CHARLES W. HAWTHORNE
AI LMES
SALLE \ MANGEH
L'Art Décoratif au Salon d'Automne
Ji recopie mes notes, devant les œuvres ellesmêmes. J'éviterai peut-être ces considéi générales qui s, un juste l le monde, ci
injustes pour chacun.
Pai i I li ni \i'h / ne chambre à coucher. Voudrais-je \ passer la nuit ? c'est en somme le grand diagnostic pour une œuvre d'art : serait-on heureux de la posséder, en su| i la vue
impitoyable, inexorable, chaque jour? 0 lit bas. l'armoire d'ampli
d'un joli galbe, le tapis violacé, et surtout, sur le bois blanc des meubles, librement jetés et cependant merveilleusement ins st le secrctdes maîtres de délicieux motifs de Charles i
peints en bleu sur le bois laqué blanc : :
est bien portant, équilibré, français. Oui. mais
je ferais changer la tenture verte.
Paii Huillabd, déjà nommé. Une salle à manger. .Même recherche dans la simplicité, mais une harmonie sobre, un peu sombre. Ainsi, il peut être agréable, dans un appartement, de n'avoir pas que des
: ■ 'in bre et de re; n'aime pas le lus)
ii la tentui bleues, ni la corbei
le théâtre, ni le
solides, affirmant bien le centre de la pièce; mais le buffet, rappelant dans sa marqueterie et son architecture certains meubles hollandais, ont toutes mes prédilections. Enfin, voilà une œuvre qui compte autrement que par la pacotille, que par lui arrangement plus ou moins adroit des rideaux ou des couleurs, mais par le beau métier de l'artisan et de l ébéniste.
Jaulmes. — Salle à manger. Une salle
rectangulaire, des boiseries blanches à filets verts,
remarque au Salon d'automne une prédilection marquée pour la table ovale), et des chaises de MM. Damon et Bertaux, dignes collaborateurs de M. Jaulmes pour le meuble. L'architecture fait penser à du Louis XVI, anglais, les chaises aux styles Queen Anne ou Georgian, mais est-ce moi qui m'en plaindrai? N'ai-je pas dit et répété, qu'il fallait reprendre la tradition et la continuer, en l'adaptant? L'ensemble me parait clair, personnel. et habitable : cela est si rare !
LLCET et LAHALLE — salle a mangeb
à pilastres blanc et vert, courant tout autour delà pièce, jusqu'aux deux tiers. Au-dessus des boiseries, une décoration marouflée, jeux d'enfants renouant des guirlandes en un jardin italien avec des tonds de cyprès et des échappées lumineuses, face à la fenêtre, prise dans la boiserie, la desserte, de formes amples, avec ses tiroirs, ses rayons où sont rangés les coupes en tôle émaillée, de M"c M. Zillhardt (je signale toute une résurrection des objets en tôle émaillée, si fréquents autrefois, notamment en Savoie, en Piémont), les assiettes de MM. Gampert, Marc. Sue et Jaulmes. Une table ovale à pieds carrés, blanc et vert (je
Sue et Palyart. - I ne installation de bijoutier. — L'esthétique d'une devanture n'est pas celle du home. Evidemment ! on s'est proposé d'attirer l'attention. On y a réussi. La retiendra-t-on ?
Dbesa. — M. Dresa. le plus persan des Parisiens, cherche à nous donner l'impression qu'il se renouvelle: tour à tour peintre charmant, illustrateur de Candide, plein des grâces du xvmc et de l'esprit de Choderlos de Laclos, décorateur attitré du théâtre des Arts, il a dessiné pour des cretonnes imprimées des motifs délicieux, dont les uns rappellent les arabesques de Gillot, maître de Watteau, et dont les autres, tout en étant bien de
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notre temps, font pensera la complication ingénue des décors persans ou arabes... Le voici maintenant qui étudie est-ee le mot qui convient à tant de facilité et de bonne grâce? lesornements pour carreaux de faïence : il y réussit. V quoi ne réussira-t-il pas ?
