‹ L'Art et les artistes (volume 4)Chapitre 23 sur 180 · LE MOUVEMENT \RÏ IM [OI E \ III R \\<;U · texte numérisé non relu

LE MOUVEMENT \RÏ IM [OI E \ III R \\<;U

dru à l'heure qu'il est. mais il laissait derrière lui tout un passé artistique, dus anus, dus relations, et il avait cinquante-sept ans ! A eut âge, c'était une vie, une carrière brisées, c'était la vieillesse s'annonçant pleine de n d'autant plus vils quu lus ressources minimes et que, pour com: eur, toutes sus aqua-

relles, tous ses pastels avaient, lors du voyage, complètement été abimés par l'eau de mer, sur lus quais de Napli bien, non ! Sa volonté lut plus forte que le destin. Il vi refaire sa vie. 11 la relit, donnant l'un dus plus beaux el des plus rares exemples que je mi caractère. Il su souvint qu'avant d'être peintre, il avait été maçon. S'emparant de la truelle, il coi pierre, du sus propres mains, le superbe atelier à trois étages qu'il habite au Val San I

mains également, il décora les immen . qui le

composent. Et lorsque tout tut terminé, c'est la joie au cœur et la chanson sur lus lèvres, plein d'ardeur et d'enthousiasme, qu'il grava au fronton de l'entrée eus mots qui résument tout l'homme : Sini labor miim. Rien sans peine.

Je fus reçus dans le grand salon consacré à l'Orient. Je ne m'attarderai pas à parler dus ni âges,

marines, tableaux de genre que i'\ ai vus: sites d : phore, vues du la Corne d'Or, scènes de rues, baigi soleil, remplis d'air, grouillants du vie. Au fond, un très grand cadre recouvert d'une draperie attire mus re Tout à coup des lampes électriques s'allument. La di a] est écartée et j'ai devant les yeux, frémissante, sangl la fameuse fête persane de l'Achoura, dite des Chemises

blanches, où en commémoration du martyre des trois teurs de la religion chiite: Ali, Hassan et Hussein, des milliers de croyants, à la lueur des torches, et tout de blanc vêtus, se tailladent le Iront avec des sabres et des yatagans affilés. La toile produit une profonde impression, au jeu des clairs-obscurs que le peintre a traités avec beaucoup de maîtrise. Plus loin, à droite, c'est le

lit grandeur nature de Mahmoud Pacha,

celui qui, il y a trois ans, marcha sut Stamboul à la tête

de l'armée de Salonique et qui, nommé Grand-Vizir à la

de la prise d'Andrinople pai les Bulgares, tomba,

dernièrement, sous les coups d'ennemis politiques. A gauche, c'est le portrait, égali leur nature,

d'Ertver Bey qui marcha aussi sur Stamboul avec l'armée libératrice, ■< a Turquie d'Afrique en Tripo-

litaine et ré ' li UX portraits

sont frappants de vérité : l'âme même des en eux. h serait à souhaiter de les voir, au printemps prochain, figurer a l'un de nos deux grands Salons.

I ne surprise encore m'attendait avant mon départ. Zonaro me lit entrer dans la pièce où il travaille et, sur un chevalet, je vis presque achevé le portrait du Sultan Abdul Hamid. Inquiet, blême, voûté, Iw souverain regarde avec ces yeux inquisiteurs et cruels qui faisaient tout trembler autour de de lui. Tel m'apparut le souverain, à Stamboul, tel le ne l'œuvre vivante du peintre qui, même en Italie, poursuit, sans répit, son rêve oriental, avec un art d'autant plus grand qu ispne par de nostalgiques désirs.

\ Dl MlLO.

