DE LA FIN DU XVIII^ SIÈCLE
Avec elles, cet art oublie l'intimité du mas ou la mélancolie de la Crau et de la Camargue, il n'est plus le Trilby du foyer provençal tour à tour ébéniste, forgeron, céramiste, potier d'étain ou bijoutier, mais l'héritier des sentiments que symbolisent les Danseuses, du Musée lapidaire d'Arles, le poète des joies antiques où la vie se célébrait à l'égal d'unjriomphe, avec du bruit, de la couleur, de beaux gestes.
Afin de perpétuer cette coutume provençale, sous la bannière félibrienne de Sainte-Estelle portant l'étoile à sept rayons, le Museon Arlaten range les instruments de musique qui, à Marseille ou à Aix, grâce aux efforts de MM. L. de Lombardon-Montézan et E. Couve, ont leur musée spécial : le Musée du Tambourin. On ne saurait trop louer le rôle des tambourinaires — luthiers et instrumentistes — dans l'art populaire provençal. De véritables artistes ont fabriqué ces caisses en bois de noyer ornées de baguettes ou de festons : les Arnaud, les Michel, les Long, les Riboulet, qui produisirent aussi les galoubets, les bâchas, les cymbalettes et autres instruments de musique pro-