ETUDE DE FEMME
Corot ne fixe pas ses figures, il ignore le durcissement de la matière et de l'attitude, il ne veut pas peindre en trompe-l'œil les vêtements.
Pour lui, il ne faut pas se lasser de le redire, tout est forme et valeurs, et il se place devant la figurehumaine comme devant un pa^-sage.
Il peint le corps et les vêtements comme il peint les terrains, les feuillages et les nuées, et il a fallu vraiment chez les critiques et les amateurs de son temps un singulier parti pris, ou une indif- • férence par trop ignorante pour dédoubler cette personnalité d'artiste si une, si complète, pour exalter le pa3'sagiste aux dépens du figuriste.
Comme si les figures étaient rares dans les paysages de Corot !
Ce qui est rare, c'est un pa3'sag2 de Corot sans figures, et les admirateurs des paysages devaient bien admirer aussi les figures qui jouaient modestement, mais savamment, leur rôle dans
ces ' ens?mbles si savamment orchestrés.
Une silhouette, un geste, un %dsage, une main, c'en était assez pour indiquer un être humain dans la lumière du matin ou du soir, parmi les lueurs et les reflets du feuillage, de l'eau et du ciel.
Alors, c'était donc aux figures séparées que l'on en voulait ?
Evidemment oui, en vertu de ce décret sur les spécialités qui régit en France, de notre temps, le monde de l'esprit et de l'art.
Autrefois et ailleurs, un artiste pouvait se manifester librement dans tous les genres. On a change cela, et Corot peintre de figures a été dédaigné et proscrit.
Je ne voudrais pas tomber dans un excès opposé à c:lui qui était tout à l'heure reproché aux critiques et aux amateurs du temps de Corot, mais tout de même, lorsque je songe à certaines grandes figures, entrevues il V a des années, et qui ont probablement passé les mers, ou qui sont enfouies dans des collections inconnues, je serais tenté.