PORTR.\IT EN PLEIN AIR
Les Maîtres de l'Art : Botticelll, par Charles Diehl, correspondant de l'Institut, professeur à la Faculté des Lettres de Paris. Un volume in-S", avec 24 gravures hors texte. Prix, broché : 3 fr. 50 ; cartonné : 4 fr. 50. Librairie de l'Art ancien et moderne, 28, rue du Ilout-Thabor.
Parmi les peintres du quattrocento, il n'en est pas dont le nom soit plus célèbre que Botticelli : après un Ion;,' oubli, il a retrouvé une gloire égale, sinon supérieure, à celle qui l'entoura de son vivant. Mais peut-être le loue-t-on plus qu'on ne le connaît ; la grâce m\-stérieuse de ses madones et la poésie de ses subtiles mythologies ne le représentent pas tout entier ; ses contemporains reconnaissaient en lui un réaliste « dont les créations ont un air viril », et il mérita ce jugement.
C'est un Botticelli plus complexe et plus varié qu'on ne le croit communément, que M. Diehl nous présente en une excellente monographie, telle qu'il n'en existait pas encore en langue française sur ce sujet. Admirablement instruit des choses de l'Italie du xv^ siècle, il a replacé l'attiste dans son milieu, délimité et classé son œuvre, dégagé sa véritable physionomie. Tour à tour familier des Médicis, ami des humanistes et disciple passionné de Savonarole, poète épris d'idéal et portraitiste rival de Ghirlandajo, Botticelli apparaît comme le peintre qui a le mieux incarné l'esprit de cette Renaissance où l'amour de la nature et de l'anquité païenne s'unissait à la ferveur mystique du christianisme.
L'illustration reproduit avecles tableaux les plus célèbres du maître des détails de peintures moins connues, qui donnent une idée de la variété de son style, et quelques-uns
des curieux dessins qu'il lit pourla Divine Comédie. Les appendices (tableau chronologique, catalogue de l'œuvre, bibliographie, index alphabétique), font de ce court volume, comme du Verrocctiio qui l'a précédé dans la collection des3/ni>fs de /'^W, un ouvrage aussiprécieuxpourle lecteur désireuxd'étudier l'art italien du xv^ siècle, que pour le voyageur qui va visiter Florenceen curieux.
Histoire des peintres impressionnistes (Pissaro. Claude Monet, Sisley, Renoir, Berthe Morisot, Cézanne, Guillaumin.) Floury, éditeur, i, boulevard des Capucines. — Rien n'est plus intéressant, lorsque des formes d'art ou de pensées ont obtenu le succès, que de retracer leurs origines. Rien n'est plus intéressant, mais aussi rien n'est souvent plus difficile. Le mouvement artistique d'où est sorti l'Impressionnisme date d'environ quarante ans et déjà il semble se perdre dans un lointain passé. On se demande dans quelles conditions il s'est produit. On veut savoir quels sont ses véritables auteurs. On veut connaître les circonstances de l'accueil si hostile qu'ils ont d'abord rencontré, comment ensuite l'hostilité a fait place aux louanges et à la faveur.
JI. Théodore Duret .était particulièrement en mesure d'écrire une « Histoire des Peintres Impressionnistes », qui éclairât leurs origines et répondît aux questions que l'on se pose à leur égard. Il s'est, en effet, mêlé à leurs luttes du début. Il a été un des premiers à les défendre. Il a publié sur eux de nombreuses études.
L'histoire qu'il vient donner aujourd'hui, par la connaissance spéciale qu'il avait de son sujet, se présente donc comme une œuvre pleine de faits inédits, précise, sûre et définitive, doublée en outre d'une documentation abondante et variée, en partie originale, et due à la collaboration directe des artistes. Tirage à 1.600 exemplaires. 100 exemplaires sur Japon avec double suite de gravures hors texte : 60 francs. 1.500 exemplaires sur vélin à 25 francs.
Commi'nt on devient connaisseur. — Edouard RorvEYRE, éditeur, 14, rue de Condé.
Nous ne saurions trop attirer l'attention de nos lecteurs, sur cette magnifique publication dont le neuvième fascicule vient de paraître et dont l'utilité enseignante est si grande.
L'ensemble de cet ouvrage se compose de 12 fascicules, et constituera le guide le plus séduisant et le mieux renseigné, pour les amateurs de choses d'art, qui ait été publiéjusqu'ici. Le plus séduisant, puisque sa présentation typographique est due à l'éditeur d'un goût si sûr qu'est M. Edouard Rouveyre ; le mieux renseigné, puisque les notes si précises et les documents si bien choisis qui le constituent ont été rédigées et rassemblées par les soins de l'érudit qu'est M. Roger Miles.
