‹ L'Art et les artistes (volume 4)Chapitre 94 sur 180 · LE MUSEE PROVINCIAL DE BURGOS · texte numérisé non relu

LE MUSEE PROVINCIAL DE BURGOS

Bis, ancienne capitale de la Vieille-Castille, n'a pas que les souvenirs du Cid, d'Alphonse III le Grand, roi de Léon, son passé de légende et d'histoire -loueuse, son blason orgueilleux, sa fière devise et sa cathédrale, pure merveille gothique, jumelle des sœurs latines de Milan et de Pans. Les artistes et les rêveurs trouveront leur compte le long des quais paisibles Ils aimeront le recueillement de San <iil et de San Esteban, l'étonnante Casa Ion, la plazza mayor aux larges arceaux, OÙ, par les crépuscules, se meut à l'aise une population amoureuse et nonchalante. Mais, ceux qui préfèrent aux vastes musées les collections rares, ceux qu'attire un joyau mieux qu'une vitrine, une belle toile plutôt qu'une galerie nombreuse de tableaux, feront une halte heureuse à l'Arco de Santa Maria où est installe II Provincial.

L'aspect du monument est des plus remarquables. Les statues de Mûno Rasura. Laïn Calvo, Diego Porcellos, Fernan (ion/aie/, le Cid, Charles-Quint, gardent la façade de leurs silhouettes héroïques, façade bizarre, flanquée de deux tours basses que surmontent quai relies. Le monument, que d'aucuns attribuent à Philippe de Vigami, est original avec son énorme porte, l'unique escalier pris dans l'épaisseur des murs, d'un seul côté, curieux de mystère et d'audace, ne peuvent laisser indifférent, l que sont les perles du '•' incial, écrin

précieux et mal connu.

L'étroit escalier a pour rampe une cha des le seuil du premier étage, l'œil inq charmé par l'œuvre parfaite de <îil de v célèbre tombeau de Juan de Padilla, en

dans son ensemble, d'un travail minutieux d'artisan, dans les détails qui déconcertent par leurs ciselures et les ornements dont ils sont fleuris. Le rythme de la composition, la ligne pure des arcs et des clochetons, la mise au tombeau, la statue de Juan de Padilla agenouillé, séduisent.

de Aranda, de la Renaissance, par Rodrigo de la llava. On sent bien les cerps sous le suaire, et les yeux clos dans les figures émaciées conservent leur ligne courbe comme s'ils devaient vivre encore dans l'affaissement de la mort. Proche d'une porte mauresque de l'ancien Hôtel

Io.Mlil.M ni. Jl \N lit: PADILLA

Certes l'œuvre de Gil de Siloë est proche d'un chef-d'œuvre, et le marbre veiné, la matière ellemême semble choisie pour ajouter de la couleur et de la grâce à tant de talent prodigué. Et ce sont de beaux marbres usés et polis par le temps, de véritables armoires de pierre, des retables, des bas-reliets. un banc d'oeuvres, et des tombeaux précieux de Antonio deSarmiento et de (ïeronimo

de Ville et ouvrant sur la salle centrale du Musée, de belles statues mutilées, des chapiteaux, des sarcophages, des stèles, des fragments de sculptures, des écussons, des retables des xivc, xvc et xvi1 siècles. Cette pièce où les objets sont un peu mêlés dans un désordre charmant, est l'ancienne salle capitulairc de l'Arco de Santa Maria, et les vieilles pierres ouvrées, les clefs de voûte, les

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. les autels d'un seul bloc richement

urnes, les sarcophages wisigoths et chrétiens, si

touffus de compositions, si bien équilibres, sont

mpés, déposes comme une offrande au

souvenir et un hommage à ce qui fut toute la

vie, dans eette mort inscrite partout, sur le visage

I i i imbeau de I >ona I uisa de Padilla

wcs. et de son mai i Antonio Manrique,est d'une

incontestable beauté. Le socle à arcades gothi |ues

supporte les dalles jonchées de lierre et parées

aux angles de pattes de lion. Les figures sereines

dans le dernier sommeil, les laideurs voulues du . la tête extraordinaire d'Antonio Manrique un Dante gras, le panthéon de Dofia .Maria .Manuel, ciselé comme un joyau, font révérer l'art pieux des vieux m. litres, patienta et consciencieux, qui glorifiaient ainsi ceux que la naissance. le génie ou la valeur avaient élus parmi les fils illustres de la Vieille-< )astille.

Au centre de la salle du Conseil que tonne une galerie circulaire aux toutes ogivales, aux piliers élégants, se réunissaient autrefois les édiles

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de Burgos. Le plafond mauresque est d'une beauté qui contraste avec des fresques sans valeur. Et le merveilleux morceau de ce Musée provincial est. dans ce coin d'ombre, un retable d'autel en cuivre repoussé et ciselé, gemmé d'émaux les plus rares. d'un travail mathématique et précis, d'un réalisme qui étonne dans une œuvre byzantine. Les têtes • laides, mais de ligne violente, douloureuses, d'une harmonie symétrique et voulue. Les émaux sur trois tons : cobalt, azur et véronèze, du bleu intense au vert pâle, rendent un effet inattendu. Cette pièce unique, dont nulle œuvre ne peut évoquer l'éclat, est du xn' siècle et provient du couvent de San Domingo de Silos. La collection est encore riche d'un socle en bois doré de l'ancienne .Merced de Burgos. d'un tableau rude et noir (figure de Caton'i attribué à Ribera : des coflres mauresques enchâssant un émail limousin du xive siècle (la rareté du fait valait d'être notée . un collret en émail du xine aux décorations habiles dans leur simplicité apparente. Un dernier coffre mauresque, le plus ancien, car il date du xie siècle, au travail infini et divers, le bois fouillé comme un ivoire et d'une grâce étonnante, est une pure merveille.

La galerie des tableaux est pauvre et banale, composée en réalité, de copies souvent maladroites de primitifs espagnols ou flamands du XVe siècle. Seule, une Vierge de Bayeu, souple de dessin et tendre de tons, sourit parmi un fatras inutile de mauvaise peinture. Les organisateurs du Musée provincial auraient pu garder aux murs leur saine nudité, car cette vieille série de toiles noirâtres et sans valeur n'ajoute rien à la beauté du Musée provincial de Burgos.

Du haut de la tour d'angle de l'Arco de Santa Maria, la vue s'étend sur une campagne curieuse. Le paisible Rio Arlanzon coule doucement entre les ponts de Saint-Paul, de Besson et de Santa Maria. Sur les bords, las paseos de las délicias et del Espolon nuevo. offrent leurs retuges de verdure... Là-bas. la Chartreuse de Miranorès cache ses trésors gothiques... De l'énorme cathédrale monte un bruit de cloches. Et la vibration se prolonge, cantique d'airain, sur la ville du Cid. amoureuse et ridèle. dans l'émoi du soir tombant

Burgos,

J.-F.-Louis Meblet.

DETAIL 1j L'N COFFRE MAURESQUE DL XIe SIECLE

V I . GOI \ H'MMI N I \NGLAIS

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EXPI I

Gouvernement est représente sous la figure d'un Diable ccorché' lout vif, ai décorations royales; le portrait du Roi se trouve au derrière du Gouvernement, lequel vomit sur son peuple une multitude d impots .iiels il le foudroie Celle prérogative est attachée au Sceptre el .1 la 1

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