‹ L'Art et les artistes (volume 4)Chapitre 32 sur 180 · DU HAIT DE LA TOIR EIFFEL · texte numérisé non relu

DU HAIT DE LA TOIR EIFFEL

ON FERME!!! (CROQUIS D'APRÈS NATURE POUR IN rABLEAU)

l'Ai L IlENl )l \KI)

vestibule d'une copie de la Vénus de Milo.

Très original et très réussi, ce reportage illustré fut le point de départ d'une série de belles études analogues sur la Bourse, la marine avec le Borda et maints aspects de la rade de Brest, et aussi sur le monde du Palais de- Justice. Paul Renouard avait trouvé sa voie.

c'est-à-dire un travail intéressant et sans cesse renouvelé qui était pour lui un plaisir. Attentif à la vie de son temps, heureux d'en découvrir et d\i\ représenter les aspects les plus caractéristiques, il s'y adonna avec l'entrain le plus malicieux et ne cessa jamais plus de fixer, à Pans, ou à Londres.

les spectacles contemporains et les physionomies saisissantes.

Son succès fut très vite si éclatant que. en 1882, un haut gentleman, inconnu de lui. vint spontanément dans son invariable atelier de la rue de l 'Arbre-Sec, lui offrirde dessiner pour ses journaux. C'était M .William Thomas, fondateur du Graphie, du Daily Graphie et du By es-Standard. S'étant mis d'accord avec M. Paul Renouard, il le pria d'aller étudier la foule des joueurs et les

PI ip I p VI I hl- vi. \I I RED I

plus impressionnantes figures de Monte-Carlo.

Jamais Penouard n'eut plus à se féliciter d'avoir

e x e r c é s a m é m 0 i r e v isuelle par la merveilleuse prestesse de ses études dans la rue. car.

comme il est interdit de dessiner dans les salles de jeu étroitement surveillées . Penouard dut emmagasiner dans son souvenir le caractère des figures et des silhouettes qu'il observait. Ajoutons que. malgré le guet d'une police vigilante, Penouard.

ingénieux et a droit comme il le tut toujours dans la pratique de son art, trouva quand même le moyen de venir en aide à sa mémoire par maints croquetons pris rapidement sur le vit.

M. Paul Penouard est le type même de l'illustrateur moderne qui. toujours à l'affût des scènes de la vie. pour les bien rendre dans leur intensité, ne lait rien sans la présence de la nature. Mais, à toute époque, dans cette ardente recherche de l'impression immédiate, il s'efforça toujours de favoriser certains avantages physiques par exemple sa presbytie qui. lui permettant de voir à une assez mande distance, lui donne le moyen d'étudier

SOC VENIR Dl N LE

L'AUT

nos lecteurs, qui ne connaissent pas dans son ensemble ce précieux et important ouvrage en ont certainement vu quelques planches éparses dans les expositions et admiré leur attachante beauté.

C'est la vie elle-même surprise et observée par un artiste qui a passé des jours à étudier les mouvements et les attitudes des bêtes, les gambades et les gestes des entants, la physionomie des hommes. Avec quelle justesse tout cela est dessiné, avec quelle alerte décision tout cela est gravé ! Voici des jeux de kangourous et des culbutes de singes, des escalades capricieuses de chèvres, des poules, des canards, des poussins à toutes les minutes de leurs avides trainasseries, des souplesses de chats, des fuites de lapins, d'amusantes et véridiques études de chiens et de cochons, et les pigeons des toits, les coqs effrontés et affrontés, les grues, les beeuls, les lions, les tigres.

Puis voici qu'apparaissent les entants, graves sur la voiture aux chèvres, ou lancés à la poursuite de leurs cerceaux, ou sautant à la corde, ou bien s'appliquant à enlever, d'une lance adroite et résolue, l'anneau sur le petit manège des chevaux de bois, par la vitesse duquel ils sont emportés.

Page 1