Chaque fascicule est orné de nombreuses figures gravéesavec le plus grand soin.
Souscription aux numéros i à 12 : 20 francs net. Prix de chaque numéro : 2 francs. Bureaux de vente et d'abonnement : Librairie Bak.4Nger fils, 5. rue des Saints-Pères.
Couloirs et coulisses, par de Losotes.
Rien de commun entre cet album satirique et joyeux et
celui de Georges Loriii f^d'une fantaisie imaginative si grande et que nous signalions tout dernièrement à nos lecteurs. JI. de Losques nous promène, mais avec quel esprit exempt de toute amertume, à travers les pittoresques réalités de la vie de couloirs et de coulisses, son art est habile et délicat, spirituel et distingué, et, malgré ses affinités synthétiques avec les Japonais et l'influence un peu obsédante des Sem et des Capiello, il demeure très original, très lui-même, grâce à l'habile conscience de son dessin, qui s'affirme de plus en plus, et surtout à la délicatesse florale de sa couleur.
M. Francis de Croisset, dont il a d'ailleurs fait un portrait-charge des plus réussis, a consacré au jeune caricaturiste quelques lignes de préface, qui sont comme lé prélude'spirituel de cette suite de planches en couleurs où s'épanouit « cette gaité franche, ouverte, dont Courteline a le secret à la scène... » car « de Losques respire cette santé divine et quasi perdue : la joie ».
On ne peut que féliciter M. de Losques de ce début, qui le classe du premier coup parmi les meilleurs de nos nrodernes satiriques du cra^^on, si prompt à enfermer dans un trait rapide et d'une concision psychologique si amusante, la physionomie du modèle à peine entrevu.
Un lévrier, terre cuite originale, par Georges Gi.icoMETTi. — Dfcrocq, éditeur, 55, rue de Seine.
M. Georges Giacometti connaît à "merveille l'œuvre de Houdon. L'étude, qu'il vient de publier sous le titre un peu7spécial mentionné ci-dessus en est une preuve éclatante. La discussion à laquelle il se livre sur la terre cuite représentant le fameu.x lévrier est aussi intéressante qu'instructive, et les conclusions de l'auteur s'imposent avec d'autant plus d'autorité qu'elles sont précédées d'observations aussi précises qu'originales sur l'ensemble de l'œuvre et sur la technique du grand statuaire.
Les verrières de l'ancienne église Saint-Étienne, à Mulhouse, par Jules LvTz. — Ernest Meisixger, éditeur à Mulhouse.
M. Lutz a écrit cette étude des plus sérieuses et des mieux documentées à la suite de l'installation dans l'église réformée de Saint-Etienne, à Mulhouse, des admirables vitraux qui, pendant des siècles, firent l'ornement de l'ancienne église démolie en 1S58.
La description explicative de M. Lutz est suivie du remarquable rapport de M. .\uguste Haensler, l'éminent conservateur du musée des arts décoratifs de Mulhouse sur la réinstallation de ces verrières. Cette étude est accompagnée de nombreux tableaux indiquant comment les différents panneau.x sont, depuis 1905, répartis dans les fenêtres de l'église.
Au nroment de mettre sous presse, nons recevons le magnifique ouvrage publié par la librairie G. t.\xOest et Cie de Bruxelles, sous ce titre :
cMlfred Stevens et son OEuvre, par Camille Lemoxxier.
Nous ne pouvons que signaler aujourd'hui à nos lecteurs cette superbe publication dont nous parlerons très prochainement avec tous les détails nécessaires. p, .
DIVERS
Un homme de Lettres au xviiie siècle. DuclOS (sa vie et ses ouvrages), par Léo Le Boukgo, docteur èslettres. — G. GouxoriLHor. éditeur, Bordeaux.
Dans la lumière antique (Le Livre des dialogues, les dialogues civiques). par Auguste Angellier. — Hachette et Cie, Éditeur. 79, boulevard Saint-Germain.
Souvenirs de M. de Floranges (1811-1812), publiés par Marcel Bouienger (avec portraits et gravures). — Librairie Paul Ollexdoeff, 50, Chaussée-d'Antin.
Le Censeur, politique et littéraire. — Librairie Centrale des Beaux-Arts. 15, rue La Fayette.
Tel est le titre formidable de la revue que publie M. Ernest Charles, et dont nous venons de lire avec le plus grand plaisir les premiers numéros. Bonne chance à notre spirituel confrère.
Henri Martin. — Les
poèmes de l'idée : l'enté. — Un poème présenté par une préface de Paul Boncour.