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HORTON

INTERIEUR DE L EGLISE à Nuremberg

S.'i.INT-SEBALDUE

JEAX (Thomas — L'.WF.rGLE

montre deux portraits de femme un peu rosés de ton, et revient à ses admirables lithographies, la pierre violentée de hachures, de tournoiements d'ombres ; Berges, pou]-)ardisant le Portrait de Mlle Solan^r.T..., tire à 25 exemplaires une eau-forte en couleur très curieuse, la Villa illuminée : Boggio rend, avec beaucoup de talent, des aspects de Paris ; Bonhomme bariole des femmes dans la manière de Rouault, a l'air de commettre des faux, tant cela se ressemble ; Bonnard intitule Cabinet de toilette une délicate étude de nu ; de Borchardt a trouvé moins d'air dans le par; où se promène son modèle que sur les sommets où chassait le Kaiser ; Boutet de Monvel, a^ec une simplicité apparente mais supérieurement habile, portraicture une Convales'eule dans son lit, et en même temps son édredon rouge, sa table de nuit, les quelques bibelots de sa chambre; d'une sincérité minutieuse, les tonalités égales presque comme dans un à-]ilat, cette grande toile que nous reverrons au musée du Luxembourg a un calme whistlérien ; Pierre Bracquemond, fidèle à un certain rouge dont il joue bien, s'affirme de plus en plus en ce portrait de femme, doit à son travail à l'encaustioue de taire

de rapides progrès dans la peinture à l'huile ; Braquaval, dont on sait la façon sévère, rigoureuse, consciencieuse, s'aère dans une Marine ; Briandeau est dur, brutal, n'a pas trouve dans le Port d'Als^er la jolie et tendre féerie de Besnard devant le même motif, n'a pas distingue non plus le gris délicieux de Venise. et sur les Bords de la Marne équarrit rudement des masses en Teuillagées: Buss\' qui, l'an dernier, avait si bien rendu la soleilleuse nature de ^lenton et de \'illefranche, a passé beaucoup de temps sur une grande machine d'un bleuâtre déplaisant, aux découpures d'estampes japonaises, l'effort est louable et non le résultat. Camoin répète le même m.otif d'après le procédé de Claude Monet, mais son Vieux porl de Marseille, zébré de rares mâtures qui semblent des poteaux télégraphiques, manque de vie, est désert et morne, implacablement vide comme un Sahara; Cardona se spécialise dans les châles espagnols; ;\Iarie-Paule Carpentier qui sait styliser ses dessins en couleurs s'est promenée en Alsace et à Bruges, la ]'ieille église est une jolie note de vovage ; Carré qu'il faudrait mettre en garde contre les petites femmes de Guillaume, celles du Rat mort et de Nagent s'apparentent, a une minuscule toile, le Fiacre, d'une fine observation ; Paul de Castro, qui n'a rien à faire à Salamanque, est un intimiste agréable avec ses Coins de billard; Cauvv s'attarde devant le Bateau-pilote dans

LE?iIPEREUR — SUR la seine meulax)

le port de Cette. Cézanne, que certains persistent à exalter avec une ferveur déconcertante et presqu'irritante, demeure le peintre connu des assiettes de fruits, notamment de pommes, à signaler aussi de lui le Chemin tournant ; ChamaiUard a une vision naïve, scrupuleuse, rend la nature en toute sincérité d'émotion, les Landes de Mesquéon, l'Eglise de Ploueis, près Qinmper, et, Breton comme Gauguin, fait ainsi que lui du bois sculpté, son coffret a une rusticité paj'sannesque très colorée ; Charmaison a rencontré à la Fête de Neiiilly des txpes de forains curieux, met là un grain de psychologie que ne faisait pas prévoir le calme paysagiste des parterres d'eau de \"ersailles ; Chigot adore son jardin, il a raison, et nous l'envions même, car le décor est séducteur, tout fleuri sous les grands arbres, il doit y faire bon vivre et la maisonnette nous est familière que nous vîmes déjà dans d'autres toiles ; l'asile agréable de ce home et la tranquillité des coins de province, voilà les modèles de Chigot qui les pare d'une douce poésie ; Czobel, d'exécution sommaire, fait des Jossot, beaucoup moins bien ; Dabadie n'a que deux paysages ; ^Ime Alice Dan-

