‹ L'Art et les artistes (volume 4)Chapitre 155 sur 180 · ROU MANIE · texte numérisé non relu

ROU MANIE

ta Peinture Roumaine. — Quoique une des dernières en *-* date dans le mouvement pictural européen, l'Ecole Roumaine tient une des premières places dans la vie artistique des Etats des Balkans. L'éclosion de cet art qui compte à peine un demi-siècle d'existence est dû au génie du peintre » national », Nicolas Grigoresco et son développement actuel à l'initiative de M. A. Simu qui a doté Bucarest d'un superbe .Musée. A différentes reprises, L'Art et les Artistes a entretenu ses lecteurs de l'œuvre admirable, patriotique et désintéressée du Mécène roumain.

Aucune étude d'ensemble n'ayant encore paru sur la peinture roumaine, l'essaierai d'en présenter un résumé dans quelques-unes de ces chroniques.

Jusque vers le début du xix' siècle la peinture roumaine était fort rudimentaire. Elle consistait exclusivement en nuages religieuses, en icônes que des ^ougraphes du pays livraient à la vénération populaire. Cet art primitif, inspiré de Byzance, s'était, durant des siècles, transmis de père en lils, devenant de génération en génération plus truste et moins inventif. Chose digne de remarque, tous les peuples de la chrétienté, surtout de la chrétienté d'Orient, eurent des commencements picturaux analogues. C'est par des icônes que débutent les peintures tchèque, polonaise, moscovite, serbe, bulgare et grecque moderne.

Enfin, dans la première partie du siècle dernier, un mouvement artistique se dessine mis en branle par Georges Assaki, une des gloires littéraires et politiques de la Roumanie. Poète, historien, dramaturge, publiciste, considéré avec raison comme le père de la littérature moderne roumaine, Assaki était aussi un homme pour qui rien de ce qui touche à l'art n'était indifférent. Il pensa dotei son pus d'une Ecole des Beaux-Arts. A cette lin, il envoya à Munich étudier la peinture un de ses compatriotes t. usant montre de grandes dispositions artistiques, ii. Panaiteano. A son retour de la capitale bavaroise, Panaiteano lut nommé directeur de cette Ecole, inaugurée a Jassy, capitale de la Moldavie. L'élan était donne. Un noyau d'artistes » nationaux » ne tarda pas à se former. De ce premier groupe il convient principalement de citer Constantin Lecca, Carol Szathmari et Théodor Aman.

Né à Brasov, en 1807, Lecca achevait ses études à Rome lorsqu'il lut appelé a professer la peinture dans son pays. \ cet artiste, qui mourut à Bucarest en 1887, revient la

gloire d'avoir été le premier peintre roumain de portraits. Il en a laisse d'excellents.

Carol Szathmari, né .1 Satu-Mare, en Transylvanie, en t8i3, apprit en Roumanie l'art des couleurs et cultiva le premier, le tableau de genre. 11 fut surtout un aquarelliste distingué. L'ordonnance de la composition est adroite, le dessin correct, la palette rutilante. .Mais l'œuvre qu'il a laissée est « orientale » et non roumaine.

Théodor Aman peut être, à bon droit, considère comme le premier maître de l'art roumain et le précurseur immédiat de Grigoresco. Né en t83i à Campelung (Roumanie), il lit en partie ses études à Bucarest, sous la direction de Lecca et de Wallenstein, en partie à Paris sous celle de Picot et de Drolling. Une Bataille de Solférino qu'il exposa, en 1 856, passa presque inaperçue, mais un nouveau tableau d'histoire, la Bataille d'Oltenit^a fit grand bruit, attira sur lui l'attention du I out-Pans artistique el lut le point de départ du succès. Il v avait, dans cette toile retraçant la victoire remportée, le 4 Novembre [833, par les 'Pures sur les Pusses, une sincérité, une vigueur et un mouvement qui faisaient brillamment augurer de l'avenir du jeune peintre, ('.es espérances ne lurent pas trompées. (Quoique abandonnant le tableau d'histoire pour le tableau de genre. Théodor Aman lit toujours preuve d'une belle maîtrise. Son œuvre ne se ressent que d'un seul et même défaut. File est française beaucoup plus queroumaine. L'influence de notre Lcole se retrouvera toujours, dans tontes ses toiles, même dans ces merveilleuses scènes de la vie populaire roumaine qui obtinrent auprès des amateurs une si grande vogue. Les sujets sont roumains, sans doute, mais la composition et la facture lestent essentiellement françaises. Oui sait si ce n'est pis la le secret de sa gloire. Ses peintures sont un peu disséminées partout. Le .Musée du South kensinglon de Londres possède neuf de ses œuvres, entre autres, L'Odalisque aux perles, Femmes Je Roumanie, L'Orgie et La So/'cière. Le Musée Simu de Bucarest en possède sept autres, parmi lesquelles /.,; Tsigane, L'Odalisque couchée, Un coin de Jardin et Le Domino vert. A sa mon, survenue dans la capitale roumaine, en 1894, son atelier, avec les œuvres qui s'y trouvaient, fut acheté par l'Etat et pieusement converti en « .Musée Aman ».

