‹ L'Art et les artistes (volume 5)Chapitre 39 sur 186 · JJ · texte numérisé non relu

JJ

a pas à sortir de là : l'enfant, plastiquement, est raté. Il ne faut pas trop s'en désoler, il se rattrapera dès que Raphaël l'aura mis en nourrice.

Et puis après tout, peu nous importe, la présence d'une « convention d'enfant » suffit dans une composition aussi admirable que celle de Piero délia Francesca, à la National Gallery. Ah ! le gi-and maître que le décorateur d'Arezzo ! Qu'il est prenant ! qu'il vous saisit et vous subjugue par son unique mélange d'âpreté et de douceur ! Comme on l'a calomnié au Louvre en lui infligeant l'attribution de la Vierge de laTrémouille!

Le prodigieux poète, qui a inventé l'Eve vieillie, le peintre clair qui n'a repassé sa palette à personne, à personne vous entendez bien , se retrouve ici tout entier, avec sa conception troublante du paysage, avec la grandeur de sa mimique dans le geste des bergers .

avec ses fulgurances de grâce dans le groupe, unique à travers tout l'art, de ces anges don- ' neurs de sérénade, avec enfin l'intensité de son sentiment, dans cette vierge agenouillée, qui a de si belles mains, de si parfaites draperies, dignes de Phidias, une tête si simple, si douce et digne de tous les respects.

Peu à peu, avec les tendances modernes, on voit poindre dans les Nativités un caractère plus gai, plus anecdotique. Aux émouvantes et sévères adorations des Giotto et de> Fra Angelico succèdent de riantes et aimables festivités. On ne veut plus voir l'angoisse et la ferveur, mais seulement la joie.

Témoin le tableau de Fion'i;zo di Lorenzo. L'art

Page 1