‹ L'Art et les artistes (volume 5)Chapitre 32 sur 186 · BEXOIS — LA COMÉDIE ITALIENNE · texte numérisé non relu

BEXOIS — LA COMÉDIE ITALIENNE

de S. M. Nicolas II, de IMprogoff et de Korovine, artiste d'un coloris puissant et d'un dessin correct. Pasternack, Rohrich sont également parmi les meilleurs.

Benois.l'érudit historien de l'art russe, nous montre des gentilles petites scènes de Versailles du Roi-Soleil, pleines de mignardise et d'esprit, Maliavine étonne par la puissance de son ton, Elisabeth Baklund donne un très bon portrait intitulé Patinage.

Wroubel, le grand décorateur russe dont l'œuvre si variée a quelques analogies avec Gustave ^Sloreau dans les aquarelles, est le peintre fantasque et étrange de vieilles légendes et de contes russes dont il se plaisait à immortaliser les héros.

N'oublions pas MM. Bakst, Grabar, Juon et ses paysages, le portrait de Chaliapine par Korovine, Koustodiev et ses portraits du comte Witte et du comte Ignatieff, la série des paysages de Lewitan d'une infinie tristesse, les excellents types russes si consciencieusement étudiés de Riabouchkine, l'œuvTe entière si fine, si élégante et

si réaliste en même temps du sculpteur prince Trou betzkoï.

Si l'art ancien russe, ou plutôt si les artistes russes du siècle précédent offrent une manifestation d'art très intéressante où se reconnaît si puissamment l'influence de l'art français, les artistes modernes, j'ose le dire, ne m'enchantent guère. Rien de bien personnel, rien qui vous fige sur place devant le cadre, avec ce frisson d'une véritable émotion artistique. Malgré l'incohérence des maîtres de la butte Montmartre, les artistes français de cette école, ou plutôt de la même tendance, ceux pour qui la seule excuse est « qu'ils cherchent une formule et un idéal nouveau » sont bien supérieurs à leurs imitateurs russes.

Un manque de sens esthétique, un manque de culture artistique fait jour chez les jeunes artistes russes à travers ces récherches bizarres, où une brutalité ingénue, le peu de raffinement et de subtilité n'interviennent pas pour pardonner le snobisme voulu et cette course effrénée au « pas encore vu. »

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