REPETITIOX .-^U FOYER DU PUBLIC
gination et le plaisir des yeux, instruits, d'autre part. par des reproductions achevées des tableaux de choix qui composent, dans la galerie et les foyers de la Comédie, le long cortège des gloires de théâtre.
Alfred Stevens et son Couvre, par Camille Lemoxxier. ouvrage de grand luxe, de format in-folio (36x48 cm.), contenant 4J planches en héliotypie. d'après les œuvres du maître. Prix 80 francs ; G. Vax O est et Cie. éditeur; 16, place du Musée. Bruxelles.
Alfred Stevens ne fut pas seulement le maître le plus brillant et le plus séduisant de l'Ecole belge ; il fut aussi dans l'ensemble des écoles, l'un des plus grands peintres d'une époque où. en tous les genres, s'étaient révélées des personnalités admirables.
Alfred Stevens fut un initiateur et un créateur. Il fit entrer dans l'art, le monde de la grâce et des intimités féminines. Il mérita d'être appelé par son temps le peintre de la Femme.
C'est à l'art de ce peintre illustre qu'est consacré le livre de M. Camille Lemonnier. Personne n'était mieux désigné que lui pour un tel travail : on sait la place que toujours il assigna au maître dans ses écrits critiques et l'admiration qu'il lui voua.
Toutefois, ce n'est pas uniquement ici l'étude d'un peintre envisagé au point de vue de sa technique et de sa part d'invention : c'est aussi l'histoire des intimes corrélations d'un art et d'une époque. C'est la vie même de cette époque étudiée à travers l'œuvre d'un maître qui en fut par excellence le poète et l'interprète. Voilà ce qui donne au livre de M. Camille Lemonnier sa haute et particulière signification. Tout ensuivant de près l'immense production du peintre, en l'analysant, en en déduisant, au point de vue de l'art général, telles considérations qu'elle comporte, il n'oublie pas que Alfred Stevens, comme il l'a dit. a peint le roman delà grâce, de la beauté et de l'amour sous le second Empire, et c'est ce roman qu'il s'efforce d'en dégager, comme la complémentaire inévitable de sa monographie.
Avec la précision et l'éclat qui lui sont habituels, il. Camille Lemonnier établit la psychologie de cet art en le rattachant à l'étude du temps. Il en a détaillé avec des nuances nombreuses la portée esthétique et historique. Son livre a l'intensité de vie d'un portrait et l'importance d'une page d'histoire.
Les éditeurs, de leur côté, ont voulu donner à la publication qui honorait un des maîtres de la peinture au xix« siècle, le caractère d'un monument digne de son renom et de son génie. Rien n'a été épargné pour faire de cette publication un ouvrage de grand luxe : quarante-deux planches hors texte admirablement tirées en héliotj-pie sur presse à bras représentent les chefs-d'œuvre essentiels du maître : tableaux, pastels, dessin, eau-forte, reproduits d'après les originaux conservés dans les Musées de France et de Belgique et dans les principales collections particulières de l'Europe. A l'impression typographique — effectuée en un caractère d'aspect somptueux sur un papier « antique laid » anglais, spécialement cuvé pour cet ouvrage — ont été consacrés les soins dévolus aux ouvrages de bibliophilie.
Le tirage de cet ouvrage est strictement limité à 350 exemplaires numérotés.
Schubert et le Lied, par Mme Maurice Gallet — Librairie .académique. Perkin et C'"-'.
Avec une religieuse émotion et une connaissance parfaite de son sujet, Mme Maurice Gallet vient d'écrire un livre des plus intéressants sur Schubert et le Lied. Cet ouvrage vient s'ajouter utilement aux essais de critique et d'histoire musicale des Hugo Riemann, des A. Julien, des
Edouard Schuré. des Wyzewa. des Schweizer, des Romain RoUan. des Camille Mauclair...
Après avoir, en quelques chapitres, décrit la vie si courte « et dépourvue d'événements saillants et consacrée uniquement au travail », de Schubert. Mme Maurice Gallet aborde l'étude du Lnd « une poésie chantée par une voix et accompagnée par un seul instrument >.. et, dans l'analyse si complète de ce genre musical l'auteur trouve matière à de rapides et cependant très substantielles études sur l'art personnel des grands musiciens depuis Mozart jusqu'à Moussorgski, depuis Beethoven jusqu'à Debussy et Fauré pour lequel elle professe un culte fervent.
Ce livre est plein de charme et de clarté et dettes précieux enseignements.
