ORATEUR DE REUNION PUBLIQUE
plus longtemps une physionomie), par quelques précautions matérielles, celle par exemple qui consiste à se coi lier d'un chapeau mou qu'on peut rabattre à sa guise pour concentrer l'effet, et à revêtir un pardessus à pèlerine, sous l'abri de laquelle on dissimule aisément son travail.
Mais ce sont surtout les aspects de Londres et de la vie britannique que, durant des années, il représenta pour les lecteurs du Graphie. Londres. ville des fortes oppositions, où il y a tant de grâce et de grandeur tragique, un luxe magnifique à côté de la plus effroyable misère, lui valut bien des émerveillements, et des surprises. C'est toujours avec plaisir qu'on se rappelle ses belles compositions d'après la vie anglaise, les petits enfants à l'école, les ravissants visages de petites filles blondes, les fumeurs d'opium, la musique militaire, etc.
De tels dessins, si importants qu'ils fussent, étaient loin de satisfaire toute l'activité de M. Paul Renouard. Dans ce même temps, il poursuivait la série des innombrables études qu'il grava luimême avec des procédés simples et ingénieux qui lui sont personnels et dont il tire les meilleurs effets et qu'il a publiées sous le joli titre Mouvements, gestes, expressions. Ceux-là mêmes de
TYPES PARISIENS (Il MAITRE D HÔTEL)
l'Ail. KKNol'ANI)
CROQI IS DE I II I I I I I s
Et, par leurs contorsions, ['homme-serpent, l'acrobate, sont comme des intermédiaires disloqués entre la bête et l'homme.
Nous arrivons orateurs célèbres.
expressions de leurs visages sont rendus avec la plus saisissante vérité. C e ( i a m b e 1 1 a .
prononçant son discours historique de Neubourg, est peut-être le document le plus exact que l'on possède sur l'allure de l'illustre lu mime d'Etat à la tribune. I . e général Boulanger n'eut p a s à ses trousses d'obs e r v a t e u r plus clairvoyanl q ne Paul Renouard qui. après l'avoir représenté dans les attitudes et les phases les plus diverses, linit par un p. a trait de lui. en pleine api i-
aux pages ou les gestes des des personnages fameux et les
théose et ou ayant, des cette inimité, le pressentiment d'une fin tragique pour le général, il avait dessiné un revolver accompagné de cette légende « Avec le revolver pour terminer son aventure ». Funèbre prophétie que Renouard
I l 'i m .m directeur de L'Illustration et qtie celui-ci
on li prend de reste lie se sotl-
■ i n t de
M. Paul
l 'résident delà Chambre des Députés, fut p 0 u r M. Renouard un sujet d'amusantes et vi- \ antes études.
II le r e p r e s en ta objurguant, implorant, sarcastique. indigné ou r e s menaçant ou dédaigneux .
avec les gestes
les plus ricat i f s et s impérieux, la bouche en a v a n t
taire retentir un long -, chûût »
L'ART K
pareil à l'appel d'une sirène .
OU bien proférant un «Enfin, .Messieurs ! « agacé et rail- 1 e u r . Q u e 1 1 e stupeur de la physionom ie et des bras 1 1 1 r s q u e . ne co m p renaiit rien an tumulte delà Chambre, il écrit à ses m e m b r e s :
« Vous pouvez bien entendre
une interpellation sur la tuberculose bovine ! » Maintenant c'est le puissant avocat Labori, hurlant avec fougue ses plaidoiries entre ses grandes manches envolées comme des flammes noires, dressé, formidable, pour la lutte ; ce sont tous les acteurs de l'affaire Dreyfus, diplomates circonspects, anciens ministres solennels et pru-