‹ L'Art et les artistes (volume 5)Chapitre 146 sur 186 · Berlin). Reproductions d'œu^Tes · texte numérisé non relu

Berlin). Reproductions d'œu^Tes

IVerkkunst, I, d'art décoratif.

Hohcwartc, 21.22 (Vienne). Projets de monuments de Joseph Hoffmann.

MEMEXTO DES PUBLICATICXS.

Der junge Menzel, von Julius -Meier-Graefe, Insel-Verlag, Leipzig 1906, 7 fr. 50. 272 p.

M. Meier-Graefe, qui s'est acquis par ses publications antérieures une des premières places parmi les critiques d'art allemands, a entrepris de caractériser dans cet excellent travail le développement artistique que le grand artiste allemand a suivi. Le chef-d'œuvre du jeune Menzel est ses illustrations à l'histoire de Frédéric le Grand. Leur mérite est de ne pas être des illustrations, elles ont une per-

sonnalitéabsolumeiit indépendante de la légende. En outre, Menzel a créé dans la première époque de sa vie des petits tableaux, paysages et intérieurs d'une charme extrême, tels la chambre avec le balcon et le théâtre du Gymnase, peint en 1856. Mais bientôt après le peintre Menzel devient historien, et si l'historien gagne, le peintre y perd, M. Meier-

Graefe voit dans Menzel un phénomène de la tendance dan gereuse de l'âme allemande, de se perdre dans le détail, dans la documentation. Il le dit hardiment et franchement avec la ferveur d'un prophète qui est persuadé de sa mission. En somme ; une publication excellente et très personnelle.

REVUES ITALIENNES

Rivisia d'Italia (Rome. Octobre). M. le dott. Giuseppe Cultrera. publie un article des plus documentés, qui est une attaque violente, et en tous points justifiée, contre l'organisation présente de Y administration italienne des Antiquités et des Beaux-Arts. Il rappelle l'esclandre éclaté à propos de la direction du musée de Naples, celui du Musée National de Rome, la chute du campanile de Saint-Marc ; et avec une tristesse ferme, il remarque surtout l'absence des Ecoles d'art italiennes, à l'étranger. La France possède son Académie de la Villa Médicis. l'Ecole française de Rome, l'Institut français d'Archéologie orientale au Caire et l'Ecole française d' Extrême-Orient à Hanoï ; r.\llemagne possède deu.x Ecoles à Rome.uneà Florence et une à Athènes ; l'Autriche possède une Ecole à Rome et une à Athènes ; la Belgique, l'Institut historique Belge à Rome ; la Russie, l'Institut archéologique russe à Constantinople ; l'Angleterre et les Etats-Unis d'Amérique ont une British School à Rome et une à Athènes, une Américaine School of classical Studies à Rome et une à Athènes,; tandis que l'Italie n'a absolument rien de semblable nulle part.

M. le dott. Cultrera remarque aussi qu'en Italie même il n'existe, pour la culture d'art, qu'une Écoled'.Archéologie et une Ecole d'histoire de l'art médiéval et moderne, toutes les deux à Rome, sans que ces Ecoles soient spirituellement soutenues par une Bibliothèque d'Art et d'.\rchéologie, de sorte que les Italiens, pour élargir leur culture artistique, sont forcés de recourir à l'hospitalité des Instituts étrangers.

M. le dott. Giuseppe Cultrera signale le danger trc'-- grave qu'il y a à regarder avec indifférence la nécessité d'une culture nationale d'Archéologie et d'.\rt facilitée par tous les moyens que le gouvernement devrait mettre à la disposition des chercheurs, et il espère que bientôt cet état de choses assez étrange disparaîtra.

Emporium (Bergame. Octobre). Un article de M. Vittorio Pica sur VArt d'Extrême-Orient au musée Chiossone (laques, ivoires, faïences et broderies), illustré par 54 illustrations. Les laques de ce musée ne sont pas comparables à celles des plus importants musées japonais, répandus un peu partout. Mais les collections de netsukés et de faïences présentent un réel intérêt qui ne peut pas échapper aux vrais amateurs de l'art japonais des menus objets, si subtil et si suggestif.