Le Sens de l'S/4rt, sa natire, son rôle, sa valeur, par M. Paul Gaultier, un volume in-i8, contenant 16 planches hors texte, broché, 3 fr. 50 (Hachette et Cie, Paris).
Qu'est-ce que l'Art ? Quelle est sa nature ? Quel rôle jouet-il dans la vie individuelle et dans la vie sociale ? Comment peut-on en juger? Telles sont les questions qui sont traitées dans ce livre avec une maîtrise et une force d'argumentation qui n'en excluent ni la clarté ni le charme.
M. Paul Gaultier y démontre que l'art ne consiste ni dans l'imitation de la nature, ni dans la copie d'un idéal transcendant, mais bien dans l'incarnation qu'il réalise — à l'aide de sons, de lignes, de couleurs ou de reliefs, — de l'émotion esthétique ressentie par l'artiste en face de la réalité. Emotif par essence, M. Paul Gaultier montre tout ce que l'art peut avoir d'influence sur nos sentiments et, par eux, sur notre moralité, sur notre intelligence même et enfin sur la société. De ce point de vue nouveau, les rapports de l'art et de la morale, de l'art et de la connaissance, de l'art et de la société apparaissent, en effet, sous un jour tout autre que celui sous lequel on a eu l'habitude de les considérer jusqu'ici. Il n'est pas jusqu'à la critique d'art qui n'y prenne plus de sens et d'autorité.
Ce livre vivant et agréable au premier chef, et qui est plein d'aperçus originaux, débute par une magistrale et importante préface de M. Boutroux.
Promenades dans le 'Passé, par Gaspard VallETTE. — A. JuLLiES, éditeur, Genève.
Ce livre grave et charmant que nous venons de lire avec un plaisir infini se divise en trois parties : Impressions de Rome, Souvenirs de Corse, Croquis de Grèce. C'est un livre d'enthousiasme, une sorte d'hymne à l'éternelle beauté chantée avec un accent d'une pureté rare, un livre de poète et d'artiste qu'on referme avec le désir de le relire encore, car il s'en exhale un bienfaisant parfum. C'est comme un doux reposoir pour la pensée inquiète et troublée par les incertitudes. Certes, M. Gaspard Vallette fut un homme heureux, car il lui fut donné 'de faire les plus merveilleuses promenades à travers les vieux jardins des villas romaines, les campagnes sauvages de « l'île bleue » et les sanctuaires de la Grèce antique.
Mais qu'il soit bien vivement remercié pour avoir su. et avec quel art parfait, avec quelle émotion évocatrice, cristalliser en un volume, qui a toute la tenue d'un petit chef-d'œuvre, les impressions personnelles nées de sou exquise sensibilité, et nous avoir ainsi permis de participer avec lui à ses jouissances raffinées et à ses ardentes exaltations devant « cet absolu qui ne se discute pas, qui s'impose à l'âme, comme la vérité nécessaire et bienfaisante. »
Nous regrettons de ne pouvoir parler plus longuement ici de ce beau livre à qui nous venons de faire une place dans notre bibliothèque, à côté des Reiselbilder de Heine.
Les Souvenirs d'un Peintre, par André BeauxiER. — Eugène FASOtrELLE, éditeur, ii. me de Grenelle.
Les Souvenirs d'un peintre, par André Beaunier, paraissent chez Fasquelle. -Ce peintre est Georges Clairin, un des artistes de ce temps qui a vu le plus de choses et les a le mieux vues. Pour son plaisir et pour le nôtre, André Beaunier pria Clairin de « parler » ses souvenirs devant lui.
On ne sait si c'est l'écrivain qu'il faut féliciter d'avoir reçu de si précieuses confidences ou si c'est l'artiste qu'il faut envier d'avoir rencontré un tel biographe.
Histoire de l'c^rt, depuis les premiers temps chrétiens fusijii'à nos jours, publiée sous la direction de M. André JIicHEL :
Tome II, gravures hors texte. Librairie Armand Colin, rue de Mézières, 5, Pari.s, broché, 15 francs, relié demi-chagrin, tête dorée, 22 francs.
La Première Partie du Tome II de l'Histoire de l'Art embrasse la période de formation et d'e.^pansion de l'art gothique. M. Camille Exi.akt y étudie l'architecture du xiiie siècle; MM. André Michet, et Emile Bertaux, la formation et le développement de la sculpture gothique en France, en .\ngleterre et en Espagne. L'n chapitre très riche et très neuf de M. .\rthur Haseloff sur les miniatures précède les intéressantes études de MM. Emile Mâle, C. de Maxdach, E. Bertatx sur les vitraux et la peinture murale. M. A. Pératé expose les commencements de la peinture italienne avant Giotto. Enfin M. Raymond KoEcHLix traite des ivoires gothiques.
