PORTRAIT DE LA PRINCESSE BELGIOJOSO
de ravissants paysages d'Hervier, d'un Cals, d'un Deveria, d'une aquarelle limpide d'Eugène Lami, ce spirituel analyste de la vie mondaine et officielle du Second Empire, qui traita dans de petits cadres, avec un dandysme désinvolte, la vie factice des galas, des bals, l'élégante cohue des sports et de i'hippisme ; voici ensuite de larges et accentués crayons d'Eugène Delacroix; un Daumier digne de figurer auprès de l'Amateur d'estampes et de la Rue Transnonain ; bien qu'établi en taches blanches et noires, ce dessin décisif, est d'une couleur inégalable, obtenue par le simple jeu des valeurs, où s'accusent les plans, les volumes, les saillies et les lointains. Théodore d'AHgny, l'auteur
trois dessins de Ingres, l'un fait pour le Couronnement d'Homère (variante de V Apothéose); un autre d'une étonnante souplesse, pour la Maladie d'Antioche.
M. Arthur Chassériau a donné deux dessins, d'un trait libre et néanmoins précis, de Théodore Chassériau : il est vraiment temps qu'on estime à sa valeur, qui fut très haute, ce bel artiste qui tenta de concilier (non à la manière des éclectiques bolonais, mêlant tout dans leur ardeur brouillonne, mais savamment) ses deux maîtres également chéiis, Ingres et Delacroix. \'ous ne saunez trop admirer les deux portraits qu'on nous soumet de Chassériau, la Princesse Belgiojoso. aux yeux de gazelle, roma-
JOHN SARGEXT — a VEMSE (aquarelle-)
ALBERT LEBOURG — le port de la Km heu. e ii.:'-'u,. Ir-i
nesque et romantique, et le Lamartine svelte et d'un aristocratisme hautain.
L'influence ingriste (Chassériau avait reçu l'enseignement d'Ingres, en 1841. à la \'illa), y est marquée.
Nous rencontrons ensuite deux aquarelles de Dufeu. Le nom de Dufeu que des amateurs tels que MM. Rouart. Henry Marcel, ou Mme Esnault-Pelterie, ont su de longue date retenii, mériterait, de la part du grand public qui l'ignore, une réhabilitation.
Dufeu fut l'ami de Chintreuil. de Corot, de Courbet, l'émule de \'ollon et parfois de Fromentin ; il possédait un talent brillant, inégal : comme peintre de chiens il dépasse Joseph Stevens ; comme mariniste et descripteur de Marseille ou de la Cité des Doges il s'apparente aux plus forts, et devant certaines de ses Venise, d'un émail translucide, c'est à Guardi que j'oserais presque le contronter. En ses aquarelles, — et deux aquarelles de Dufeu nous sont ici piésentces, il atteste des dons singulièrement riches de mise en place juste et de nerveuse maestria.
Rien à dire des dessins de Vierge; c'est le mouvement même de la vie : les foules chez l'illustrateur tour à tour épiqie et jovial de l'Histoire de Don Quichotte et de Pahlo de Se govie, sont grouillantes, palpitantes ; l'intensité d'être y est prodigieuse ; l'imagination, la variété, l'imprévu, quasi déconcertants.
Ces dessins, soit de la main droite, puis, après la paralysie qui terrassa l'artiste, tracés de la main ''i gauche, sont cer-
nés d'un robuste \ contour, écritsen ^^.^ vue de l'inter- . ■,' prétation xylo-
'-' graphique, car
HENRI MARTIN Vierge, émule de
PORTRAIT DE J.-P. LAURENS Lepère, fut, OU
(Étude pour 1.1 décoration du Capitole) l'a dit, de ceu.X