Parmi les reproductions, très belles, il est à remarquer spécialement quatre masques de théâtre, qui représentent à un degré étonnant non seulement le type de la race, fixé dans ses lignes synthétiques, mais l'expression humame de gaieté ou de courroux réalisée avec les mo\"ens d'e.xactitude et de rêve, propre aux artistes d'un pays incroyablement subtil et profond. A remarquer aussi certaines laques, et des ciselures, et des « repoussés » en métal, qui dans la conception de la décoration et dans l'e.xécution font penser à des formes antérieures d' » art nouveau. »

Katura cd Arte ÇSl\la.n, i" novembre). M. Guido Ribera revoit dans une vision rapide, mais originale et .savante, les plus importants monuments fiméraires de tous les

temps et de partout, et au fur et à mesure de son intéressante promenade, il dégage de ce qu'il voit une théorie sur l'esprit divers des temps et des pays devant la mort.

L'article, qui porte le titre : Parmi les marbres et les bronzes funéraires, sera continué.

// Secolo XX. (Milan. Novembre.) Mme .\nna Franchi écrit un article pour illustrer les œuvres antiques et modernes qui présentent dans les scènes de carnage l'horreur de la guerre, dont le pathétique superficiel fait presque toujours les frais.

L'auteur de l'article veut aussi, de son côté, montrer l'horreur des monstrueuses rixes collectives indignes des peuples civilisés, etc. Et parmi les reproductions des œuvres inférieures, y compris deux dessins de Goya, qui illustrent cet article sentimental, on retrouve, je crois bien sans aucune raison, la merveilleuse gravure des Conquérants de Diirer. En réalité, par l'expression fatale, muette et solennelle comme un masque sacerdotal, de la figure du personnage principal, qui porte dans ses mains non une épée, mais une balance, par la fougue harmonieuse de la chevauchée, et par le vol ami de l'ange sur la tête des combattants, cette gravure est plus faite pour inspirer la joie de la guerre et de la conquête, que l'horreur du sang. L'œuvre de Durer contient et répand une émotion identique à celle de la Chevauchée des Walkyries, de Wagner.

La Nuova-Parola. (Rome. Octobre). Dans un court résumé de l'attitude du gouvernement et des autres autorités devant la construction du Palais de l'Agriculture à la Villa Borghèse, cette revue ajoute sa voix de protestation à celles qui de toutes parts s'élèvent contre le sacrilège injustifié qui s'est abattu sur la célèbre villa. On sait que l'initiative d'un Institut International d'.\griculture appartient exclusivement à un Américain, qui la communiqua au roi d'Italie. Celui-ci la fit sienne et s'entendit avec les nations pour construire le Palais. L'emplacement choisi pour le nouveau bâtiment fut malencontreu.sement celui de la villa Borghèse, qui appartient au peuple de Rome, et où surgit le célèbre musée. Les artistes firent beaucoup de bruit contre cette décision. Mais les travaux pour la nouvelle construction se poursuivent, et on a commencé par abattre sans merci les pins, séculaires qui formaient divinement un tableau naturel de calme et de beauté verte presque à l'entrée de la villa.

Contre cet aveugle et absurde délire de destruction, les artistes se révoltent. Et la Nuova Antologia. qui a pris en quelque sorte l'initiative de la protestation internationale, voit ses feuilles de protestation se remplir des plus importantes signatures du monde, parmi lesquelles celle de Rodin. En même temps, les artistes romains ont commencé un procès d'action publique contre l'œuvre destructive des incroyables architectes de l'Agriculture.

Ce qui est le plus étrange, c'est que le ministre de l'Instruction publique demeure indifférent devant tout cela, tandis que, il n'y a pas longtemps, il souhaitait un heureux succès à une société pour la protection des paysages, que l'Italie veut imiter de la France !

