‹ L'Art et les artistes (volume 4)Chapitre 74 sur 180 · LKS CONNAISSEURS A UNE EXPOSITION D ESTA M PI · texte numérisé non relu

LKS CONNAISSEURS A UNE EXPOSITION D ESTA M PI

à celle là. Robert Henri arrivait de Paris, apportant les idées de l'école contemporaine spécialement celles de Manet. « >n peut remarquer en dans l'œuvre des deux peintres l'effet de ces simplifications vigoureuses par lesquelles le maître français savait résoudre les plans d'ombre et de lumière.

Sans négliger sa pratique de la peinture, ce fut d'abord comme dessinateur que M. Sloan se lit connaître. Sun appréciation de l'actualité, la ligne rapide et décisive qui était si m moyen efficace pour rendre le caractère, lui valurent une place à côté de William Glackens, le meilleur de nos illustrateurs. Sans doute, pour les timides du public, son humour dévoilait des côtés de l'esprit humain qu'ils auraient préféré qu'on passât sous silence; sa raillerie, quoique bienveillante, effrayait les fidèles de la «religion des choses telles qu'elles sont", et souvent la crainte de froisser son public t un éditeur à renoncer à la publication de dessins qu'il admirait. Mais d'autre part les commandes devenaient de plus en plus nombreuses. et M Sloan se fixa dans notre capitale artistique de New-York, (".'est là qu'il tit la grande d'eaux-fortes pour illustrer une édition de luxe de- Paul de Kock. Cette série renferme beaucoup de pages qui sont encore l'objet des préférences des

amateurs de l'art de John Sloan. li convient ici de mentionner une autre influence que son œuvre a subie — celle des dessinateurs anglais. Si l'on pouvait demander aux grands appréciateurs et critiques de la vie que turent Reçue. Cruikshank, I.eech et ce merveilleux graveur sur bois Bewick, lequel de leurs successeurs leur est le plu pathique, je suis sur que. tous, nommeraient Sloan. [.'humour — cette qualité à ce point distinctive de la : -saxonne qu'elle a imposé-

son nom à d'autres langues remplit entièrement la planche Les Connaisseurs .i une Exposition d'Estampes. Si l'un de ces connaisseurs se

lit dans cette eau-lortc. qu'il ne pas. car en traçant son : trait dans le

I c au premier plan, l'artiste prend part à l'ironie légère dont cette étude de caractères est empreinte, (".'est peut-être un ton plus gaulois qu'il prend dans la scène des Fillettes éblouies devant le ^rn.-. buste <i l'étalage d'une corsetière. C'est le propre de l'humour de de tout ce qui frappe immédiatement la vue.

Etant donné cette idée, on arrivera facilement à l'explication d'un mot très commente de John Sloan. Il disait : « L'artiste ne ( faire un

tableau à titre d'étude». Si l'exemple des plus

. ce qui semblerait un démenti

L'ART K

au propos du peintre américain, il faut pourtant convenir — et c'est sa justification — que cela est juste pour l'idéal qu'il vise. L'état d'esprit, en effet, qui se dégage d'une scène ne dure que très peu de temps, car la vie qui en est cause, n'en continue pas moins, avec d'autres scènes. Donc faire des études — c'est-à-dire des choses partielles — serait pour le peintre manquera l'unité à laquelle l'artiste n'atteint que par un lent ajustement de lignes, de plans et de couleurs. Les extrêmes se rencontrent; tant que l'artiste qui vise a une esthétique pure

rouges du bac. les gris verdâtres de l'eau et ces tons blancs et noirs de la glace deviennent harmonieux, pleins d'une vigueur qui part autant de l'instinct artistique du peintre que des besoins de son sujet. Cet instinct se retrouve encore dans l'eau-forte La Page de la Femme. Qu'une personne aux goûts littéraires nous dise qu'il ne s'agit là que de l'expression de quelques sentiments humains — nous savons aussi bien qu'elle que cela aurait pu être réalisé sans la découverte de cette belle combinais n de clair-obscur — sans

l'h !• -A. Juley.

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