Les toiles de Rambouillet. J'ai parle souvent ici même de ces tuiles imprimées qui seront plus tard, quand elles auront cent ans de patine et de poussière, aussi célèbres que celles de Jouy. On fera des thèses en Sorbonne sur M. Jaulmes |ui
tiroirs sont remplis de lingots de pi i
■ i : 1 1 1 1 ■ id< 3 où n< is grand leurs bouquets de fleurs d'oranger. On déplore
qu une aussi 1 elle matière, que îles buis aussi précieux soient découpes, tailles } oui des meubles aussi lourds, et que l'esprit de la conversation m .m pas mieux inspiré M. Gampert.
Siii et Palyart, / /; boudoir. Ce I étrange, où l'on pourrait situer l'action d'un roman moderne, bien moderne, est ce| plein de trouvailles. D'abord le canapé, air.
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en donna les premiers dessins. MM. Victor Menu et Boisjegrain qui dessinèrent et exécutèrent tant de is délicats, comme on écrii sut Oberkampl Sur ces belles toiles de lin. les rouleaux de bois< et non d'acier, impriment de belles couleurs nuancées, sans contours brusques, sans raideur mécanique. Cela coûte cher. direz-VOUS ? mais CTOyeZ-VOUS que les toiles dl louy, les vraies. celles d'autrefois, aient fait la joie des chaumières ? C'était un décor de riche jouant au pauvre
Gampert. Petit salon. Fond jaune. Cheminée noue ; trumeaux cubistes . commode trapue à poignées massives, qui font supposer que les
amples, qui ont quelque chose du style flepple- \vhile. ( '.'est étonnant ce que le style anglais
île année ! Je propose le Blocus continental. Mais pourquoi le bois est-il laqué rouge, cernant d'un trait écarlatc le tissu violet Pa*s l'architecture en coupole. Jamais on n'a tant aimé ,ue depuis qu'on blague l'Académie et l'Kglise. Passons sur les panneaux de S< les jeux d'enfants parmi les |ets d'eau, pai tisses dans ce qu'on appelle aux Indes alletnan i. prie, ce
joli lustre aux guirlandes de verre blanc et regardez à la fenêtre ce joli store et ces rideaux
le jour, ils semblent découpés dans un peu de ce bleu qui tremble, en montagne, au creux des vallées; et la nuit, à la lueur des lampes, on les dirait trempés dans le bleu des gentianes.
Mare. — Petit salon. -Deschaises qui rappellent à la fois la forme chinoise et celle des sièges dits de tumeur. En tous cas lourds — si confortables — et nullement équilibrés par un joli meuble d'applique, bois clair, en demi-lune. Ce joli meuble, avec le guéridon, sont d'une complication charmante, avec des ingéniosités d'artisan, des secrets, bref toutes ces perfections qui faisaient dire jadis d'un secrétaire capable de cacher toutes les lettres d'amour : «C'est un meuble honnête». Au plafond, un lustre de Marinot, que malheureusement nous ne pouvons reproduire ici, car reproduit-on la transparence et la couleur du verre : des chaînes formées avec des rondelles de verre blanc, puis bleu, soutenant une corbeille de verre où l'on retrouve les mêmes alternances. Cela ne se décrit pas. cela se voit. 11 y a au Salon d'automne, d'autre part, une vitrine de coupes, flacons de ce même Marinot, qui a commencé par exposer aux Indépendants, où .M. Hébrard a su le dénicher et depuis lui donner... le lustre qu'il convient.
Groult. — Petit salon. — M. Groult qui, jusqu'à présent, nous avait donné d'ingénieuses transpositions du style Louis XVI, et savait retrouver les bons modèles du xviu' siècle, cherche maintenant son bien à l'époque de la Restauration. du Louis-Philippe et de l'acajou. 11 ne l'y trouvepas avec autant de bonheur.
