DE LOUIS XIV
TLa j)aru, dans le tome XXXI des Mémoires de l<i ^ Société de l'Histoire de Paris, une étude fort intéressante de M. Léon Mirot sur « Le Bernin en France, les travaux du Louvre et les statues de Louis XIV ». Elle éclaire singulièrement les rapports de l'art italien et de l'art français au xyii^ siècle. En janvier 1664, Colbert est nommé surintendant des bâtiments : il veut donner un regain d'activité aux tra- \-aux du Louvre, qui lui semblent faire diversion aux entreprises folles de Versailles. On demande un projet à l'architecte Le Vau, et, devant l'insuccès de ce dessin, on s'adresse au Bernin, par l'intermédiaire du duc d'Estrées, ambassadeur de France à Rome, de l'abbé Benedetti, agent de Mazarin et Colbert, du Poussin. En même temps qu'au Bernin, on fait appel à Pierre de Cortone, à Rainaldi, à Candiani.
Le cavalier Bernin, né en 1598 à Xaples, était alors le chef de l'école italienne, le décorateur de la Rome du .wii" siècle. Tous les papes l'avaient favorisé. En 163g, Charles F"'' lui demandait son buste ; en 1641, il exécutait celui de Richelieu. En 1645, Mazarin essayait de le faire venir en France. Les rapports étaient fréquents entre la France et l'Italie, favorisés par Benedetti. l'agent de Mazarin, de Lionne et de Colbert ; par l'abbé François Butti, sorte d'agent secret politique ; par le cardinal Barberini ; par Vigarani, représentant du duc de Modiène à Paris après l'avoir été à Rome ; par le cardinal Chigi. En 1661, Le Bernin avait dessiné les machines de la fête de naissance du Dauphin ; en 1662, il déclinait une nouvelle invitation de la cour de France, occupé qu'il était depuis 1656, à la colonnade, et depuis peu, à la chaire de Saint-Pierre. S'agit-il alors de Versailles ou du Louvre ?
En tout cas, en février 1664, le roi s'installe aux I uileries pour donner toute facilité aux travaux. Colbert écrit au Bernin, et au.\ trois autres architectes italiens déjà cités, pour leur demander : 1° leur sentiment sur les plans de Le Vau ; 2° quelques indications personnelles. Le duc de Créquj-, ambassadeur de France, devait stimuler le zèle des artistes en leur distribuant au fur et à mesure le contenu de quatre cassettes. En juin. Le Bernin avait terminé ses dessins ; en juillet, Landiani et
Rainaldi li\raient les leurs ; en septembre, Pierre de Cortone, retardé par la maladie, préférait
envoyer son ])rojet directement en France.