UN LEVRIER, TERRE CUITE DE HOUDON
Kunst uiid Kunstler, V. i (Berlin), directeur du Musée de Berlin, dont le goiit fin et l'e.xpertise artistique sont connus , parcourt l'histoire des grandes ventes des dernières vingt années et constate, non sans amertume, que la valeur et le nombre des œuvres d'art exportées en Amérique s'augmente d'année en année d'une
REVUE DES REVUES
REVUES ALLEMANDES
J\l. IVilhelmBode, le façon inquiétante
Article de il/. Cornélius Gurlitt sur les portraitristes anglais du dix-huitième siècle : Reynolds, Gainsborough, Romney, Raeburn, Lawrence (ill.). — Souvenirs de George Moore : les impressionnistes français et le café « Nouvelle Athènes ». — M. J. Mayr publie une étude fort intéressante sur Courbet et le peintre allemand
Leihl, qui évoque le souvenir de l'amitié qui liait ces deux grands artistes. Les quelques mois que Leibl passa à Paris. sont l'époque la plus heureuse et la plus fertile dans la vie de l'artiste allemand, qui. méconnu dans son pays, conquit la grande médaille au Salon de 1S69 (ill.).
Kidtst und Décoration (Koch, Darmsladt), X, i. — M. Schaefer sur les panneaux décoratifs de W'illy von Beckeralh au musfc des Beaux-Arts de Brème, œuvresd'un effet décoratif très heureux, influencées de l'art de Puvis de Chavannes
et de Maurice Denis, travaux décoratifs de M. Alexandre Salzmann pour le même musée (ill.). — M.Paul Schulze sur les dessins de Jessie M. King (ill.) — M. Wilhelm, Mickel sur la définition du réalisme et naturalisme. — L'école d'art décoratif de Vienne, par M. Franz Blei (ill.). — Reproductions d'œuvres d'art décoratif.
A'i(Hsto'«W (Munich). XX. i. 2. — M. Theodor Fischer, l'architecte bien connu de Stuttgart, développe le projet d'une maison du peuple.
CHRONIQUE DE LA CURIOSITÉ
Vente Kœnisgswarter. — Le niardi 2t' novembreaura lieu|à Berlin. danslagiilerieEdouardSchulte,7f;,l'nter den Linden, la vente de la collection du baron Kœnigswarter, Vienne (Autriche). Cette importante vacation sera dirigée par M. Friedrich Schwartz, de Vienne, et M. Edouard Schulte. de Berlin. Elle comprend des tableaux anciens, et dans le catalogue, je relève les noms de peintres illustres de toutes les grandes écoles : Antonio Canale, Guardi, voilà pour l'école vénitienne ; Claude Lorrain, Goyen, Greuze, Lancret. Nattier, voilà pour l'école française ; mais les écoles du Nord sont plus abondamment représentées par Van Dyck, .\lbert Cuyp, Franz Hais, Jan van der Heyden, le délicieux peintre des petitesvilles proprettes, Hobbéma, De Hooch, Neer, Ostade, Potter, Rembrandt, Rubens, Ruysdaël,Steen, Teniêrs, Velde, Vouwerman, Keyser, Reynolds, Romney. Hoppner, etc.
J'ai relevé tout spécialement, en suivant l'ordre du catalogue, le n» S, Vue de la Piazzetta avec les alentours, d'Antonio Canale, ou Canaletto, bien dans sa manière précise mais plus sèche que celle de Guardi. Le n° u , d'Albert Cuyp, est un Paysage avec des vaches, une notation du matin près de Dordrecht ; une pluie d'or dans le lointain ensoleillé, et au premier plan, des vaches.
Van Dyck a ici deux morceaux importants, les n"* 13 et 14, Portraits d'un homme. Puis c'est notre Claude Lorrain avec le n» 24, un Paysage italien, dans le soleil du matin ; le no 28. une Jeune fille, par Jean-Baptiste Greuze ; le n" 29, une Vue du Grand Canal avec le Pont de Rialto à Venise, len" $o,uneVue de Sainte-Marie de Sa/sde, à Venise, donnent une idée du talent de Guardi, chaud, vibrant, et emporté. Jan van der Heyden, dont il y a au Louvre, et surtout à la National Gallery, d'excellents petits tableaux, vues de villes et de villages de Hollande, est représenté par la vue d'un château avec un parc et un jardin d'agrément, n" 37 : on y retrouve la finesse de touche et l'harmonie délicate de ce peintre. De Meindert Hobbéma, l'élève de Ruysdaël, voici le n" 38, la Hutte et la rue du village, bien significatif de .sa facture habituelle, un peu compliquée dans les détails, avec des jeux de lumière infiniment souples, et réalisés sans hésitation et sans fatigue; j'aime beaucoup également le n° 39, l'Eglise de Brederode, et le n" 40, la Ruine, du même artiste. Le n" 45 est un gracieux Portrait de femme par Hoppner. Dans une manière moins élégante, moins mondaine, mais plus large, voici un Portrait d'une bourgeoise (n'>47). par Thomas Heyser, ce portraitiste robuste, contemporain de Franz Hais. Jean-Marc Nattier, le portraitiste à la mode du xviii^ siècle, figure dans cette collection avec les numéros 60 et 61. Le premier est ce portrait de la marquise de Poyanne qui a passé à la vente du comte Daupias, en 1892 (Galerie Georges Petit), où il a été adjugé au pri.x de 2 v3oo francs; l'autre est un portrait delà fille du peintre.