nemberg fait dans ses promenades au Luxembourg des trouvailles de scènes très simples avec lesquelles elle exécute des tableaux charmants et d'une facture énergique, les Grand'mères en noir avec la fillette blonde, l'Enfant ronge avec son ombrelle de mîme couleur que son costume ; Debraux à qui suffit pour nous intéresser une Maisonnette au bord de l'eau avec du linge séchant devant la porte sur une corde, poétise la Petite ville d'une atmosphère blonde; Deconch^', néglige cette fois les rochers lumineux de laRiviera et les toits de chaume de Bretagne, nous promène Sons bois, le malin, dans un joli chemin parmi la rosée ; Delaunay voit ses cont-^-mporains à l'état de mosaïques, de pareils portraits se fondront-ils jamais ? Delestre, avec sa facture au couteaa, très en relief, manie difficilement les figurines et leurs visages, devrait s'en tenir aux seuls paysages avec lesquels il a déjà remporté des succès justifiés, les vastes horizons, les coteaux piqués de toits rouges, les bois éclairés de rivières ou d'étangs, les plaines et leurs meules, sa vision y est plus à l'aise que dans ses intimités de jardinet ou d'intérieur; l'essai tenté ne

SsisM*

iM()l\l)AXT — BARQUE EX PERDITION

BOUTET DE MO.WEL— la convalescente

force pas à persévérer, et teUe vue de Paris commencée des hauteurs du Trocadéro, se passera fort bien de personnages ; Desvallières est un inquiet, un chercheur, tiraillé entre l'éducation artistique qu'il reçut de Gustave ]\Ioreau et laVie moderne qui l'entoure, étudiera longuement des femmes de bar à Londres, puis souffrira des blessures du Christ, i'e£;ardera en une soirée musicale le violoniste Parent, fera poser M. Rouché, membre de l'Institut, surprend une fillette à l'instant où, lasse de jouer au volant, elle va prendre un livre, et ces sujets divers sont traités avec la même recherche patiente d'effet, avec une force contenue par une \olonté défendant le laisser-aller, la fantaisie, une plus grande liberté comme dans les très remarquables illustrations de Rolla.

Dethomas a inventé une sorte de dessins grand format, cernés d'un large trait noir ainsi que sur les vitraux, colorés de rouges sourds, et ces silhouettes sont très vivantes, très expressives, les Ouvreuses, la Cliente de la erèmcrie, certaines ayant l'acuité des planches de Rops ; Deziré sait jouer des svmphorùes claires avec des natures-mortes : une table, une nappe, des fruits, une faïence ornementée en bleu ; Diriks apparaît farouche, il a rapporté de son pa\-s de Norvège la hantise des rafales et des ouragans, les arbres couchés par le vent, les nuages échevelés en des formes bizarres (Carpeaux, sur ses carnets de poche, avait ainsi des « visions de nuages »), les vagues monstrueuses et terribles ; Dufrenoy, dont la Vieille feiniiw est une très bonne étude d'humanité, a un pinceau puissant, d'une belle hardiesse.

mais sa facture violente qui s'adapte cependant à la carnation des roses, aux verdures du lac Daumesnil. a trop de solidité, quand il s'en va sur le Grand Canal à Venise, devant \e Perron de marbre;. le décor est situé par les palis qui sont fichés devant les marches, mais il n'y a rien de la ténuité d'atmosphère de la Cité des lagunes, cela se pourrait trouver n'importe où ; Mlle Dufau vivifie par le nœud noir du corsage la nacrure bientôt affadissante de son portrait de jolie femme en décolleté ; Robert Dupont, pour qui voudra faire un livre sur Paris, est un croquiste très pittoresque ; Durenne a bien étudié son Enfant à la toilette, les moindres détails en sont notés avec fidélité, la mièvrerie du corps qui se forme, les bretelles du petit corset, l'attitude attentionnée ; de Dusouchet. le Retour de la promenade, deux vieilles dames à rouleaux d'une amusante note d'il y a cinquante ans.

