FAÇADE DES MAISONS (PROJET H. PROVENSAL
Rothschild : il a été l'occasion d'un effort précieux et important dans le sens du perfectionnement des conditions d'hygiène, de confort et de bon marché des habitations pour la classe ouvrière ; d'autre part, ce résultat a été obtenu sans abandonner l'intérêt de l'aspect extérieur. Il importe de manifester l'importance de cet acte de philantropie éclairée ; en même temps qu'elle soulage d'immédiates misères elle trouve un puissant agent de perfectionnement social et moral ; pourvus par la bonté des fondateurs des moyens matériels d'action, ces sociologues pratiques, J. Siegfried, G. Picot, Cheysson et d'autres, peuvent ne point cantonner dans le domaine spéculatif leurs rêves de progrès ; et si dans les constructions élevées sous leur contrôle les conditions d'hygiène conduisent à un meilleur état physique des habitants, il y a fort à penser que par surcroit leur oeuvre sera de santé morale.
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Les deux projets reproduits ici sont ceux de M. A. Rey (i^ prime) et de M. H. Provensal (2^ prime).
L'inspection des plans montrera quel problème délicat se posait dans l'utilisation de ce vaste terrain (il a 5.630 mètres de surface et se trouve situé sur l'ancien emplacement de l'hôpital Trousseau, faubourg Saint-Antoine).
Il a été fort justement réservé dans cette sur. face une portion laissée en cours ou squares assurant aux locataires une quantité d'air et de lumière suffisante ; en même temps, grâce à certains arrangements, on y trouve des espaces réservés aux jeux des enfants, séchage du linge, etc.
L'étude détaillée de chacun des projets reproduits vaudrait à elle seule un long article et sortirait de notre cadre.
Aussi bien nos lecteurs liront eu.x- mêmes sur ces planches ce qu'il y faut voir et ils se rendront compte en particulier de la satisfaction donnée à une des clauses du programme visant cet écueil redoutable aux habitations ouvrières de grande étendue, l'uniformité, la monotonie. «Il est recommandé, disait la fondation, de veiller à ce que l'ensemble des constructions ne puisse en aucune façon évoquer l'idée de la cité ouvrière, de la caserne ou de l'hospice ; on évitera les couloirs communs et un accès direct sur des paliers largement éclairés sera assuré à chaque logement d'un même étage. »
Les concurrents primés y ont pourvu d'une manière absolue. Ils ont de même assuré pratiquement l'installation demandée de services généraux, chauffage, installation de force motrice, buanderie, séchoirs, bains, etc.
Nous donnons de plus un détail du plan de chaque logement type montrant avec quelle ingéniosité et quel sens pratiques la distribution en est faite en ménageant les meilleures conditions d'hygiène et d'agrément dans l'habitation.
Enfin, M. A. Rey a bien voulu nous permettre la reproduction du croquis perspectif montrant le genre de construction qu'il désirerait adopter pour les façades, construites en agglomérés ; elles tirent uniquement leur très grand intérêt du mouvement des saillies et du jeu des pleins et des vides ; la prévision de séchoirs à l'étage des combles a permis l'étude d'un couronnement original et charmant. Badigeonnées à des intervalles rapprochés ces façades claires et propres, égayées par dessgraffitti, éveilleraient l'idée d'une habitation heureuse et simple.
Nous devons en terminant remercier MM. Rey et Provensal de la communication qu'ils nous ont faite de leurs remarquables études.
G.-J. Maugue.
Le Mois archéologique