‹ L'Art et les artistes (volume 5)Chapitre 23 sur 186 · ANDRÉ — MELON ET FRUITS · texte numérisé non relu

ANDRÉ — MELON ET FRUITS

Ci. D'ESTACiNAT - LA JEUNE ARTISTE

chauds, comme ouatés, des a]iothéoses de colorations wagnériennes,

René Juste est plus réaliste, serre de plus près, de trop près peut-être, la réalité de la Barvicrc vcrte^ du Vieux village ; Kelly indique avec une justesse à la de Nittis la Plage des bavraqucs ; Kœnig, qui rend un Paysage cl' Auvergne avec la solidité d'un Français a compris la finesse de Venise; Kousnetzoff embrume les Environs de Paris de buées à la Lebourg, couche luie robe violette dans l'herbe en une séduisante harmonie de tons ; Kupka réchauffe à un Soleil d'automne des maritornes nues de Jordaens ; Labrouche, malgré qu'il ne mette pas de ciel dans ses toiles, a réussi les Toits rouges ; Lanquetin pousse au noir ses Bords de rivière à Nemours ; Laprade a combiné dans les Beaux jours une sorte d'allégorie d'étreinte devant l'immense et lointain panorama de Paris, c'est d'une poésie songeuse et d'un arrangement grandiloquent ; Albert Laurens, à cause sans doute du milieu ofi il expose cette fois, a moins )ioussé sa belle toile de l'Orage; Lavery a la t'ouçue d'un Besnard ou d'un Zorn, éclaire

Madame Roy -Dévercux comme la célèbre Mme Roger Jourdain, campe coquettement devant la mer, dans le plein air, de jolies figures de femmes: Alcide Lebeau jajionise en ses dessins, donne en peinture des sensations de la vie brutale, avec une absence des plans successifs ; Lehmann est spirituel avec ses croquis de chats; Adrien Lemaître n'a que deux aquarelles, la Seine à Preneuse et Un eheniin. nous le retrouverons à la Société internationale d'aquarellistes; Lemordant, qui traite la peinture à l'eau avec une puissance et une largeur extraordinaires, met dans ses tableaux à l'huile la même fougue, cette enallée des femmes vers la mer, « turba mit ou ruunt, o où des barques apparaissent en perdition, est d'un beau geste tragique, un mouvement de foule comme on dit chez Antoine; En attendant les courses de chevaux est d'une observation juste, une scène bien composée; Lempereur, dont je préfère les paysages aux modernités du pesage de Longchamp, rapporte de Meulan des clartés d'eau et des lointains de verdure d'une belle lumière fran-

MAROUET — BASSIN au havre

che, mais d'une exécutionunpeusommaire;M>"eLisbeth Delvové-Carrière peint l'âme parfumée des fleurs; Loiseau copie le Cap Frehel dans une gamme de tons connue ; Lopisgich est plus graveur que peintre; M'ie Macdonald est psychologue compréhensive et peintresse whistlérienne avec les Éthéromanes. De Madeline, les automnes habituels ; de Pierre Boyer, deux paysages bretons : de Mauguin, la Baigneuse; de Marinst, une femme hsant; de François de Marliave, de très décoratives vues des jardins de Versailles; Marquât, lumineux, assagit son dessin, étabht mieux ses fabriques, et trouve dans le Bassin au Havre l'expression éloquente de sa manière; Martel emploie, pour traduire la Familiarité villageoise, une foire pittoresque à la Fortuny; William Marshall passe des temps gris parisiens, de la crue jaunâtre de la Seine aux reflets d'eau ensoleillée de Villefranche ; Raoul de Mathan retrouve à la Correctionnelle les types de Daumier, oublie même d'y mettre un peu de soi.

Maufra, dont la monographie suivra bientôt chez Floury le livre de Duret sur les impressionnistes, est arrivé à parfaire sa formule, atteint définitivement le but qu'il s'était promis, à regarder à ce sujet, l'Allée sous bois en hiver; son panneau très important avec la Rue descendante de Locronan, avec le Calvaire, le Port de Sauzon, le Lac Lovitel, prouve le triomphe de ses recherches, affirme sa personnahté. M^e Mengens montre deux vaporeux et expressifs pastels, tendrement nuancés.