PO LOGN E

ï rii'Mjvit. — La dernière saison d'hiver nous a * apporté une exposition des plus intéressantes : la société Varsovienne - Mloda Sztuka » (Le jeune Art) s'est présentée pour la première fois au public. Pour se rendre compte de l'importance de cette manifestation artistique, il faut connaître les conditions déplorables dans les;' l'art varsovien se trOU\ ut durant un demi- Privés, depuis l'm musées, mais même d'une écoli '■ lux-arts, les artistes

varsoviens se perdaient dans un naturalisme brute et mesquin. Ceux qui ne voulaient p nier, étaient

forcés de s'en aller aillent s, à Paris.

que depuis peu de temps qu'on a repris le travail de S) iiphi tendant tu artistique à

ivie : on a commencé par la création d'un n fort intéresant et d'ui B

date depuis une dizaine d'annéi

l'art extatique, visionnaire ut mystique de Cézanne, de Van i ' iauguin commençait à devenir célèbre,

en indiquant aux artistes les nouvelles inspi-

ration, en ouvrant leurs yeux sur le charme ni calvaires bretons, sur la simplicité, la puissance el la logique décorative des arts barbares, sur les har: coloristiques robustes et franches des vieilles in populaires, des rudes faïences de Quimper, sur louti gaucheries enfin qui, jusqu'à ce temps-là, ne comptaient • .ire de l'art.

Sous l'influence de ces novateurs. la jeune école de Vars' * née avec enthousiasme vers l'art p

si riche en Pologne et découvert depuis peu de temps. D'ailleurs, par un mystère étrange, l'admiration art robuste et franc se liait avec l'adoration pour le nements pervei s , • tortue

on un art bien particulier, un peu grotesque, amoureux de choses rares, en même temps simple et raffiné. 11 lui manque peut-être la grande sagesse, le bel équilibre que nous admirons chez P Denis, chez

i le charme de la jeunesse enthousiaste et audacieuse. \ l'exposition du «.Mloda Sztuka» nous trouvons les toiles de M. VVitkowski nous réjouissant, maigre toute leur incorrection, par la bravoure et l'exaltation coloristique, par la Iraicheur du dessin, trop sommaire, peut-être. Il y a, dans les natun

nowski, le raffinement coloristique des vieux gobelins. M. Pruszkowski, malheureusement trop littéraire, tend à la grande composil ■ :s espérons que la

prochaine exposition de I 'e sera un nouveau

triomphe de la jeunesse confiante dans

l.'ev. té « Sztuka » (L'Art) avait réuni

principalement les artistes cracoviens et parisiens. Le ski représentait l'école cracovienne. attacha gothique, cherchant à unir le

maximum d'expression avec le maximum de simplicité monumentale. M. Weiss sut peindre admirablement, il a perdu un peu de cette vis

; \\ les précédentes.

Le . ai était représenté par lak, Gwordecki,

man et quelques autres, ,:

nu en France pour ne pas en parler ici.

tectui

itres. se développe de la '■' ■ elle mérite d'être I

à part, ce qu re dans une de nos lettres

procha

ECHOS DES ARTS

iARQ CORBIERE TRISTAN CORBIERE

trait, l'illustration, les compositions gravées d'après leurs propres dessins, leur permettront de trouver de nouveaux débouchés et de manifester leur intelligence des besoins actuels, o

A la suite de cet éloquant plaidoyer en faveur d'un renouveau de notre gravure, M. François Flameng propose entre autres modifications aux règlements, concernant les pensionnaires graveurs en taille douce de notre Ecole de Home, les deux suivantes :

« Le pensionnaire graveur en taille-douce devra exécuter, dans la première année de sa pension, deux figures nues d'après nature devant exprimer chacune un sujet, et un dessin d'après l'antique : une élude de fragments en parties détachées d'après des tableaux ou fresques de grands maîtres : un portrait d'après nature .sans aucun secours de /il photographie : une épreuve ébauchée de ce portait.

» Le pensionnaire exécutera dans la deuxième année une figure nue d'après nature qui devra exprimer un sujet et un dessin d'après l'antique ou la Renaissance : dans la troisième année, deux figures nues d'après nature, exprimant chacune un su/et : un dessin d'après des statues, etc. »

L'Académie des Beaux-Arts discutera prochainement ces modifications. Nui doute qu'elle n'accepte la réforme préposée, grâce à laquelle la Gravure Française connaîtra une ère nouvelle de lorce et de beauté.

E. BOURDELLE - moni uré a Morlaix, pays natal du

:ORB[] R E

cr et du poète,

■Notre numéro spécial s de parler de la mort

La gravure française.

Dans la très intéressante séance de l'Académie des Beaux- Arts, tenue le mois dernier, sous la présidence de M. Dagnan-Bouveret, il a été question d'une réforme de la plus haute importance touchant le règlement et les obligations des pensionnaires graveurs en taille douce de la \ illa .Médias.

lies modifications jugées « urgentes et indispensables » oui ete demandées, au nom de la section de la gravure de l'Académie des Beaux-Arts, par M. François Flameng, rapporteur de la section.

