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délicieuses de van Hoytema, Toon de Jong, krabbé, Kramer, Moulijn, Luns, Poortenaar, van dur Stok, van Weezel Eerens, de Zoete, R.-W.-P. de Vries Jr., Henriette Vridees.
En terminant ce rapide aperçu je ne puis que regretter vivement l'absence de Graadt van Roggen, Toorop, Derkinderen, Aarts, Roland Ilolsi, Rie Cramer, Ch. Storm
van's Gravesande, C. de Moor, Ed. Becht, Th. Goedvriendt, Laurent Verweij, Jo Vermijne, \V. Maris Jbzn; et d'autres encore, listes de noms qui montrent l'importance de cette Exposition, comptant près de deux cents numéros. Du reste, en Hollande, l'art du Blanc et Noir est plein de vie et d'une très grande variété d'expression.
Pu. Z.II CiCEN.
ITALI E
A près les deux expositions de Rome du printemps ■^*- dernier, la vie artistique italienne est sans événements. Cela ne veut pas dire que les expositions aient t'ait défaut; tout au contraire, la mode est aux petites expositions, dans les petites villes de province, dans les villes d'eaux les plus fréquentées, et sur les plages les plus élégantes, sans compter quelques expositions humoristiques qui comptent sur leur public spécial. Certaines expositions de villes de province (comme celles de Pavie et celle de Parme, à l'occasion des fêtes centenaires de Verdi) ont eu un intérêt particulier à cause de leur caractère local ; quelques modestes artistes, qui dans les expositions plus importantes étaient passés inaperçus s'y sont révélés ou on y a rappelé quelques petits maîtres modernes, peu connus, mal connus ou oubliés. Cependant, en général, la quantité des expositions fatigue le public et demande aux artistes une production toujours plus pressée, sans pensées, sans sentiments, sans même des qualités particulières de métier, et, de cette façon, on arrive à exagérer une tendance déjà marquée de l'art en ce moment-ci, un état de choses très regrettable qui ne sert certainement pas à augmenter la curiosité et l'intérêt du public qui semblent se réveiller. Au mois d'août, à Samt-Moritz, tandis que la saison battait son plein, M. Albert Grubicv, le fidèle éditeur de Giovanni Segantini, a vendu aux enchères publiques les deux derniers tableaux importants de ce maître qu'il possédait encore : Due madri et Dca d'Amore. En Italie, on ne manqua pas de rappeler au Gouvernement (qui pourtant a un programme de détense et de conservation des antiquités et des beauxartsi que ce grand peintre italien (qui, étant né à Arco, dans le Trentin, est revendiqué par l'Autriche comme une de ses gloires nationales) n'est représenté à la Galerie nationale de- Rome que par un seul tableau. Alla Stanga, superbe peinture de paysage et d'animaux, mais qui est de sa première manière, la moins caractéristique, tandis que Due madri est un chef-d'œuvre qui, par une grande puissance d'exécution, et par une caractéristique division des couleurs, rejoint le maximum d'expression de l'intensité et du mystère des ombres, par contraste avec l'ensemble
des autres œuvres de Segantini, merveilleuses pour la vibration lumineuse particulière à la haute montagne. Le Gouvernement italien laissa échapper cette dernière occasion, et le tableau fut acheté pour 200 mille francs par M"' O'Connor Butcher. de Dublin, qui, pour 60 mille francs, .1 acheté aussi Dea d'Amore. Par une gracieuse concession de la propriétaire actuelle, Due madri sera exposé à la Biennale de Venise de l'année prochaine.
Segantini, qui mourut tandis qu'il achevait le triptvque : La Nature — La Vie — La Mort, destiné à l'Exposition universelle de Paris de 1900 loù il figura inachevé), n'a peut-être pas été connu et assez apprécié en France. Même dernièrement, un grand critique français le citait comme « trop vanté ». Pourtant, ses visions des hautes cimes des Alpes iqui souvent lui servaient de fond pour des sujets allégoriques ou spintualistes qui avaient, peut-être, une origine littéraire) représentent un des résultats les plus nouveaux, personnels et définitifs de la peinture de la fin du siècle dernier.
Ses œuvres sont, à présent, éparses dans les musées de Vienne, Berlin, Munich. Hambourg, Leipzig, Zurich, Bruxelles, Bàle, Coire, Liverpool, et un groupe très important forme le Musée Segantini de Saint-Moritz qui possède, entre autres, le triptyque, à l'acquisition duquel le Gouvernement de la Confédération Helvétique contribua par une somme de 2X> mille francs. Pour bien peu d'autres artistes modernes, un si grand nombre de musées d'Europe se sont occupés de s'assurer au moins une œuvre. Malheureusement, les musées d'Italie se sont tenus à l'écart. A Milan, oit Segantini étudia et travailla dans ses premières années, et qu'il garda toujours comme un pied à terre pour sa production, il n'est représenté que par deux portraits, un à la Galerie moderne au Castello, l'au're dans la fameuse collection des bienfaiteurs de l'Ospedale Maggiore; mais, comme on peut imaginer, le portrait ne pouvait être sa forme d'art typique, et seulement il peut taire valoir ses qualités techniques de coloriste.
Carlo Bozzi.
ORIENT
T e Peintre Fausto Zonaro. — Dernièrement, au cours *^ d'une villégiature sur la Riviéra, je passai en Italie. Quelle ne fut pas ma surprise, en débarquant à San Remo, d'apprendre que, dans cette ville aussi fleurie que coquette, venait de s'installer l'artiste Fausto Zonaro, celui-là même qui fut, autrefois, le peintre attitré de la Cour ottomane et du Sultan Abdul Hamid et dont l'œuvre orientale avait, a maintes reprises, été signalée, dans L'Art et les Artistes. par mon prédécesseur. Ayant connu moi-même intimement Zonaro à Constantinople, je m'empressai de lui rendre visite. Bien m'en a pris, car cet amoureux de l'Orient, même loin, bien loin du Bosphore, est toujours hanté par la vision de Stamboul et ce sont des souvenirs de Turquie,
— hommes, choses et sites — qu'il fixe encore et fait revivre dans ses toiles. Comme, toutefois, San Remo ne se trouve pas précisément en Turquie, je fis part de cette visite à M. Armand Dayot qui, avec sa bonne grâce coutumière, m'autorisa à entretenir ses lecteurs de la nouvelle œuvre orientale de l'artiste italien.
Après la déposition de son impérial protecteur, Fausto Zonaro sentit le nouveau gouvernement turc lui devenir tellement hostile qu'il décida de quitter Constantinople. Il s'en retourna dans sa patrie d'origine après vingt ans de séjour dans un pavs dont il avait fait sa seconde patrie. Le coup fut dur. Non seulement il abandonnait la terre où il avait, l'un des premiers, jeté la semence d'art qui pousse