‹ L'Art et les artistes (volume 4)Chapitre 60 sur 180 · CE · texte numérisé non relu

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Les Animaux dans l'Œuvre d'Eugène Delacroix

entre les hommes quelques-uns ont le pouvoir |uer par le moyen de l'art et de rénover ainsi les n de l'admiration, cette élite manifeste son pouvoir de Lieux I

les uns. vont à ce qui les charme, s'attachent erver, y rent un monde, et à mesure qu'ils ■

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dans la conscience de leur an particulier, inventent des moyens plus impersonnels eno i proclamer une définition du vrai au travers du beau ; leurs chefs-d'œuvre reflètent la nature tant ils projettent de clarté sur les luis de la vie profonde, tant ce qu'ils érigent en œuvre semble les dominer eux-mêmes initient

à un mystère resté insondable si à un moment imprévu une intuition originale n'était venue en révéler les arcanes; et leurœuv redira : ce qui dans la vie changeante avait enchanté ces maîtres les premiers au point de ' ressentir et exprimer. les autres, et les distinguer

,nt cependant l( mêmes outils, mais ce qu'ils ont rcpréseï I caractérisé par une empreinte où leur an

LIONNE PRETE A S ELANCER

nant le motif, eux-mêmes nous ont dévoilé, trésor inexploré, une âme nouvelle. Ils viennent comme les faits de l'histoire, de la gestation des siècles, et dans l'avenir révolu marquent un stade du passé. Si les limites de ces deux groupes se confondent pour certains, Eugène Delacroix appartient tout entier au second. Avec la spontanéité d'un élément qui franchit ce qui le borne, il nous révèle son intime vision, non l'évidence de la vie, mais ce qu'il y avait entre la réalité plastique et ce regard que ses portraits réservés et ardents nous ont transmis. Ce génie, comme les plus hautes figures de l'art, aborda les thèmes les plus variés des expressions accordées de sa pensée et de la vie. Les obstacles de la technique y furent asservis; l'univers présentait à son imagination les termes nécessaires d'un langage où tout fut «accessoire » à un rêve toujours dépassé, à un chant intérieur symphonisant sur des modes variés comme les forces de la nature et les passions qui agitent les hommes. Delacroix représenta les « scènes » les plus diverses de l'épopée humaine, cieux d'orage ou d'azur, feu. eaux perfides, houles vertes de la mer, frondaisons et

rochers, villes, temples, palais et prisons; décors où régnent l'amour, la paix, le meurtre et les fléaux. La même âme mobile comprit tout avec une logique et une fantaisie qui sont pour son œuvre la trame la plus durable, fixée sur la toile, fut-elle en controverse avec les données d'un esprit plus exact, l'interprétation vécut d'une vie nouvelle et véritable par delà la réalité première. L'âme du peintre rêva d'un monde que la nature ne pouvait remplir, que les mirages de «l'Orient» ne pouvaient limiter. .Même réaliste, elle ne pouvait s'astreindre à être seulement vraie. Si ce n'est point la vie éclatante de Bubens, ni le triste et doux enchantement de Watteau où planent désirs et regrets, c'est la vie aussi, mais toujours liée à un élément morbide. la vie intensifiée par le danger de ce qui peut l'anéantir retenue miraculeusement par la permanence d'un chef-d'œuvre.

L'animalité le tenta, son concept y trouva des formules ramassées capables dans le développement le plus touffu de sa composition d'une

LES WI.MAl'X DANS L'ŒUVRE D'EUGENE DELACROIX

nuance décisive appuyant la dominante expressive; vivifiée de son accent, cette note s'apparentait à l'ensemble par des traits et une facture analogues au mode passionnel du sujet.

La mobilité ne lui opposait pas ses obstacles. I ne conception de Delacroix était en effet «en mouvement» comme une masse en fusion : des traits se croisent, des hachures de plume s'agriftent à un organisme encore plastique où des lignes fulgurantes écrivent ce que l'imagination débordante suggère, mais de «faux traits» la retienneni dans un faisceau vibrant de toute l'amplitude de l'action qu'une main emportée, mais obéissante, tempère. Une émotion musicale à \rai dire (on sait la passion du maître pour la musique, son amitié ave procédant de la

nature, avec l'accompagnement d'un chant plus forl i iû la mimique i lutrée intanément

à être héroïque, s'enllant jusqu'à devenir terrible, à subjuguer le magicien qui l'avait tait naître ; alors une crinière, une bride flottante, yeux, naseaux ardents, ailes ou grilles prenaient part à l'instant légendaire que le peintre éprouvait.

Si Géricault peignit ses chevaux, avec la fougue

et la puissance que guerriers, jockeys i u charretiers pouvaient en attendre, chez Delacroix le dessin souille souven -a langue dans

ses défaillances de forme ne détourne point le sens suprêmement poétique de l'envolée. Que ses fauves n'aient point lieu d'être repris par un canon de Barye, cela implique-t-il une tante réelle : lui. lait des animaux hantes d'un l'eu qui les rend toujours prêts à accomplir une action violente; s'ils trouvent un but à leur élan, la toile bouge réellement, tant l'entraînement des lignes est tort, tant les taches de couleur s'appellent en sympathie avec cette arabesque véhémente qui ne peut être stagnante que dans la assiste à la poussée d'un agencement \astc. organisé dans l'emportement d'une âme qui \ eut être servie jusqu'à l'expression du rêve; alors il tant ,| la vie pour la poésie épique, pour un songe qui peut atteindre à l'extravagance d'un vert

Comme Barye, il a été pénétré de l'influence de Géricault qu'il fréquenta. Ses étud

i des chevaux ; il leur donne cette stature

l'h E. ûruel

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