ALLEMAGNE DU SUD
T 'exposition internationale des Beaux-Arts de '^ Munich a fermé ses portes.
La France, la Belgique, la Hollande. l'Autriche, la Hongrie. l'Angleterre, la Suède, le Danemark, la Suisse, l'Italie, la Roumanie et les Etats-Unis y fm'ent représentés, les uns bien, les autres mal, selon les compétences et les goûts des jurys nationaux, sans immixtion de ceux du Glaspalast, lesquels n'avaient à fonctionner qu'à l'égard des envois allemands, chacun dans son domaine : Société des Ariisles munichois. Sécession, Scholle (traduction httérale : la Motte), enfin Luitpoldgroupe. de tous le plus harmonieux, le plus sérieu.x, le seul également dépourvu d'artistes excentriques ei; de retardataires et le mieu.x aménagé. Une société qui s'honore de noms comme ceu.x de MM. Hans van Bartels, un merveilleux poète de la mer. de la vie des pêcheurs, Hermann Urban, le symphoniste grandiose et mélancolique de la campagne romaine. Cari Marr, un portraitiste d'intérieur et de plein air aussi chercheur qu'indépendant, Raoul Frank, dont la verve descriptive s'accommoda jusqu'ici des falaises anglaises et passe maintenant au.x grasses terres de labour hongroises, Franz Hoch, évocateur des lourds orages et des crépuscules troublants du pays souabe et bavarois, Cari Kiistner, qui a la hantise des miroirs aquatiques et des marécages morts sous les mauvais ciels tristes de l'hiver munichois, WaltherThor, un portraitiste de toute probité, une telle société ne peut pas manquer d'une sorte de s|)Iendeur cossue, de noble homogénéité, et seule elle a l'apanage d'une aussi aristocratique tenue. La Sécession a de belles débauches coloristes : des tempéraments batailleurs et heureux comme ceux de MM. Franz Stuck, le plus romantique des visionnaires archaïques, Hierl-De.onco, un exotique hispano-mauresque et parfois javanais, Angelo Jank, une sorte
do \'elasquez de l'armée bavaroise, Ludwig von Zunibusch, un raconteur d'anecdotes narquoises en grand style, dont les œuvres voisinent étrangement avec celles de l'austère M. Samberger. Les portraits de ce dernier, même les plus bourgeois, ont une sorte de lerribilità à la fois misanthrope et magnifiante. A la Scholle, nous avons affaire à des imaginations parfois encore plus débridées qu'à la Sécession, mais surtout à de joyeux drilles dont il conviendrait de parler en un langage technique et rabelaisien qui n'a pas cours dans les revues de bon ton. On Y peint admirablement, mais on s'y offre de petites cures d'extravagances, fort amusantes encore une fois, mais un peu trop spéciales. J'y ai vu le plus scabreux tableau dont j'aie souv-enir; n était signé Léo Putze. Une exposition particulière de Kaulbach et dans un local séparé, l'exposition d'ensemble de l'œuvre de Franz von Lenbach complétaient ces solennelles assises de l'art allemand, que l'on peut confronter sans aucun détriment avec l'art étranger.
La France offrait à l'étude une moyenne d'œuvrescertainement très élevée — la meilleure des deu.x derniers Salons — mais d'année en année son isolement triomphal cesse ; les écoles étrangères qui ont reçu jadis son enseignement et lui en sont reconnais-santes, entendent désormais jara du se, et elles ont bien raison puisqu'elles ont su d'abord se faire. Voyez la Suisse ! Il y a quelques années, c'était encore, art parlant, une presque insignifiante province française. Cette année, tant à Munich qu'à l'exposition de Bâle, elle proclame son indépendance : pourquoi pas, puisque ce qui s'y fait ne re.ssemble presque plus à ce qui .se fait en France et peut-être même n'y aurait pas cours. D'ailleurs, elle po.ssède des artistes de flagrante originalité : un Albert Welti, esprit fantasque et
plein d'humour, un Edouard Stiefel. charmant diseur de Lieder printaniers et déhcats comme des pervenches, lui Giovanni Giacometti, qui, jadis une doublure de Segantini, fait aujourd'hui comme l'école suisse tout entière, devient âprement, obstinément lui-même, sommaire, brutal, emporté et bariolé à plaisir.