A. 1.1 Mn o.

ECHOS DES ARTS

Exposition rétrospective des

« Peintres de Venise ».

Cette exposition ouverte à la Galei i irles Brunner, il, rue Royale, le mois dernier, sut l'initiative de L'Art et les Artistes, a rencontré le plus grand succès. Honorée de

la visite de M. Viviani, stre de l'Instruction publique,

el de M. Jacquiei . : ; ;ecrétaire d'1 tal au s Be iuj \rts,

qui ne ménagèrenl pas leurs félicitations au Comité directeur, elle n'a pas cessé d'êtn un instant, le rendez-vous imis di : arts attirés par les belles oeuvres exposées : les Kosalba Carriera, les riepolo, les Ghi la n !.. h ; Belotto, les Guardi, les Canaletto, les Longhi, les Bonington, les i ..!..!, les Ziem, les Whistler, etc., el les magnifiques dessins du lu ien prêtés pai Bi mnat. < )ette expi isiti< >n fen portes le 20 courant. Avis aux retardataires.

Exposition centennale de

l'Art français à Copenhague.

Une exposition centennale de l'Art français au xix siècle s'est ouverte .'111 musée royal de < openhague le i5 mai dernier, sons le patronage de MM. Doumergue et Viviani, du sous-secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts et de M. Bapst, ministre Je France à ' openhague, ainsi que .1rs ministres des Affaires étrangères et de l'Instruction publique de Danemark et du chambellan Bernhoft, ministre de Danemark : Paris .

Dans le Comité figurent les noms de : MM. Leone Bénédite, Bernheim, Beurdeley, E. Dacier, Armand Dayot, M Diéterle, MM. Durand-Ruel, de Galoubew, Frantz- Jourdain, \. K.ann, Kœchlin, II. Lapauze, Leprieur, I leurs Marcel, Vndré Michel, Moreau-Nélaton, Georges Petit, V Rodin, I 1 otti, etc., etc.

Un i in posant ensemble des plus belles .euvres qu'ait produites au o uns d u \ i \ siècle 'Art français a pu être reconstitué, isition testera ouverte jusqu'au 3o juin.

a Ventes du mois.

Avec le printemps les feuilles poussent, la sève circule dans les plantes et fait épanouir les Heurs; les enchères

intenl ' montent ' montent !

Respirons le bouquet q (ïre la vente Della

Tobri : un salon en xubusso fr., quati e e ;l

en couleurs par BONNET, Dl S.WITH t'ont le |

veinent

Autre bouquet d i int : une Feuille d'étude de

sept têtes, par Watteai : 60.000 fr. ; Le Sacrifice \u \linautaure, de Fr ï'.os mi. 1 i di Bi ulli :

Café et Cabaret de Paris en

En revanche, la vent ' larctie n'a pas donné ce qu'o

• attendre. Ail '. La Mi ide ' \ la » ente Roger Marx, l< s amateurs se soi

nielle,

par 1 >r .. \ s '. Manet :

urne au Tournesol, de M\ki (Ivsswi : lin : Le Baiser a et.

fr. et La Femme a l'Ëpin Le Louvre s'enrichit d'un magistral dessin de Pi . 1 '.u w \s\i s : i.a Paix, et ci qui, dans un beau mouvement de trop louer, l'a mal.

Divers.

tain eau : Valentin le désossé et la

Goulue dansant au \foulin-Rouge, lans notre

foulouse-1 un h est M

Rosenbei a el non M. A. Kann.

Dans ce même article sui ■■ rouIouse-Lautrei •■ clichés La Goulue el Départ de quadrille ont, d'un malentendu, été attribués à tort à M, A. Blaizot : ils 1 ppai 1 ienni m ti ius deux .1 M. E. Druet.

Revues étrangères.

Staryé Gody (années révolues). Revue mi n que mois. — 19 année.