« I ne nécessite impérieuse, a du M. François Flameng, nous a conduits a chercher le remède du mal qui a tué la gravure en reproduction, remplacée aujourd'hui par la photographie, la photogravure, et autres moyens mécaniques et scientifiques.

« Nous estimons qu'il serait particulièrement funeste et illogique de continuer a donner a nos élèves un enseignement qui ne répond plus aux nécessités et aux besoins de notre époque. Aussi avons-nous pense qu'il [allait reprendre au plus tôt l'ancienne et glorieuse tradition de la gravure originale française, la tradition des Nanteuil, des Wasson, des Moreau, des Cochin et de tous les grands artistes qui, pendant deux siècles, ont illustré un art vraiment national.

l'uni atteindre ce but, il nous parait absolument utile d'élevei le niveau de l'éducation, d'émanciper les jeunes graveurs, d'en faire des artistes créateurs, des dessinateurs savants, et non plus seulement des manœuvres et des outils brillants et adroits : ils puniront acquérir ainsi une science qui leur donnera le moyen de devenir personnels. Le por-

Nécrologie.

MOKT DE M. DuJARDIN-BeAI METZ.

du mois dernier ne nous a pas pen:

de M. Dujardin-Beaumetz.

L'ancien Sous- Sécréta ire d'Etat aux Beaux-Arts a succoml e aux suites d'une opération, en son château de Bezoles, près de Limoux, où il était allé passer ses vacances. H n'était âgé que de soixante et un ans.

Elève de Cabanel et de Louis Roux, Dujardin-Beaumetz débutait, comme peintre, au Salon de 1N7.S, par une toile / ne Reconnaissance a la Ville-Evrard. Le succès de ce tableau le lit se consacrer à la peinture militaire. (Juelquesunes de ses toiles : Les roi/a ! Champigny, la Brigade Lapasset brûlant ses drapeaux eurent leur lieure de célébrité et lurent popularisées p. 11 la gravure.

Mais bientôt la politique l'attira. Nous ne le suivrons dans cette carrière que du jour où. désigné par deux fois, à faire le rapport du budget des Beaux-Arts, il se tit remarquer par M. Rouvier, alors Président du Conseil, qui, en 1905, l'appela au Sous-Secrétariat d'Etat des Beaux-Arts. Il fut maintenu dans ces fonctions dans les cabinets suivants de Sarrien, Clemenceau, Briand, Monis et Caillaux. La chute de ce dernier ministère marque la lin de son Sous-Secretai 1.1t.

Parmi les innovations qu'il introduisit à la rue de \ alois, il laut, surtout, lui savoir gré de l'heureuse idée qu'il eut de grouper en une exposition spéciale les œuvres d'art acquises par l'Etat aux divers Salons de l'année, afin de les soumettre au jugement du public. C'est grâce à lui, aussi, que la grande Exposition Internationale des Arts Décoratifs qui aura lieu dans deux ans, sera officiellement patronnée par le Gouvernement.

On ne saurait non plus oublier le persistant appui qu'il donna au faraud sculpteur Rodin, en achetant, au profit de l'Etat, la plupart des œuvres du maître. Il sut, également, encourager les Jeunes et ne craignit pas de faire pénétrer dans nos musées nationaux des toiles acquises aux Salons

i HOS DES \l< I S

des Indépendants. Il est regrettable que ce largi i

ne se soit pas toujours exercé dans les régions officielles.

1res sympathiques sont les condoléano pagnenl sa fin. Il laisse dans h d'un hoi it et d'un homi

Slaryé i sion du tricentenaire de la Maison régnante de H i Prix d'abonnement po u an. On

s'abonne chez toi bureau de la réd P. P. iteur.

MEMENTO DES EXPOSITIONS

Galerie Georges Petit, s, rue de Sèze. I npo J. Odier. - 9" Exposition de la "s ri International!

d'Aqi M'I i i is| i s.

Galerie A. M. Reillinger, 12, rue I 1 Boétie. I (position annuelle de la 1 Ir ivuri i Irigin mi i s Noir.

Galeries Marcel Bernheim, 2 bis, rue di 1

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