‹ L'Art et les artistes (volume 4)Chapitre 18 sur 180 · OSTI ME DE LA II VI TE-M M BIENN · texte numérisé non relu

OSTI ME DE LA II VI TE-M M BIENN

la même pièce, sépares seulement par une rigole OÙ s'écoule le purin. < >n y ressent une chaleur un peu humide que donne le bétail et qui dispense les habitants du foyei I dont

on consommerai! une forêt, i.\u ui ne-

leur arrive pas facilement. D'un côté les vaches, les bœufs, les moutons, ruminants et paisibles. rangés devant le râtelier, ou couchés dans la paille, les pattes repliées sur elles-mêmes, les veux languissants et superbes OÙ passe la nostalgie des pâturages. De l'autre, au tond, contre le mur plein, épais, sur lequel la tourmente n'a aucune prise, les lits pareils à des armoires, à des niches carrées, ou suspendus comme les couchettes d'un navire à des piliers de bois I E jour pénètre dans cet intérieur sombre par deux fenêtres dans l'épaisseur de la muraille sur les côtés de la chambre de l'étable. projetant, quand le soleil brille, un faisceau de rayons lumineux et balayant les poussières de l'arche d'une extrémité à l'autre, allumant au contraire, aux des lueurs

subtiles d.ms l'ombre incertaine, éclairant précieusement un pilier de bois, la croupe d'une bêle, révélant peu a peu les objets familiers, rani l'écart ou à portée de la main, selon la fréquence de l'usage qu'on en fait.

Chacun d'eux, taillé, sculpté au couteau, égayé comme des cierges d'ex-voto, sont fabriqués avec de couleurs vives, est le prétexte d'un ornement le suif de chèvre que recherchent avidement les pris aux arbres de la forêt, aux Heurs du pâturage, chandeliers de Lyon ou de Grenoble, et leurs aux bêtes qui sortent de leur terrier.

Près de l'entrée, à côté de la lanterne qui éclaire quand on va par les chemins blancs de neige à la messe de minuit, les cannes et les bâtons où les ours grimpent, les chiens courent, les lézards glissent, les marmottes dansent, en un mot, les bètes continuent à courir entre les branches de fougère, comme les animaux, sortant de leur terrier, se faufilent dans les sous-bois. Sur la table épaisse, taillée dans la masse, une boite en forme de canard qui se laisse emporter au fil de l'eau, le couvercle bombé, peint en bleu, imitant l'aile et tournant sur une virole, contient le sel. Une autre boîte, qu'on prendrait pour une poule en train de couver, enferme à l'ordinaire des œufs trais, et pendant la semaine de Pâques les œufs cuits durs, peints en rouge, symbole d'une fécondité que la teinte écarlate protège contre les sortilèges. En effet les pratiques de sorcellerie sont aussi

fréquentes dans les Arves que les

pratiques de piété, et l'on ne s'étonne

pas — tant le goût du merveilleux est ingénu ? — de voir une femme

tracer une croix sur une miche de

pain et jeter derrière son épaule,

la minute d'après, des pincées de

sel pour conjurer le sort.

Dans un coin une commode forme

une sorte de petit autel dévot. Les

tiroirs contiennent les robes

à godrons, les coiffes de dentelle,

les galons de couleur, les ceintures

à chaînettes, les fichus de soie et

d'indienne, tout ce qui pare, ce qui

embellit, ce qui fait le dimancheplus beau que la semaine, et de la

femme, ce jour-là, un être différent,

plus solennel, avant dans les veux

comme un reflet des chants liturgiques et des gestes rituels.

De chaque coté d'une image delà

Vierge, on a placé des candélabres de bois, dont

le pied tourné en vis supporte une tige horizontale.

ouvrée, que l'on hausse ou que l'on baisse pour

Page 1