La Hollande, la Belgique, l'Angleterre demeurent stationnaires, mais leur belle santé ne dépérit point. Le miracle, c'est l'Autriche : de salle en salle on va de plus fort en plus fort. Voici l'échelle : Artistes viennois, Hagenbund de Vienne, Allemands de Bolièine (c'est-à-dire M. Emile Orlik, presque seul). Sécession de ]'ienne où l'émerveillement commence avec iL Raimund Germela. se poursuit avec la salle tchèque et aboutit à la formidable explosion de joie, à la grande fête décorative et picturale de la section polonaise : MM. Jozel Mehoffer, Stanislaw Wyspianski, Léon Wyczolkowski et Ferdinand Ru.szczyc. Là aussi, nous avons affaire à une école parfaitement constituée et parfaitement viable : tout y est national, de l'arrangement fastueux et simjile, riche et de bon goût, im]irégné de la saveur orientale et de la magnificence des intérieurs boyaresques d'autrefois, jusqu'au sujet du moindre tableautin : ces femmes et ces enfants ne juHivent être que polonais, ces montagnes et ces vallons aussi et jusqu'aux façons de se contracter dans la neige de ces petits sapins et de s'y fouir ces paillottes rhutènes. Malgré de bonnes choses à la section hongroise, il n'y a rien d'authentiquement magyar, sauf quelques jwrtraits. Le véritable art magyar, il faudrait ]ilutôt l'aller chercher dans les écoles d'art appliqué de Budapest qui remportent des succès à Venise mais ne figurent pas à Munich. La Suède, opérée à son dam de la Norvège, car elle lui est artistiquement de beaucoup supérieure, paraît comme le Danemark victime de son jury retardataire et routinier. Il en va de même de l'Espagne, nombreuse, encombrée, pour ne nous offrir qu'un affligeant spectacle, toute découronnée qu'elle fut de ses meilleurs artistes, sauf le seul M. Aureliano de Bernete, l'historien de Velazquez. qui ne saurait commettre de mauvaise peinture.
De Lenbach on a tant parlé que chacun a son opinion faite sur ce psychologue non pareil, cet extraordinaire tritureur de matière, à la somptuosité triste, au dessin incisif et au coloris extraordinairement cuisiné. Son œuvre évoque à la fois toutes les gloires de l'Allemagne contemporaine et toutes les hautaines jihvsionomies de l'histoire de l'art. Elle est une synthèse et une histoire : elle résume les ambitions, impérialistes dans tous les domaines, de la culture allemande politique.
arts, sciences, et elle retrace les fastes d'une société éprise de toutes les grandeurs terrestres. Elle aura plus tard, elle a déjà, l'importance des ilféwoîVgs de Saint-Simon. Et l'on nous annonce un Musée Lenbach : le produit des entrées de cette exposition posthume, sera affecté à cette fin, de même que celui des entrées dans son atelier et sa maison qu'il avait bourrés de collections précieuses. Disons en passant, qu' ce peintre orgueilleux, trop clairvoyant pour ne pas mépriser sincèrement l'humanité, fut préservé de la misanthropie par le succès, l'amour qu'il portait à sa seconde femme, à ses enfants, et qu'il fut l'un des hommes les meilleurs et les plus charitables de nos jours. On ne sait pas assez que ce fut aussi le cas du musicien Brahms, dont on ne connut de son vivant que l'humeur de dogue alors qu'il donnait par les mains de son éditeur presque anonymement tous ses revenus aux pauvres.