CHRONIQUE DE LA CURIOSITÉ

L'iii')TEL Droitot n'a présenté quelque animation qu'à jmrtir du 15 octobre. Les antiquaires et les amateurs voyaf»ent, et les ventes d'art ne recommencent qu'a leur rentrée à Paris. A l'étranger, les habitudes difièrent quelque peu des nôtres, et la vente Fischer, qui a eu lieu à Cologne du 22 au 25 octobre, a été des plus importantes. La collection Fischer se composait entièrement de porcelaines de Saxe. C'est en 1709 que le chimiste Bœtticher découvrit par hasard le kaolin qui allait révolutionner l'industrie de la porcelaine. L'électeur de Saxe, au service de qui Bœtticher travaillait, comprit tout ce qu'on pouvait espérer d'une semblable découverte. On garda les ouvriers à vue, il fut défendu, sous peine de mort, d'utiliser le kaolin, et la fabrique de Meissen eut bientôt, grâce à ce protectionnisme outrancier, une avance considérable sur ses rivales d'Europe. Les services à fond vert pâle ou jaune tendre encadrant des cartouches chargés de fleurs et de petits paysages, datent de cette époque, et sont plus spécialement contemporains de Hœroldt, successeur de Biictticher, qui s'était associé le sculpteur Kœndler comme collaborateur.

£ A la suite de l'invasion prussienne, en 1746, lors de la guerre de la succession d'.\utriche, le personnel de la manufacturedut se réfugier à Dresde. Là, nouvelles menaces, pendant la guerre de sept ans. Enfin, à la fin de cette guerre, les travaux purent reprendre leurs cours, sous la direction de Dietrich (1760), puis sous celle du comte Marcolini (1774-1S14). Et les procédés de Meissen et de Dresde se vulgarisèrent dans la plupart des manufactures allemandes, Hœclist, Berlin, Vienne, Furstenberg, Frankenthal, Nymphenburg, dans les marques sont apparentées.

Les truqueurs ont imité les produits de la Saxe avec leur ingéniosité habituelle. Dans les pièces défectueuses de Meissen, la marque en bleu posée sous couverte, — deu.x épées croisées, — est coupée d'un trait : précaution inutile. Les blancs gaufrés qui doivent rester sans décoration, en raison même de la finesse de leur pâte, sont mis de coté quand ils viennent mal à la cuisson. Les trucjueurs les achètent, les couvrent de peintures représentant des sujets ou des fleurs, et apposent la marque sur la couverte : la marque officielle étant posée sous couverte, il est facile de déjouer la contrefaçon. Un Français, Soccot Petit, de Fontainebleau, a, lui aussi, réussi à imiter les produits de Meissen. A la vente Fischer, un groupe crinoline «couple d'amoureu.x » a atteint le pri.x de 7 500 francs. Vi\ des premiers échantillons de la manufiicture de Meissen, une figurine portrait d'Auguste le Fort, électeur de Saxe et roi de Pologne, en terre rouge de Bœttger, a atteint 4 250 francs. Des figurines, portraits d'un personnage assis sur un tronc d'arbre, jouant avec un gros chien, auquel il donne du sucre, et de la comtesse Kosel, assise sur un tronc d'arbre et embrassant son chien, a été vendu 4875 francs. Deux chameaux caparaçonnés sur terrasse à monture de bronze doré ont été adjugés 1 1 667 francs. Sept figurines de personnages en costume de mineur, parmi lesquels le roi Auguste, ont été payés 6 250 francs. Un groupe crinoline, Auguste le Fort en habit de cour, la reine en robe à paniers, a valu 5 Sic francs. L^n grand oiseau perché sur un tronc d'arbre où grimpe un écureuil et différents insectes a été acheté 4 575 francs, j'ai cité les prix les plus importants qui peuvent renseigner sur la valeur actuelle des porcelaines de Saxe.