Le texte de Staryé Gody étanl rédigé en russe, tous les

titres sont munis de traductions en

Prix d'abonnemenl poui l'éti ingei [o francs par an. 1)11 s'abonne * lie/ tous les li braires de Saint-l'étei au bureau de la rédaction (10, RynotchnaïaL

P. P. de V\ einei . due. teui -fondateur.

/ [rte, de Adolfo Venturi. Revue bi-nn l'art médiéval et mo 1 Direcl

tion et administration Vicolo S . Prix

de l'abonnement annuel : Pour l'Italie, lur les

pays de l'Union | 6 fr. Un numéro à part, 6 fr.

« Rivista d' \ rte, dii G ue bi-

mensuelle 1res richement illustrée. Abonnement pour l'étranger : 20 francs pat an. ' ette Ri 1 le l'Art très 1; préciéi ' trouve dans sa huitième année: elle C0 parmi ses collaborateurs les écrivains d'art les plus célèbres du ne aide entii 1 el ji mil d'un gran 1 1 ew im ; n ticles

naux consacrés particulièrement à l'histoire de l'a la Ti iscane. - Libraii ie Lei > S. Olschk 1

La Bibiiophilia. Fond 19. Revue men

richement illustrée. \

25 francs ; étrangei

d'.n. 1 il .1 in u s. D

Librairie ancienne : Léo S. Olscllki, Florence.

Magyar iparmures I >ratif hongroi

I 1 VI ' tifs et de la

an. Prix de l'abonnement annuel

ronnes ; pou

Suova i'.'.' 1 Revue italienne de

chaque mois. (Iliaque numéro forme en.

Directeur : M

la plus ancienne el

sénateurs, députés i Enrico

Air

■:t les artistes

p. Villari, sont parmi ses collaborateurs. La Nuova Antologia publie dans chaque numéro des romans inédits pai F. Castelnuovo, Grazia Deledda, Matilde Serao, <j. Verga, S. Farina, etc. — Abonnement (France et Union Postale) : Pai an, (5 francs; par semestre, 23 francs. Piazza diSpagna, Rome lltalie).

jt

BULLETIN DES EXPOSITIONS

PARIS Grand Pai us des Champs-Elysées (avenue d'An tin). - Du i5 avril au 3o juin: Salon di 1014: Société National]

[iKS BE UX-ArIS.

Grand Pai us des Champs-Elysées (avenue Alexandre III).

— Du 3o avril au 3o juin : Salon de 1914; Socit ii des Artistes F b inç, us.

Galerii Charles Brunner, m, rue Royale. — Du 18 mai au 20 juin : Exposition rétrospective des «Peintres di

\ 1 MSI ».

Galeries Georges Pi mi. 8, rue de Sèze. — Du i5 juin au

14 juillet : Exposition René Ménard.

Gali rie E. Dm et, 20, rue Royale. — Du i5 au 27 juin :

Exposition Mm rice Denis. — Du 29 juin au 6 juillet :

V iDÉ.WIE R A nsi in.

Galerie J. Grandhomme, 40, rue des Saints-Hères. — Du 20 mai au 20 juin : Exposition sur Paris « Paris, quelques-uns de ses Peintres », composée de M"' Angèle Delassalle, MM. D. Dourouze, R.-P. Grouiller, E. I. aborde, A. Latour, Signac, Urbain, etc., etc.

Galeries Nicolas Riabouchinsky, -S, avenue des Champs- Elysées. - Exposition permanente d'IcoNEs ei Fresqui russes du xiv' au wii siècle.

l'I PARTEMENTS

Ki ims. - Galerie .Mars Antony. — Exposition des œuvres de Lui un .Ion vs (80 tableaux el |0 dessins..

I.i Havre. — Du 10 juin au 8 juillet: Exposition de Peintures et d'Aquarelles de la Soi 11 1 É Dts Amis des \i ■ ni Havre, dans les salles de l'Hôtel de la Société, rue de Mexico.

Versailles, Salons de l'Hôtel de Ville. — Du 3i mai au 15 juillet : 61"" Exposition de la SociÉTi des \mis lis Arts de Si i\i-i i-( >isr .

Beauvais. — Du 14 juin au 20 juillet : i5°" Exposition de la Société des Amis des Aris di l'Oisi (Peinture, Sculpture, Architecture et Art industriel).

Charleville. — Du 28 juin au 26 juillet : i3" Exposition dis Bi vi s-Arts organisée par l'I nion artistique des Ardennes.

Amiens, Salle des Fêtes de la Ville. — Du 6 au 28 juin : 3o"" Exposition de la Société mes Amis les Arts de la Somme.