Georges d'Espagnat n'enferme pas son art dans des cadres étroits, il lui faut de grandes siu'faces à décorer, comme on en réserve pour les tapisseries, alors il les historié de terrasses, de parcs, de balustres enguirlandés de feuillage et de rhvthmiques promeneuses en robe rouge, et d'arbres fruitiers en fleurs ; dans des appartements comme celui de Georges Viau ou de Durand-Ruel, c'est, aux frises des murailles, sur les panneaux des portes, de gaies et rieuses efflorescences de gestes jolis, de colorations vibrantes, de fraîcheur et de jeunesse. Faber du Faur, lui, est sombre, son Chariot de paysan exprinie la vie rude, laborieuse ; FJandrin a[iparaît un pavsagiste de stvle dans le Mont Sainl-Eviiard

SYXA\'E

EXFAXT JOUANT

au Dauphinc, y a trouve une impression de site antique où il pourrait mettre ses personnages d'antan ; Francis Jourdain continue cette série de minuscules toiles qu'il appelait plaisamment des cartes postales, et ses Maisons zélandaixes ont bien l'air de joujoux proprets comme ses habitants se détachant à la lîle sur le ciel sont de gentilles marionnettes ; Girioud, de même que Fantin-Latour peignit un Hommage à Delacroix, a bariolé un Hommage à Gauguin, il a eu tort de ne pas indiquer les noms des personnages, la curiosité au moins aurait été satisfaite si l'œil ne l'est pas ; Georges Grass- Mick est un intimiste délicat et sait exprimer la poésie des choses immobiles ; Charles Guérin qui n'abandonne pas tout à fait ses femmes à crinoline, d'une mode abolie, se hausse à des modernités, et prouve ce qu'il vaut réellement avecle Nu de jeune femme at la Jeune fille à l'épaule nue ; ce sont là avec , la Dame en bien des tableaux de valeur pour une galerie; Guillaumin met, à côté d'un Paysage à Damietle, daté 1885, des givres au soleil, une vue d'Ivry ; Guirand de Scevola continue à se chercher à travers des influences, met des femmes de Latouche dans un Versailles de Helleu ; Henry Laurent nous conduit sur les bords de la Creuse dans une toile peu couverte qui a les jolies transparences de l'aquarelle, et retient l'attention avec son Jardin du Luxembourg, si bien vu dans la limpidité fraîche du matin, les branches des arbres projetées en ombres capricieuses sur le sable ensoleillé du pre-

mier plan : Herscher grave à l'eauforte comme ^lartial ou Meryon, cherche les aspects curieux de Paris, le Maquis à Montmartre, le passage des Eaux à Passy ; Horton, dont furent célèbres les Châteaux d'Ecosse, va de l'Angleterre à la Suisse, peignant des impressions subtiles, des Cerisiers en fleurs, devant le panorama enneigé des montagnes, ou bien dans le calme bleuté d'Une nuit de mai, un Village endormi ati soleil, le Château de Blanay érigé dans la clarté du matin, et de ses continuels et productifs vovages rapporte aussi cet Intérieur de l'église Saint-Sébaldue de Nuremberg reproduit ici ; une exposition d'ensemble projetée chez Georges Petit est assurée du succès. Iturrino avec un coloris désagréable accumule des grouillements de foule , me t des bonshom.mies d' Ibels dans une kermesse deTeniersse passant en Espagne; Jeanes,qui éçjalera peut-être Turner avec sa peinture de Lever de soleil à Venise, traite l'aquarelle d'une façon bien particulière, dans des blondeurs imprécises, des tons

Cl. Moi eau.

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