On voit, par cette simple énumération, l'importance et l'intérêt de ce volume ; la haute valeur scientifique en est garantie par le nom de collaborateurs dont chacun fait autorité dans le sujet qu'il expose.
DIVERS
Les rouages de pourpre (poésie), par Paul Véroi.a. Librairie académique Perris et C'".
Un Crépuscule d'Islam (Maroc), par André Che- TRiLLOx. — Librairie Hachette, 79, boulevard Saint-Germain.
L'Organisation de la Conscience Morale,
esquisse d'un art moral positif, par Jean Detolvê, docteur es lettres, agrégé de philosophie. — Félix .\lcax, éditeur. 108, boulevard Saint-Germain.
Le T^oman de la T^iviera, par Charles Gêxiatx (l'auteur de la Cité des Morts et de VHomme de peine). — Eugène FASgrELtE, éditeur.
Petits et gros Bourgeois, par J. EsyriRot. — P.-V. Stoi;k, éditeur, 155, rue Saint-Honoré.
Les Foules de Lourdes, par J.-K. Huvsmaxs. — P. -Y. Stock, éditeur, 155, rue Saint-Honoré.
Gramatica del Color, par Emilio Sala. — Vinda
e hijo de Murillo, Alcala, 7, iladrid.
Fleurs ^Morvandelles, par Théodore JIaurer (en la maison des poètes.) — Le vice-président de la. Société des poètes français mérite son titre, son recueil est plein de jolies sensations de nature.
Cahiers de Jeunesse, par Erxest Rexax. — Calmax-Lévï. éditeur.
Cet ouvrage du plus haut intérêt, constitue un v'éritable journal qui suit les différents courants de la pensée du maître, en toute liberté de style, même avec des négligences d'expression qui donnent un intérêt tout particulier à ces confidences intellectuelles du futur auteur de la Vie de Jésus.
Les Dieux d'argile, par Léon Thétexix. — Librairie académique, Pekrix et Cie.
REVUE DES REVUES
REVUES ALLEMANDES
Zcitschrift fitr bildende Kunst, XVII, 12. (Leipzig). Conclusion de l'étude de M. Franz Dulberg sur l'E.xposition Centennale de Berlin : Leibl et son école : Schuch, Alt, Hirth du Frênes, Friibner, Liebermann, Feuerbach, Marées et le sculpteur Hildebrand, Bocklin. Thoma (ill). — Giuseppe Caletti, un « pasticheur » italien du xvii* siècle, par Ludwig von Buerkel (ill.) — M. Richard Graul sur l'Exposition d'Art décoratif de Dresde. — L'art céramique à l'Exposition de Dresde, par M. E. Zimmermann (ill.).
XVIII, I. L'architecture gothique de la cathédrale et la ville de Burgos inspire un travail bien documenté de 51. Alfred Demiani (ill.) — M. Selwyn Brinton sur l'œuvre du graveur anglais sir Charles Holvoyd (ill.). — Etude très spirituelle de M. Heinrich Wolff sur l'art de la Silhouette. (ill.). — Compte rendu de M. Wilhelm Michel sur l'Exposition de peintres français à Munich, organisée par M. Rudolf Meyer. — M. Max Maas sur Un sanctuaire de la nymphe Aphaia, récemment découvert dans l'île d'Aegina. — Travaux d'art décoratif de JI. .\lexandre Salzmann et Bruno, Paul (Munich) à l'Exposition de Nuremberg (ill.).
Die Kunst, VIII, i (Munich). Compte rendu de M. Fritz von Ostini sur le Grand Salon de Munich (Glaspalast) (ill. ). — M. Franz von Reber, le savant conservateur de la vieille « Pinacothèque » de Munich, sur la Rétrospective de l'art
bavarois à Munich où l'on voyait des œuvres intéressantes de Spitzweg et Schwind (ill.). — Les conséquences et l'utilité de la Centennale de Berlin par M. Hans Rosenhagen.
Innendecoration (Koch, Darmstad), XVII (octobre). Ensemble d'art décoratif du nouvel hôtel Vier-Jahreszeiten de Hambourg.
Kunst und Handwerk, 1906. XII (Munich). L'art décoratif à l'Exposition de Nuremberg.