ETRANGER

Venise. — Du [5 avril au 3i octobre: Exposition Internationale des Beaix-Arts.

Copenhague, Musée Royal. — Du i5 mai au 3o juin : Exposition Centennale Dr l'Art Français.

BIBLIOGRAPHIE

Gustave Moreau, par Jean Laran, avec introduction de M. Léon Deshairs, conservateur de la bibliothèque de l'Union centrale des Arts décoratifs. 1 Librairie centrale des Beaux-Arts, i3, rue Lafayette.)

Apres les écrits de MM. An Renan, Léonce Benedite, Paul Fiat, Schure, de Montesquieu, Georges Desvalliéres, sur Gustave Moreau. Al. Jean Laran s'est essayé, et avec un rare bonheur d'expression et une pénétrante subtilité d'analyse, ii l'étude des œuvres principales du grand artiste. M. Léon Deshairs résume la vie laborieuse, les tendances spiritualistes et les nobles efforts dans une remarquable introduction.

l'.et ouvrage, très substantiel dans son petit format, est orné de 48 planches hors-texte, représentant les œuvres principales du maître.

Daumier, 48 planches hors-texte, accompagnées de 4S notices et précédées d'une introduction par Léon Rosen- 111 m.. (Librairie centrale des Beaux-Arts, i3, rue Lafayette.)

« La gloire de Daumier ne cesse de grandir, il devient chaque jour davantage notre contemporain. Nous l'admirons pour ce qu'il a réalisé et plus encore pour ce qu'il a entrevu. Peu a peu nous découvrons le sens des forces tumultueuses qui agitèrent son cerveau puissant. Inaccessible à ceux que n'intéresse pas le langage pur de l'art, il est ami des esprits libres et des artistes originaux... ».

La force de vente, de chaleur, de ces phrases affirmatives détachées de l'introduction de M. Léon Rosenthal dit assez le puissant intérêt du texte.

Le Catalogue du Musée de ,\antes, M. Marcel

N'icolle, attaché honoraire des Musées nationaux, vient de

publier, avec la collaboration de M. Emile Dacier, de la Bibliothèque nationale, un nouveau catalogue du Musée municipal de Nantes.

Chargés d'expertiser, au point de vue de leur valeur, les œuvres du musée, les auteurs ont agrandi leur tache en faisant, sur chacune à peu près de ces œuvres, toutes les recherches pouvant leur fournir des documents sur l'histoire générale de l'art et sur l'histoire locale. Le a~ recherches est sorti un petit livre élégant, commode et bon marché, très pratique, et qui pourrait servir de modèle à d'autres publications du même genre.

Les Grands Graveurs, un volume in-s , illustré denombreuses gravures, cartonne 4 francs. (Hachette et C", éditeurs.)

Cette série de reproductions d'après les grands maîtres de la gravure comprendra 12 petits volumes contenant chacun 64 pages d'illustrations, précédées d'une introduction, d'une biographie et de notes bibliographiques.

Dans leur ensemble, ces petits manuels formeront l'histoire complète de l'art de la gravure en même temps que. par leur documentation incomparable, ils seront pour les amateurs el les critiques d'art, un élément Je recherches inappréciable.

Ont déjà paru, les volumes sur Watteau e/ Boucher, John Raphaël Smith, Win Dyck, Franscisco Goya.

Barahbas (paroles dans la vallée), par Liens Discivis. dessins de Steinlen. (Eugène Rey, éditeur, s. boulevard des Italiens.

Dans ce livre ironique et superbe se révèle, et avec quelle force d'expression et quelle émotion profonde, toute la

l'.im.HxlR M'IIII

maine. < .'est le plus amenl ible il>^ tics, affublé, dés pitoyable naisince, du sobi iquel de Barabbas, qui symbolise le vaste ei d ou loureux sujet Des. ivbs ju m,i,irL. écrivain.

'El c'est avec une ipre el fai oui he que le miséreux, le cheminot maudit, l'éternelle victime, exhale sous le ciel impassible paroles dans la vallée», ses plaintes éternelles : « Depuis Ponce-Pilate je suis enfermé entre qu itre mui s d'hommes... Ah ! qui me délivrera du peuple q li m'a délivré !... Il y a un en 1er. croyez mo car j'en parle, non par superstition, mais par expérience.. »

Un tel sujet ni ouvait que tenter

l uleti, et île la i

nds ai tistes, aux déboi liantes de pitié est ne un véritable

■ sur que M. I ii- Re) i

l,a Ville, album d ■

pai H Vallin Chez Pi

187, rue Saint-Jacques, Paris. 1

Page 1