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PALLAS ATHÈNA

Musée (7e l'AcropvU, â Athènes-

ATHEXA PROMACHOS

(FIGURINE bronze)

T ES traits éclatants sous lesquels les Hellènes se repré- ^"^ sentaient Athéna, paraissent presque tous dans le bel hymne homérique.

" Je commencerai par chanter Pallas Athéna aux yeux d'azur, fertile en sages conseils, portant un cœur indomptable, vierge vénérée, gardienne des villes, divinité forte, que le prudent Zeus fit sortir de sa tête redoutée, toute vêtue d'armes d'or.

« A cette vue, les Immortels furent saisis d'admiration.

Devant Zeus qui porte l'égide elle jaillit de sa tête

immortelle, en agitant une lance aiguë ; le vaste Olympe

fut ébranlé par la force de la déesse aux yeux d'azur, et

à l'entour la terre rendit un son terrible; la mer troublée

souleva ses vagues profondes ; l'onde amère

resta suspendue, et le fils brillant d'H\'perion

arrêta ses coursiers rapides. Alors Pallas

Athéna dépouilla ses épaules de ses armes

divines et le prudent Zeus se réjouit Salut,

fille de Zeus.... »

.■\thena fut originairement le ciel lumineux, l'éther étincelant, et c'est pour cela qu'on la disait sortie de la tête de Zeus.

En même temps qu'elle répandait la clarté céleste, elle versait la rosée. Dans la chaleur de l'été, elle imbibait le sol desséché de l'Attique de l'écume du ciel et ranimait les plantes épuisées par l'ardeur du jour. En reconnaissance de ce bienfait, ime fois l'an, pendant la nuit des anhephtories, une procession de jeunes Athéniennes allait du temple d' Athéna Skiros au sanctuaire de l'Aphrodite des jardins. La plaine brillante qui s'étend d'Athènes à Eleusis produit le figuier dont les fruits égouttent du miel et l'olivier qui de ses baies onctueuses nourrit les hommes sobres et leur ournit une huile exquise. Les Athéniens attribuaient à la déesse la culture de ces deux arbres bienfaisants.

Athéna, protectrice des cités, leur donnait la victoire et la paix. Elle inspirait à ceux qui l'honoraient le courage, la force et l'adresse. Elle leur suggérait les artifices par lesquels on évite les dangers et l'on acquiert les biens de la vie. Elle aimait Ulysse, parce qu'il était sage, et, un jour que. ne la reconnaissant pas, il lui fit des mensonges pour se tirer d'un grand péril, elle ne l'en blâma point, mais au contraire elle sourit et le loua de sa prudence. Plus tard, elle bâtit les remparts des villes, donna aux citoyens l'intelligence pohtique, leur

Mu^ie rentrai d'At/iènes.

COPIE EX MARBRE DE LATHÉXA PARTHEXOS DE PHIDL\S

enseigna les arts, les lettres, les sciences. Elle était législatrice. Pour instruire les Hellènes à ne point se soumettre au jugement d'un seul, elle refusa, bien que très sage, de juger seule entre Oreste parricide et les Euménides qui le poursuivaient. « J'établirai, dit-elle, des juges liés par serment et- qui jugeront dans les temps à venir. >. Elle constitua l'Aréopage et substitua à la justice barbare des premiers âges une justice plus humaine et plus réfléchie.

Elle était ouvrière. Elle fabriqua de ses mains divines la première charrue et le premier navire, elle inventa le tour du potier et le fuseau. Une jeune Lydienne, a\-ant osé la défier aux travaux de l'aiguille, fut changée en araignée.

Au déclin du génie grec, peu de temps avant la mort des dieux, le poète Archias, que défendit Cicéron, composa pour trois vieilles filles de Samos cette épigramme votive :

« Sat>Te. Héracléa, Euphro, fiUes de Xythos et de M élite, Samiennes, te consacrent, l'une sa longue quenouille,avec le fuseau qui, docile à ses doigts, se chargeait de fils déliés ; l'autre sa navette harmonieuse qui tisse les toiles à la trame serrée ; la troi-

sième sa corbeille pleine de belles pelotes de laine, quenouille, navette, corbeille, instruments du travail qui, jusqu'à la vieillesse, soutint leur laborieuse vie.

\'oilà, Athéna souveraine, les offrandes de tes pieuses ou\Tières. »

L'n peu plus tard encore, l'élégant Mcléagre mit en vers l'ex-voto de Bitto qui.^à l'âge de quarante ans, renonça aux travaux d' Athéna pour une raison qui n'était pas à son honneur et qu'elle avouait ingénument.

(' Cette navette, instrument d'un labeur mal nourrissant, Bitto la consacre à Athéna en lui disant : Adieu, déesse. Je suis veuve et ma vie a déjà parcouru quatre dizaines d'années. Je renonce à ton art et retourne au culte de Cypris, car je sens que mes désirs sont plus puissants que l'âge ! »

On disait que les plus anciennes idoles de la déesse étaient tombées du ciel, parce qu'on les confondait sans doute avec les pierres de foudres, premiers symboles sous lesquels la fille de Zeus avait été vénérée.

Ces idoles, qu'on appelait palladiums, passaient pour protéger les cités. Ilion périt quand Ulysse enleva le palladium des Troyens. Un vers de l'Iliade donne à entendre que ce palladium était une figure assise sur la coupe peinte de Hiéron, où l'on voit Ulysse enlevant le palladium. La déesse est représentée sur le bras gauche du héros, debout, au contraire, l'égide à l'épaule, agitant sa lance, et telle que la décrit l'hymne homérique.

« La ville d'Athènes, dit Pausanias. est en général consacrée à Athéna, ainsi que tout le pays. Car dans les bourgs même, où l'on honore plus particulièrement certaines divinités, on n'en rend pas moins un culte solennel à Athéna. ilais de toutes les statues de la déesse, la plus vénérée est celle qu'on voit dans l'acropole. Déjà même elle était l'objet du culte de tous les peuples de l'Attique avant qu'ils se fussent réunis. L'opinion commune est que cette statue tomba jadis du ciel.

C'était sans doute une statue de bois très antique, un de ces xoanoiis qui gardaient du tronc d'arbre dans lequel des mains rudes les avaient taillées, une roideur barbare. Il subsiste un dernier souvenir de ces formes rigides dans l'Athéna des frontons d'Egine.

Cependant, il existait dès lors un type archaïque de l'Athéna guerrière, dont le palladium de la belle

L'Athéna Farnese

Xti/ites, Musi'c XitCiiinai.

te i Acropole

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