X.XVIII
Notons que ces « Salons périodiques » destinés à nous donner un goût de l'art et des artistes à l'Etranger, sont de date assez récente. C'est à MM. Roujon. alors qu'il était directeur des Beaux-.\rts, et Georges Bénédite que revient la première idée de telles Expositions qui devaient par la suite obtenir tant de succès...
Inauguration' du monument Hamon. — L'inauguration du monument Hamon a eu lieu le 9 septembre à Plouha avec beaucoup d'éclat. Des discours ont été prononcés par M. Armand Dayot.'inspecteur général des Beaux-Arts, par M. Robin, président du comité local, par le sous-secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts. M. Dujardin-Beaumetz a terminé ainsi son discours très applaudi :
«... Sont-elles filles d'Italie ou de France, ces délicieuses créations où l'harmonie des lignes semble s'estomper dans l'harmonie des couleurs ?
(1 Hamon avait su garder la'fraîcheur'des impressions de sa jeunesse ; elles ont été la douce lumière de son œu\Te ; et, si les souvenirs de la terre natale ont déterminé et formé son talent, il convient de ne jamais oublier que c'est elle qui, la première, ouvrit son cœur d'enfant à la vision des éternelles beautés. »
Une tentative intéressante est due à M. Louis'Piérard, directeur de l'Université populaire de Frameries ; il organise là-bas, à l'intention des ouvriers, une exposition des Beaux-Arts qui ou-vTira le 20 octobre et durera jusqu'au 2 novembre ; il y aura une section importante d'affiches, estampes, lithographies, cartes postales, envoyées par les éditeurs parisiens.
Un Salon rustique. — Au charmant village deGrosrouvre dont le vieux clocher domine de frais vallons, a eu lieu le Salon au Village où se sont trouvés réunis quelques artistes habitant la région : I\DI""=' Cousturier, Batton, Van Bever"; MM. J. Tinayre, Vibert, Gusman, Millins, de la Quintiuie, Thévenin, Magne de la Croix, Bourgeat. Pipet, peintres et graveurs, Dugrenot, décorateur ; Dupuis, Vincent, architectes ; Georges Jem, peintre émailleur.
Dans les salles de l'école communale, le jour'^de l'inauguration, un concert vocal et instrumental dont les morceau.x, au caractère champêtre, étaient à l'unisson des œuvres exposées dont l'intérêt tout local constituait la particulière originalité. Et alors nos braves paysans écoutèrent les vieilles chansons, reconnurent leurs chaumières, leurs bois, leurs prés et leurs mares. Les meules au clair de lune contrastaient avec les lointains ensoleillés; des chiens, des chevaux, des sentiers, des prairies, le charrue, la herse, le clocher : toutes choses que- le villageois connaît depuis son enfance et que le peintre lui' montre comme choses dignes de remarque. Lt tout cela entouré de verdures prises au bois voisin tandis que, au milieu de la salle, une frêle vitrine se chargeait d'émaux où étincellent une flore sylvestre.
La « Société des Amis de l'Yveline n fondée par M. P. Lelong avait, sous ses auspices, organisé cette année le Salon rustique.
Une gare de chemin de fer, tel est le sujet proposé par la Société nationale des architectes pour son quinzième concours annuel. L'aménagement intérieur comporte des grands salons, des salles à manger, des lavabos, des bureaux des chambres. Il y a certes des améliorations à trouver non seulement au point de vue décoratif qui est parfois la préoccupation trop dominante, mais au point de vue purement logique. Il serait intéressant de consacrer une monographie aux gares parisiennes, depuis les ostéologies de celles du Métropolitain jusqu'à la joliesse de celles de Boulainvilliers, et de la ligne Invalides- Versailles, sans, omettre le campanile du P. L.-M. et les formes hardies du quai d'Orsay.
Parmi les désastres de 1871, il faut compter l'incendie de l'Hôtel de Ville de Paris, à cause des œuvres d'art qu'il contenait, et que le feu a anéanties ; parmi celles-ci, se trouvait le plafond peint par Delacroi.x, dont le souvenir, heureusement, nous fut gardé par des gra\'ures. On vient de découvrir l'esquisse même du grand artiste, première pensée d'un véritable chef-d'œuvre ; c'est au Musée Carnavalet, déjà très riche en collections de toutes sortes, que cette trouvaille a été portée et exposée.
SF
M. Lépine a fondé le concours des jouets, et dans toutes les expositions internationales c'est une section appréciée du public, celle qui renferme ces bibelots de l'enfance : première poupée, premier amour. On connaît le musée de la rue Gay-Lussac, et, dans les rétrospectives, ces très intéressantes statuettes qui, dans tous les pays, amusent les petits avant de réjouir l'âme des collectionneurs. Il en est qui datent d'époques très anciennes. M. le docteur Forrer, de Strasbourg, qui possède une des collections de jouets les mieux fournies, vient d'en mettre au jour, en pratiquant des fouilles dans l'antique ville de Panopolis {Haute-Eg\fpte). Parmi celles qu'il a découvertes, il faut citer comme venant d'une sépulture d'un enfant de cinq ans, qui s'appelait Leloikios Saturninus, une poupée en bois de 41 centimètres, présentant le type de la miss anglaise et portant pour tout vêtement, sculptée dans le bois, une robe serrée sur la poitrine par une ceinture. D'après sa coiffure, cette poupée appartiendrait au 11^ ou iil^ siècle après Jésus-Christ. D'autres encore trouvées à la suite des mêmes fouilles, sont vêtues de petites tuniques brodées ou tissées en laine avec parements dans la manière des broderies coptes. Celles-là semblent remonter au vi» ou VII* siècle après Jésus-Christ et représentent des figures et des modes byzantines.
NÉCROLOGIE
Au moment même où notre numéro du mois dernier paraissait, le monde artistique apprenait avec douleur la mort du merveilleux peintre, .Alfred Stetexs. — Camille Lemonnier avait, ici-méme, quelques semaines auparavant, rendu hommage au grand artiste dans une étude nerveuse et informée ; on se rappelle aussi les pages écrites par le comte Robert de Montesquiou, lors de l'exposition qui eut lieu à l'école des Beaux-Arts. Le vieu.x maître, que la paralysie avait presque immobilisé dans son fauteuil depuis cinq ans, laisse une œuvre considérable, universellement admirée.