De .-\art van der Neer, je cite le n" 62, un Paysage d'hiver en Hollande ; d'.\drien van Ostade, élève de Franz Hais, le n" 67, une Charrette devant une maison de paysan ; le
n" (>S, l'Ecole du village ; d'isack van Ostade, frère du précédent, l'Etape au cabaret (n" 69). Je cite le n" 71, Bœuf au pâturage, par Paul Potter ; deux remarquables Reynolds, dont l'un, le n" 73, portrait de l'artiste par lui-même, a figuré à la vente de Mme Brooks à Paris, 1877, au prix de 17.000 francs; l'autre, le n" 74, est le portrait de Sir Abraham Hume. Voici le portrait d'un vieillt;rd (n" 78) par Georges Romney ; puis le n" 79. Portrait de Frédéric Marsclaer, gentilhomme et consul de Bruxelles, par Rubens. Je signale le n» 80, du grand Jacob van Ruisdaël, qu'il ne faut pas confondre avec son oncle et probablement son maître. Salomon van Ruysdaël, représenté ici par plusieurs toiles, dont le n» 81, l'Hiver en Hollande, semble la plus intéressante. Le n" 86, représente un intérieur amusant de Jan vanSteen, Chez la cartomancienne : le n° 87, un Tir plongeant par Téniers, et le n" 88, un paysage avec des pêcheurs, par le même artiste; le n"9;. une Mer mouvementée par Willem van de Velde ; et enfin le n" 99, l'Abreuvoir, par Philips Wouwerman.
Dans l'ensemble, cette vacation me paraît d'une grande tenue artistique. Une exposition a lieu chez M. Schwartz, à Vienne, i, Nibelungenstrasse, du 26 au 28 octobre ; et chez M. Edouard Schulte, Berlin, 75, Unterden I.inden, du 17 au 19 novembre.
Galerie Arthur Tooth and .Sons, 41. boulevard des Capucines. — E.xposition de gravures et d'eaux-fortes des principaux maîtres français modernes (E. Bracquemond, Th. Chauvel, A. Boulard. A. Jacquet, Jules Jacquet, Abel Mignon, F. Jasinski. et autres).
Catalogues annotés et Renseignements sur les Ventes. — La Revue l'.-lrt et les Artistes se met à la disposition de ses Abonnés et de ses Lecteurs, pour leur fournir en outre des renseignements sur cette 'matière : les Catalogues de Ventes de Tableaux, Dessins et Objets d'Art et de Curiosité, vendus depuis le xvm^ siècle, 1730 jusqu'à nos jours, de même que les ventes futures, et tous ces Catalogues annotés des prix et souvent de notes du plus grand intérêt puisées à des sources absolument sûres. Par M. L. Soullié, créateur de cette spécialité, possédant la collection de documents la plus importante sur la matière, et auteur de la Bibliographie des Ventes de Tableaux, Dessins et Objets d'Art faites pendant le xix« siècle ; de divers ouvrages [documentaires sur les Artistes et les Ventes, tels que : Les Catalogues de l'œuvre de C. Trayon, de J.-F. Millet, etc.. aux ventes publiques.
Nous tenons ces ouvrages à la disposition des personnes qui voudraient les posséder.
La Bibliographie des Ventes d'.Art faites pendant le XIX' siècle, additionnée d'un supplément pour les Catalogues existants illustrés, des Ventes faites jusqu'à fin 1902, est adressée contre le prix de 7 fr. 50. plus o fr. 60 de port, à toute personne qui en fera la demande.
Adresser les demandes aux Bureaux de la Revue.
Numéro 2i — Décembre 1906
Supplément illustré
de l'Art et les Artistes
L'Architecture et la Décoration moderne
SALLE A MAXGER par .Maurice DUFRÈXE
IL semble que nous soyons encore bien loin de l'époque où l'individu habitera dans un milieu créé spécialement pour lui : l'uniformité des intérieurs modernes enferme dans un même cadre les êtres les plus dissemblables ; combien de centaines de salons se ressemblent à Paris, et combien de salles à manger ?
En ce moment il est de très bon ton de se meubler en style Louis XVI, et ce qu'on est convenu d'appeler le meuble Trianon ou Marie-Antoinette est ce qui est le plus demandé. Tout le monde en veut. Cependant on signale quelques dissidents irréconciliables qui ne veulent que du Louis XV. Ces deux partis en vieiidraient peut-être aux mains, si un parti intermédiaire, sans doute formé de gens raisonnables et de sens rassis, ne prêchait la concorde, et n'essayait, au moyen d'un com-
promis fort honorable, du reste, de faire admettre, au nom d'un éclectisme équitable, que ces deux styles peuvent, quand même, être aussi bien à la mode l'un que l'autre — il est évident que rien n'empêche cette aimable combinaison. Ce moyen, oh ! mon Dieu, il est bien simple ; il consiste à recommander le Louis XVI pour les salons et le Louis XV pour les salles à manger... De cette façon tout le monde est content, et surtout les marchands de meubles qui trouveront toujours dans le stock considérable de modèles de ces deux styles de quoi répondre aux besoins de leur clientèle.
Faire du meuble, aujourd'hui, c'est à la portée de tout le monde, et, quant à ce qui est de l'aménagement d'un intérieur, les gens du monde, je dois le dii'e, lorsqu'ils s'en mêlent, le font quelquefois avec plus de goût que certains tapissiers. Nous