L'ART DE JOHN SLOAN
Si différents que soient leurs aspects, tous les chemins de l'art n'ont qu'un point de départ et n'ont qu'un but — la vie. Elle peut se trouver exprimée de mille façons, mais c'est toujours pour glorifier cette force que l'artiste entonne son hymne et plus l'œuvre nous rapproche d'elle, plus l'artiste nous paraît grand. Ce sont là des vérités admises. Notre tache sera d'étudier un artiste américain qui s'est efforcé de les suivre dès ses débuts en abordant la vie dans sa généralité par les caractères humains de son époque, observés dans son pays, (ne fois de plus — ce n'est pas le sujet d'un tableau qui en fait le caractère. Peindre un Christ n'est pas nécessairement faire de l'art religieux, et représenter les mœurs n'équivaut pas à saisir la vie. N'est pas qui veut grand artiste. Je crois toutefois que John Sloan, en travaillant depuis des années à l'art qui le passionne, a réalise
assez pour mériter dans son double sens le titre de peintre de la vie.
Né à Philadelphie, il v a moins de quarante ans. il a fait ses études à l'Académie de Pensylvanie. Là, grâce à l'enseignement de Thomas Anshutz, admirable professeur de dessin qui s'intéressait tout spécialement à l'anatomie. John Sloan a acquis une base solide pour la représentation des gestes de l'homme, qui fut. depuis, sa grande préoccupation. Je l'ai entendu, une fois, conseiller à un de ses élèves de repeindre la mâchoire dans un portrait. «Vous avez pensé à cette mâchoire seulement comme une affaire de formes et de couleurs - pensez à la force qu'elle possède — pensez aux os et aux muscles qui la composent. » C'était sans doute un souvenir des paroles du bon anatomiste dont il avait reçu sa première instruction. Bientôt une autre influence venait s'ajouter
L'ART DE JoH\ SLOAN