A Paris, rien de bien saillant. On a vendu, le 26 octobre, au Dépôt du mobilier de l'État, rue des Écoles, une miniature. Portrait d'homme par Isabey, dont l'histoire est curieuse. Saisie, il y a dix ans, chez un cambrioleur, dans une affaire de vol restée obscure, on n'avait pu découvrir

quel était le volé ! Elle dormit au greffe pendant les dix ans du délai légal, portant le cachet du commissaire de police qu'on ne brise que le jour de la vente. Cette œuvre, placée dans un cadre de l'époque, est digne en tous points du célèbre miniaturiste.

C'est un portrait d'homme vêtu de la redingote empire, à col très haut, et coiffé à la catogan avec les cheveux légèrement poudrés. La figure est jeune et complètement rasée. On a supposé que le personnage représenté était Benjamin Constant : mais c'est une pure supposition. Un amateur a payé 505 francs cette miniature.

Je signale par acquit de conscience la vente de la fameuse collection de timbres-poste de Le Roy d'Étiolés. Les trois premières vacations ont donné un total de 42 000 francs, bien inférieur au total présumé. J'ai noté le prix de 665 francs pour un exemplaire de Contes et nouvelles en vers de La Fontaine, édition de 1762, dite des Fermiers généraux, avec figures et les 16 planches refusées ajoutées.

La Vente Van Derwies, galerie Georges Petit. — La collection de M. Serge van Derwies, composée de tableaux modernes, a été dispersée le 1 5 novembre à la galerie Georges Petit. La vacation a produit un total de 288 340 fr, Voici quelques prix. Un tableau de Ziem représentant le Doge monté sur le Bucentaitre, et célébrant le mariage de Venise avec l'Adriatique, a été payé 37 200 francs par MM. Boussod et Valadon. La Rentrée des bêtes, de Troyon est resté à M. G. Petit pour 34 500 francs ; il en demandait 50 000 francs. La Charrette de paille, du même artiste, n'a pas dépassé 4 600 francs, sur une demande de 8 000 francs. La Vue d'une ville hollandaise, par J. Maris, est montée à 24 000 francs. Le Départ pour te Marché. -par Rosa Bonheur a été adjugé 30 000 francs. Deux Diaz ont été vendus, l'un Vision d'Orient, 25 000 francs, et l'autre. Coucher de soleil. 12 000 francs. L'Étang, de Jules Dupré, a valu 27 500 francs. On a donné 20 000 francs de la Défense du Château, par Isabey, et 8 100 francs, de la Fille du Liban, par Hébert.

A noter enfin, à l'hôtel Drouot, le succès qu'on fait àCharles Méryon, le graveur très apprécié des amateurs ; une de ses estampes a dépassé cinq mille francs ! Méryon compte de fervents admirateurs. Et M. Loys Delteil, l'aimable e.xpert que l'on sait, ne m'en voudra pas de le nommer. Sous sa direction avertie ont eu lieu deux ventes importantes d'estampes : l'une composée d' œuvres de Charles Méryon et de portraits anciens, du 21 au 24 novembre ; et l'autre, composée d'œuvres de Gavarni et de Daumier, le 28 novembre.

Arthur Tooth 'and Sons. — Exposition de gravures et eaux-fortes, tableaux de maîtres modernes, 41. boulevard des Capucines. — Londres, 175 et 176. New Bond Street. — New-York, 299, 5th Avenus.

Collection .ilexandre Blanc. — Tableaux modernes de Boudin, J.L. Brown, Chaplin, Corot, Henner, Vollon ; 78 œuvrer de Jongkind; le Billet doux, par S.anterre : aquarelles et dessins par Chaplin, Harpignies. Isabey, Jongkind, Madeleine Lemaire, Maurice Leloir, A. cle Neuville. Henri Pille. Renouard, Vayson. Sculptures par Barye et Rodin; objets d'art. Vente Galeries Georges Petit, 8. rue de Sèze, le lundi 3 et mardi 4 décembre à 2 heures; M. Lair Dubreuil. commissaire-priseur, 6, rue de Hanovre,' M. Georges Petit, expert, 8, rue de Scze. Exposition particulière, le samedi !■" décembre, publique le dimanche 2 décembre de i heure à 6 heures.

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