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LE SALON DES MARECHAUX

teur général des bâtiments de Sa Majesté, commença la construction du somptueux édifice dans la plaine de Grenelle, dont une partie du terrain fut nivelée plus tard afin de servir aux évolutions des élèves de l'Ecole et des troupes de la garnison de Paris : cette partie prit le nom de « Champ de Mars ». Il ne nous est pas loisible d'étudier en ces notes brèves le génie de Jacques-Ange Gabriel (1710-1782) qui laissa une œuvre considérable, dont notre Ecole d'architecture tira une gloire légitime.

A une période où Denis Antoine dressait les plans de l'Hôtel des Monnaies, où Louis achevait le

bâtiments distincts, qui offrent une perspective d'une noble et élégante simplicité.

Le pavillon central est flanqué, à droite, d'une aile réservée à l'infanterie et à gauche d'une autre aile formant caserne d'artillerie. Les deux derniers pavillons se répètent du côté opposé.

Le principal corps de bâtiment, comme l'indique l'inscription tracée au fronton, constitue 1' « Ecole supérieure de guerre ». Il est décoré, sur ses côtés, d'unordre de colonnesdoriques, surmonté d'un ordre ionique. Au milieu s'élève un avant-corps d'ordre corinthien dont les colonnes régnent sur les deux

LA SALLE DES iL\RÉCH.AUX LA CHEMINÉE (VUE DE PROFIL")

étages. Cet avant-corps est surmonté d'un fronton qui s'unit par un attique à un dôme orné de fort belles sculptures de d'Huez. Chacun des quatre côtés du dôme supporte une horloge. La principale, qui fait face au Champ de Mars, s'encadre de deu.K figures de femmes accoudées, personnification probable des heures ; les autres horloges s'encadrent de chutes de fleurs. Le dôme est surmonté d'un belvédère, et des lucarnes ornées de cimiers se répètent deux par deux aux quatre faces du dôme.

Bordée au sud d'une grille qui laisse apercevoir la perspective de la place de Fontenay et de l'avenue de Saxe, la cour d'honneur est admirable par son portique à colonnes que terminent deux pavillons à ses extrémités.

On y remarque encore la grille, reuvre d'un travail parfait, mais dont le fronton a perdu son cartouche armorié.

Au centre, le vestibule, orné de quatre rangs de colonnes d'ordre toscan, fait communiquer l'avenue en bordure sur la façade et la cour d'honneur. Autrefois, les statues de Turenne, par Pajou, de Condé, par Leconte,

du maréchal de Luxembourg, par ^louchy. du maréchal de Saxe, par d'Huez, l'ornaient. Le second Empire les a remplacées par des œuvres similaires.

Les appartements intérieurs du pavillon subsistent à peu près tels qu'ils furent disposés par Gabriel. A gauche du vestibule du pavillon central se trouve la chapelle, convertie de nos jours en magasin d'habillements pour les troupes. La voûte en berceau s'appuie sur des colonnes corinthiennes. Jadis on pouvait voir, dans les entre-colonnements, onze peintures relatives à la vie de saint Louis.

A droite du vestibule, on se rend aux grands appartements que dessert un superbe escalier à rampe en fer forgé, chef-d'œuvre sans analogue de la ferronnerie française au siècle dix-huitième, où pourtant le travail du fer offre tant de merveilleux spécimens.

Au premier étage, à gauche du palais, on entre dans les appartements de réception dont les splendides ornementations se sont conservées intactes.

Le salon des maréchaux, jadis chambre du Conseil et salon d'apparat, peut rivaliser

l'esc.\lier d honneur

avec les plu? belles pièces des appartements de Versailles.

Autrefois, il contenait, paraît-il, un magnifique portrait de Louis XV par Van Loo ; aujourd'hui, il ne reste plus que les quatre compositions de Le Paon, destinées à conserva" pour la postérité les images de sièges et de batailles livrées sous le règne de Louis XV : FontenQ\% Lawfeld, Tournai, Fribourg.

La beauté et le charme de ce salon des maréchaux doivent être signalés notamment. Sa décoration, comme l'art délicat des salons avoisiilants, appartient à une époque intermédiaire entre les grâces minaudières et affectées' des premières années du xviii'' siècle et le style de l'Ecole néo-grecque qui devait atteindre son plein épanouissement. C'est un art de transition dont on ne peut trouver nul autre exemple dans nos palais nationaux, à Paris du moins.

Toute la décoration est conçue dans une note blanche rehaussée de dorures. Les attributs militaires , les guirlandes et les masques de lion sont l'objet de motifs variés. On ne se lasss point d'admirer des panneaux sculptés sur lesquels des trophées de couronnes, de guirlandes et d'instruments de guerre se détachent en or. Les proportions grandioses de la cheminée, le cadre sculpté de la glace qui la surmonte, la profusion des guirlandes et des mascarons de bronze, le plafond en voûte, soutenu par une corniche à ornements guerriers, forment un décor incomparable où la vigueur et la grâce s'unissent harmonieusement.

Les pièces du rez-de-chaussée, occupées par la magnifique Bibliothèque, ne sont pas d'un art moins délicat, mais l'ornementation n'en est pas aussi somptueuse. Rappelons que l'Ecole militaire a subi des vicissitudes nombreuses et diverses. Dissoute le i*"" février 1776, elle fut rétablie l'année suivante. Le 9 octobre 1787, on la supprima et l'architecte Brongniart reçut mission de procéder aux transformations nécessaires pour faire de l'édifice un nouvel Hôtel-Dieu. Heureusement, la Révolution survint... En 1793, toutes les écoles militan-es sont supprimées et remplacées par une école unique ; r « Ecole de Mars ».

La Convention Nationale décréta la vente des biens formant la dotation de l' Ecole militaire. On installa dans les locaux du rez-de-chaussée un quartier

de cavalerie et certaines salles devinrent les magasins d'un dépôt national de farines.

A la veille du Consulat, Napoléon Bonaparte y établit son quartiergénéral, et pendant quelques années on put lire sur le fronton delà façade du Champ -de- Mars : « Quartier Napoléon ».

Sous le premier Empire, la garde impériale y tient son casernement, et, en 1S15, est remplacée par la garde royale des ^Bourbons .

Le second Empire lait abattre les deux bâtiments en aile qu: flanquaient la façade principale. Tous deux étaient ornés de deux frontons décorés de grisailles peintes à fresques par Gibelin. Reconstruits, ils logèrent les régiments de la garde et leur chef, le maréchal Bazaine, de triste mémoire...

De nos jours, dans le pavillon central de l'Ecole supérieure de guerre . survivent seules les splendeurs de l'art de Jacques- Ange Gabriel; les autres constructions abritent les troupes du gouvernement militaire de Paris et demeurent ainsi fidèles à leur destination primitive...

Edouard André.

U; S.\LON des M.A.RECHAUX,

MOTIF d'ornementation'

Panneau décoralil.

CoU.Ch.-L.r.ardon.

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