Camille Gauthier. -- Salle à manger. - Nommons-la. Décor-vigne. Des grappes de raisin et des feuilles. Que ne cachent-elles ces meubles lourds!
Ruhlmann. — Ensemble décoratij. — Sur la table, un écriteau nous prévient qu'on s'est efforcé de transformer une pièce cariée en pièce circulaire. Est-ce donc si difficile ? Il n'y a pas de quoi se vanter. C'est ici le règne du vert acidulé et du violet. Imaginez un plafond aveuglant, lumineux et blafard, une table et des chaises en bois de citronnier, aussi légères que l'architecture est lourde, un bow-window, des pans coupés et arrondis, et tout autour de la pièce, une galerie circulaire « avec coins intimes » : c'est du moins M. Ruhlmann qui le prétend. Rien d'aussi peu intime, que ces tonalités aveuglantes, que ces chaises longues où l'on n'assoierait pas la moitié d'une fesse. J'y ai trouvé par contre deux beaux nus, sculptés par Dejean. qui expose d'autre part un bronze remarquable, un point de départ d'une rampe d'escalier pour l'hôtel de M. Kaepfer, le musicien bien connu ; enfin de délicates peintures de fleurs par Degallaix.
Majorelle. — Ensemble mobilier de boudoir «pour une femme de lettres ou une artiste ». On n'est pas absolument fixé. Style de grand café des boulevards.
Robert Mallet-Stevens. — Le hall de la villa « Les Roses Rouges», à Deauville, exécuté pour M"" Faquin, et le salon de musique de la même villa. Style géométrique : des cœurs, des damiers, des cubes. Sur le piano, naturellement, on a mis la partition de Pelléas et Mélisande, et dans un crachoir, au milieu de la pièce, non moins naturellement, des poissons rouges : ils vont crever, comme dit Vauxcelles.
Paul Allier. — Loge d'artiste. — Des meubles raves bleu et noir, un écho de Munich ; du vert avec des pastilles rouges, du violet avec des pastilles rouges. Vous connaissez la formule ? Elle date.
Maurice Lucet et Pierre Lahalle. — Une salle a manger. — Ici. j'arrive à l'une des œuvres les mieux réussies et les plus harmonieuses du Salon d'automne. Une pièce rectangulaire à pans coupés, dans lesquels sont ménagés des portes vitrées à petits carreaux. Une niche dans laquelle une desserte de jolies proportions, en bois blond, avec décor bleu de nuit, face à la fenêtre dont le jour est tamisé par un merveilleux store. La cheminée, face au spectateur, bois blond et céramiques de Dhomme. Une harmonie blanc et bleu. Sur les murs, jusqu'aux deux tiers, une boiserie à carreaux blancs et à filets bleus ; sur la boiserie blanche. de délicates peintures de Alcorta et surtout de Lebasque. Au-dessus de la boiserie, une tenture de cretonne bleue et verte, reposante, délicieuse, qui se répète sur les fauteuils et les chaises, laqués blanc, dont le style rappelle certains sièges anglais ; la table ovale, à pieds carrés, laqués blanc à décor bleu, marque bien le centre de la pièce, que ne dépare point un lustre intéressant. J'ai noté une innovation intéressante: des appliques de lampes électriques, fort simples, fixées deux par deux, sur une céramique, au mur, et mettant bien en valeur les tonalités de la faïence.
Landry. — ,S'<7//e i? manger.
Alfred Piciion. Salle à manger. — Inspirée par le style paysan.
Les tapis de Laplan i e. Tentative intéressante, de réalisation discutable. Pourquoi exposer ces modèles dans tin catafalque? En passant, je signale un joli modèle de tapis en savonnerie, par M. Pierre-Charles Stern.
/.es décors du Théâtre des Ails. — Nous en avons déjà parlé: Piot. Drésa, Dethomas, tout l'état-major de M. Rouché.
Ségi Y. -Chambre à coucher ornée de panneaux de laque, une belle armoire trois corps...
Gaillard. — ^n coin d'atelier, dans cette