PATINAGE
enfin Chihanoff, grand talent qui ne l'affranchit pas cependant du servage, il fut « sujet » du favori de l'impératrice, du prince Potemkine. Son portrait de l'impératrice Catherine est un des plus beaux de l'exposition.
Classiques, pédants, les artistes russes de cette époque s'ingénient à copier leurs maîtres français ou italiens. Parmi les paysagistes citons Ivanoff avec sa vue de Tsarskoïe- Selo, puis les sculpteurs Stchédrine (1751-1825) dont nous reproduisons le beau buste de Paul !*"■, Kozlowky (1713-1S02), très classique dans son groupe de [Minerve et le Génie.
Avec l'Empire arriva en Russie le culte immodéré pour l'antique. Egoroff, Chebouiew, les sculpteurs Pimenow et Demouth sont les meilleurs représentants de cette école.
ilais un souffle de romantisme survient. Kiprensky (1783-1S36) amène de Rome un sentiment plus profond, un idéalisme plus humain et plus individuel et revenant au.x secrets de
la palette des grands maîtres de la Renaissance , il donne une série de portraits où l'influence de Rembrandt et du Titien apparaît manifeste. Tropinine et Tolstoï, émules directs de Proudhon, Vorobiew enfin qui s'inspire du mélancolique paj-sage russe, abandonnent l'art antique et froid pour le genre et le paysage senti et étudié. Avec Venetzianoff (1780-1847) le réahsme point à l'horizon. Cet artiste cherche le type russe, l'humble paysan, la vie des champs et les intérieurs modestes, qu'il peint avec une habileté très grande et une rare compréhension du sujet. Orlowsky, un Polonais, influe en ce moment puissamment sur l'art russe par la fougue puissante de son coloris, sa fantaisie et la richesse de ses idées. ^lais le romantisme, qui donna à la Russie ses plus purs génies poétiques, arrive à son apogée avec Brullow, peintre d'une très grande envergure, au coloris chatoyant et limpide, un des plus grands artistes slaves, dont le Désastre de Pompéi fut célèbre en Europe et dont, parmi les portraits actuel-