et « la Bretagne artistique », qui s'est déjà lait brillamment connaître au mois de mars dernier, Galerie Guérault. Aux motifs de l'appel adressé par les » Amis des Arts » de Brest, et qui indiquaient très nettement la situation actuelle des artistes bretons au point de vue de la mise en valeur
si difficile de leurs œuvres, nous pourrions ajouter l'étal forcément précaire de la plupart de nos groupements locaux.
La création d'un salon périodique a Paris, qui d'ailleurs n'empêcherait nullement les expositions particulières, mais qui serait largement ouvert à des œuvres choisies, produites avec tout l'éclat et l'ampleur désirables, nous apparaît comme un projet des plus heureux, et nous souhaitons ardemment sa réalisation dans un avenir prochain.
NANTES. — Le Musée départemental Daubrée s'est depuis peu enrichi d'une statue très intéressante du début du xvi" siècle dite Notre-Dame de la Délivrance. C'est une Vierge à l'Enfant, accompagnée de deux angelots qui posaient sur le front de la Vierge une couronne aujourd'hui disparue. Comme encadrement, deux colonnettes sculptées soutiennent une accolade fleuronnée, décorée d'une figure de Père Eternel et surmontée d'un groupe de Saint-Michel Archange terrassant le dragon. Ce groupe, connu seulement depuis la Révolution, faisait sans doute partie de la chapelle d'une église des ('armes démolie au début du siècle dernier. Certains prétendent qu'il est un des rares vestiges des anciennes maisons de bois nantaises.
Le Musée de peinture, si largement ouvert, ainsi que beaucoup de galeries particulières à Nantes, a toutes les grandes Ecoles contemporaines, s'est récemment rendu
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