LA CHARTREUSE DE PAVIE
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villages et de maisons de campagne : leurs allées Je peupliers se prolongent jusqu'à la roule et finissent par un cercle de bancs de pierre sous un ombrage. Les moissons se continuent l'une dans l'autre sous des lignes de mûriers; d'un mûrier à l'autre, un mince sarment de vigne court. ouvrant ses petites feuilles traversées par la lumière. Le blé. le vin, la soie, tout partout sur le même champ une triple récolte ». lu plus tard encore. Maurice Barrés, se promenant dans ces paysages enchantes, célébrera « la véritable déesse
mouillés, en herbages, mélancoliques et fiévreuses, donne à ce tableau la douceur ensorcelante des marécages et du rêve : une prairie dans le lointain, des buissons, tin boqueteau de ces arbres légers qui viennent an milieu des plaines humides, une petite ferme devant laquelle vont paissant quelques animaux domestiques ; partout, à travers le pays où l'on va cherchant les reliques de Bernardino Luini, les yeux se caressent et flottent sur des paysages semblables. Il n'est pas jusqu'à ces Chartreux, tout petits, là-bas. qui s'en vont
qu'est la Nature aux jardins de Lombardie ». — « Pourquoi spécifier tels jardins de Lombardie ? s'écriera-t-il. C'est toute cette région qui nous est un jardin, au sens magique que reçoit ce mot quand il désigne les lieux mystérieux de la légende, depuis le jardin biblique des commencements du monde jusqu'aux jardins enchantés d'Armide ». Et .M. Pierre Gauthiez, dans son excellente monographie du peintre de Sainte- Catherine déposée au tombeau par les anges, de ce divin Bernardino Luini, trop longtemps négligé : « Un paysage de campagnes, de larges campagnes lombardes, riches en rivières, en buissons
vers la terme, leur capuchon rabattu, oui. jusqu'à ces moines qui ne soient dans le caractère d'une contrée où les villages ajoutenl souvent à leur nom celui de Certosino. Certosina (les Chartreux, la Chartreuse) ; abeilles essaimées de la ruche énorme qui montre ses cellulles désormais vides, non loin de Pavie. dans un parc entouré d'eaux mortes ».
C'est au milieu de cette nature que Jean-Galéas Visconti, cédant au vœu de sa femme Catherine, laquelle, le 8 janvier [3go, avait déposé dans son testament « que dans une possession du territoire
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de Pavie, où elle allait souvent, on eût à bâtir un monastère pour douze Chartreux ci
que dans le cas où elle eût à mourir en couches, elle priait son mari de vouloir bien exécuter cette disposition » ci mettant à exécution le projet dont il avait à plusieurs reprises manifesté l'intention « d'avoir un palais pour sa demeure, un jardin pour si m plaisir et une chapelle pour sa dévotion », décida «d'élever près de la ville de Pavie et par dévotion envers l'ordre des Chartreux un monastère quam solemnius et ?nagis notabile poterimus ». .Mais ce n'est qu'en i SgG, après plusieurs années d'études et de travaux préparatoires, dont la direction avait été confiée à trois ingénieurs, Bernard de Venise, homme de confiance de Jean-( ialéas, Jacques de Campione, un des plus habiles architectes de la cathédrale de Milan, et Christophe de Beltramo, qu'eut lieu en grande solennité la pose de la première pierre de la Chartreuse, cérémonie qui devait taire cent ans plus tard le sujet de deux bas-reliefs, l'un à la porte principale de l'église, l'autre au monument funéraire de Jean-Galéas. Les travaux
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