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RICHESSES D'ART INCONNUES

L'Ecole Militaire

A l'extrémité ouest du faubourg Saint-Germain, -**■ s'ouvrent des avenues superbes et spacieuses, aux noms évocateurs de gloire militaire, noms qui suggèrent des visions de conquêtes lointaines ou ■rappellent l'épopée de la vieille monarchie fran-

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L ECOLE MILITAIRE (Façade du pavillon central)

çaise : la Motte-Picquet, Tourville, Lowendal, Suffren, La Bourdonnais...

Ces avenues conduisent à l'admirable et majestueux chef-d'œuvre de Jules-Hardoum Mansard, à cet Hôtel des Invalides, qui est aussi — comme Versailles — « le tombeau où dort la royauté ». Et si, après avoir contemplé ce type de l'architecture du règne de Louis XIV, dans sa magnificence somptueuse et austère, l'on s'engage dans l'une des avenues qui le relient au Champ de Mars et à l'Ecole Militaire, on ne peut s'empêcher d'admirer la perspective élégante et grandiose de l'œuvre de Gabriel et d'opposer à l'architecture lourde et fastueuse des Invalides les lignes harmonieuses et d'une richesse sobre qui caractérisent l'Ecole militaire.

Ce vaste monument nous offre, dans presque toute son intégralité, l'esthétique de l'art monumental du déclin du règne de Louis XV. C'est l'époque où le souci du style, la pureté des lignes, une noblesse harmonieuse non exempte de grâce se substituent au style rocaiUe et aux ambitions prétentieuses des années de la Régence. Et de telles réformes sont accomplies, contrairement à l'opinion courante, sous l'impulsion de Mme de Pompadour et son frère Abel-François Poisson, plus connu sous le nom de marquis de Ménars et de Marigny, qui venait de succéder à M. de Tournehem comme surintendant des bâtiments royaux.

La marquise, jalouse de la gloire du roi, résolut d'user d'énergie et de persévérance en vue de la

consti'uction d'un édifice qui put rappeler à la postérité le nom de Louis le Bien-Aimé en l'attachant à une imposante et généreuse institution.

Grâce au concours de son ami Marc-René de Paulmy, marquis d'Argenson, qui était alors ministredela guerre, elle put faire signer à Louis XV, en janvier 1751 l'édit royal ordonnant la fondation de l'Ecole militaire. L'institution fut consacrée aux jeunes gens de noblesse peu fortunés, dont les pères étaient morts au service du roi. En 1752, Jacques- Ange Gabriel, premier architecte du roi et inspec-

Palais Royal et présidait à la construction du Grand-Théâtre de Bordeaux, où Jacques-Ange Gabriel lui-même concevait le plan général de la place Louis XV (la place de la Concorde de nos jours), remarquable par les deux colonnades du Ministère, de la ]\Iarine et de l'Hôtel Grillon, l'Ecole militaire, terminée en 1773, venait résumer avec magnificence et précision les tendances nouvelles, qui s'introduisaient dans les dispositions architecturales depuis un demi-siècle.

La façade de l'Ecole comporte cinq corps de

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