‹ L'Art et les artistes (volume 5)Chapitre 100 sur 186 · ÉCOLE DE TH. BOUTS — VOLETS D'AUTEL · texte numérisé non relu

ÉCOLE DE TH. BOUTS — VOLETS D'AUTEL

à Marseille, il laut donc tenir compte des œuvres immobilisées dans les musées et les monuments historiques ainsi que de celles que nous révélèrent déjà, à Bruges et à Paris, les expositions des primitifs flamands et français.

La section de peinture ancienne se divisait en deux groupes : les Primitifs et les Renaissants auxquels s'ajoutaient divers artistes flamands du xviii^ siècle. Quelques-uns des manuscrits enluminés des bibliothèques de Boulogne-sur Mer, de Laon et de Douai, ouvraient la série des Primitifs. La collection Jean Masson, d'Amiens, avec des •enluminures et des dessins, prenait l'école néerlandaise dès les débuts. Son Saint Luc peignant la Vierge, dessm au pointillé, revendiquait le même auteur que la Vierge de la réserve des dessins du musée du Louvre : Marguerita Van Eyck. Son Noli me tangere, à la plume sur papier rougeâtre, représentait Roger Van der Weyden dont l'atelier peignit encore un charmant petit panneau figurant la Vierge offrant le sein à l' Enfant, en robe rouge, devant le paysage cher aux disciples des Van Eyck. La même collection Masson exposait encore six grisailles du mystérieux Maître de Flémalle : la ]'ie du Christ avec le portrait du chanoine qui les fit

peindre. Enfin, une œuvre de tout premier ordre accusait l'influence de Goes ou de Bouts. Il s'agissait de deux volets d'un autel dont -le panneau central n'existe plus. Sur le premier, derrière un donateur agenouillé, portant la Toison d'or et que précède le Christ ressuscité ouvrant sa plaie ; sur le second, derrière la donatrice qui suit la Vierge offrant son sein d'un geste gracieux, on voit une foule de personnages dont il serait utile de comparer les visages à ceux qui conservent les recueils d'Arras et de Bruxelles. Ajoutons-v quelques panneaux de l'Ecole brugeoise dérivée de Memling. Une Adoration des Mages donnée à Wolgemut semble contemporame des débuts du peintre, si elle n'est pas de Pleydenwurf, son premier maître. Citons un Jésus outragé, attribué à Gérard David qui plaçait la Scène, de nuit, dans un cachot éclairé par une torche, et une Vierge et l'Enfant à mi-corps devant un paysage de ville forte que venaient égayer les méandres d'rme rivière peujilée de cygnes. Au premier plan, certains détails évoquaient la Sainte Famille d'Epinal N'oublions pas l'école anversoise : une Pietà, plus jolie que douloureuse, de Quentin ÎNIetsvs (collection Léon Cardon) et une Crucifixion, de Joachim de Patenier, son collaborateur. Entre ces

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