//;/(' Danseuse parisienne, une Danseuse paysanne; .Milcendeau a voulu raconter/t; Maratchinage sur une grande toile qui motive une longue légende sur le catalogue ; où sont les si jolis dessins teintés de jadis? De M^e Milde, une Tète de femme; de ^ilinartz, le Midi des acacias semble découpé en zinc pour quelque défilé du théâtre des Pupazzi;de Louis Mion, une Matinée à Majorque; de Moreau, un nu trop titianesque, et des petites vues de Versailles très délicates; Henry Moret.fidèleà la Bretagne, a trouvé un mauvais temps dans la Baie de Saint- Guénole; Bernard Naudin continue ses dessins impressionnants sur les sonates de Beethoven ; Oberteuffer rapporte de bons paysages du Moret de Sisley et de Guillemet; Ottmann est lumineux, solide, dans ses études a.u Luxembourg; Henri Paillard plante son chevalet devant les Vieilles maisons de Martigues; Palmié transcrit habilement un Orage de neige à Seefeld; Perinet est familier de la nuit, enveloppe d'ombre ses motifs, combine des petits tableaux exquis avec une Chaumière, un Phare; Pfeffermann est douloureusement tragique avec son Voyage des Misérables, qu'il a dû voir là-bas, étant de nationalité russe; Pichot détaille des scènes espagnoles avec de minuscules morceaux de drap de différentes couleurs juxtaposés comme sur un couvre-pieds; Piet ne se lasse pas des lavoirs et des marchés bretons, avec, comme c'est son habitude, une dommante de bleu cru; René Piot est allé en Orient, chez le chef nègre Ali-Barka-ben-Izarin, pour faire de la fresque, et ses portraits, ses fleurs, ont une sorte d'archaïsme, une façon de stylisation qui étonne plus qu'elle ne charme; Prouvé a profité d'un Orage d'équinoxe au pays basque pour voir des nuages extraordinaires dans la tourmente du ciel; Gaston Prunier, crayon en main, va du bassin de la Villette au lac Gerbel, d'une usine au Havre à un coucher de soleil en Bretagne, de Billancourt sous la neige à la pointe du Van, et sur l'ossature très exacte de ses exquisses, brosse des aquarelles d'une belle intensité.

Georges Redon, a trois envois très divers, des Vieilleries d'Auvergne d'une sincérité très sobre,

L'ART:i-ET LES ARTISTES

un Rcsltuirant de nuit promis à la reproduction des chromos de parisianisme, enfin la Marseillaise, une grande toile tout éclaboussé^ d'un rouge symbolique, et où les personnages braillent bien, vulgaires, populaciers, hirsutes, sans rien de l'héroïsme de la figure de Rude: le panneau d'Odilon Redon donne la sensation d'une collection de papillons rares aux fines couleurs ; Renoir qui sera sans doute pour la fin du xix"^ siècle ce que Fragonard a été pour la fin du xviii^, caresse de son pinceau des nudités féminines, illustre le vers célèbre de Victor Hugo.

Chair de la femme, argile idéale, ô merveille !

Manuel Robbe est le premier parmi les graveurs en couleurs, avec le Square de la Trinité, le Carrousel, la Toilette, la Coifjitre ; Rouault continue ses bariolages de cirques ; certains prétendent que ce sont là des études préparatoires pour une oeuvre importante, quand la verra-t-on ? Auguste Bréal expose de très remarquables natures mortes et un portrait d'homme d'un beau caractère ; Xavier Roussel avec ses tons clairs et grisailles et ses sujets d'idylle antique, l'Églogiie, Baigneurs, le Satyre, s'apparente à des œuvres noblement classiques ; Mlle Jeanne Sainsêre fait partie des intimistes ; !Mme Séailles, qui s'inspire des e.xemples de Carrière, exprime toute la vie dans les yeux et le sourire ; de Seyssaud, Ombres de nuages, une très étrange et très forte impression ; de Spiro, un Portrait de femme, en bleu et mangeant des oranges, qui eiit

Cl. Mort,,,,

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