Jusqu'au 15 novembre s'est prolongée à Munich ime autre exposition : celle d'art appliqué, aménagée avec beaucoup d'agrément dans le pavillon des études du Musée national bavarois. Trois noms résument l'effort de l'art appliqué à Munich, ces dernières années : ceux de M^I. Fritz Erler. Bernard Pankok et Bruno Paul. Le second est peut-être encore connu en France pour son catalogue des sections allemandes à l'Exposition universelle de 1900. Dans ce cas, il sera facile de donner le signalement de son ceuvre : meubles, boiseries, cadres, illustration, marquetterie, c'est toujours le même système ornemental. M. Erler vise à l'extrême simplicité et à l'étrangeté par la nudité. Je préfère à tous M. Bruno Paul. La caricature décorative est peut-être un genre spécialement allemand qui vaudrait une étude spéciale. Ouvrez quelques numéros de Simplicissimus et vous comprendrez aussitôt ce qu'il faut entendre par là. C'est tout un renouveau des arts graphiques que cette petite feuille a déterminé. Sa vaillance n'est égalée que par le talent qui s'y dépense. Et cependant, MM. Cari Schmoll von Eisenwerth, H. -T. Heine, Schulze, Welti, Kreidoff, Aloys Kolb, Franz Hoch, M"' Anna May, et tout un groupe de Carlrsuhe et tout un groupe de Stuttgart n'avaient pourtant pas attendu cet élan. Depuis le xvi'' siècle, un aussi prodigieux épanouissement d'estampes remarquables ne s'était pas revu en Allemagne. Or, de tout cela, rien ne franchit les frontières : je crois que l'teuvre grave de Max Klinger est à peine connue en France où les cabinets d'estampes semblent n'en avoir guère cure, alors que les gravures modernes françaises, anglaises, belges et hollandaises ne sont nulle part recueillies avec un soin plus jaloux qu'en Allemagne.
W'il I lAM RiTTER.
Le Mois artistique en Belgique
Sf
M. BAERTSOEN. — LES AQUARELLISTES
JK n'ai pas à vous révéler M. Baertsoen. Il est jiarmi les membres les plus actifs de la Société nationale des Beaux-Arts, et il n'y eut guère, depuis quinze ans, de Salon auquel il ne ])articipât. Il a depuis longtemps une toile au Luxembourg, qui vient d'en acquérir une seconde, le Dégel.
Ce Dégel figure en ce moment à l'exposition particulière de ses dernières ceuvres que M. Albert Baertsoen a organisée au Cercle Artistique de Bruxelles. C'est, me semble-t-il, un chef-d'cEuvre.
Ce peintre, à la fois délicat et rude, — délicat par la vision, par la couleur, par l'émotion ; rude par la matière, par la forme, — ce Flamand de la décadence qui évoque, avec tant de mélancolie, mais avec pourtant la joie de chatoiements et d'harmonies rares, les décors désertés de la très ancienne' vie des villes flamandes, ou qui fait passer dans ces décors la vie présente, lourde du passé, ce beau peintre n'a jamais fait œuvre ])lus complète. Jamais aucune de ses toiles ne montra avec autant de puissance à la fois de métier et d'expression, qu'on peut faire de l'impressionnisme délicat et subtil, fixer l'aspect le plus particulier et le plus fugitif des choses, l'atmosphère d'une heure, tout en fixant aussi, intégralement, avec fidélité et avec force, les formes consistantes.
Le caractère de tout l'œuvre de Baertsoen est là, dans ces deux facultés combinées de délicatesse et de force, dans l'art d'imprimer de la vigueur à la subtilité. Le curieux est qu'A lui faille celle-ci pour atteindre celle-là. Pour arriver à une impression de puissance, il lui faut des aspects de sérénité dans de la couleur discrète, amortie dans de la vie endormie.
Le seul tableau faible qu'U expose au Cercle Artistique est le Qttai des Ménétriers à Bruges, où clament des couleurs ardentes. Tous les autres, le Soir à Gand, le Jardin de l'Asile, tous les coins de Gand. de Bruges ou de l'Ecluse où murmure plutôt du souvenir que de la vie présente, et où les tons amers sont eu.x aussi comme des .souvenirs de couleur, sont, comme les eaux- fortes de l'artiste, des œuvres complètes et par l'émotion et par l'e.xécution, d'une unité sévère et d'une tristesse voluptueuse.
L'ensemble affirme un artiste personnel en pos-
-session de la maîtrise, et fournit un des rares exemples de ce que deviennent les qualités du peintre flamand chez un artiste affine par l'éducation et jiar l'atavisme, j)ar la culture d'aujourd'hui, et aux instincts par conséquent aristocralisé.s mais atiédis.
La vieille Société des Aquarellistes a ouvert ce mois-ci à Bruxelles son quarante-sixième Salon annuel, auquel participent de nombreux artistes étrangers, notamment La Touche avec un très beau portrait, ardent et mystérieux. Il y a dans ce Salon, beaucouj) de choses honnêtes sans originalité. Il y a i)ar contre quel(]ues œuvres tout à fait remarquables, notamment l'important envoi de M. .\lfred Delannois qui, à côte de ses majestueux et troublants intérieurs d'églises, de ses nonnes en prière dans la lumière diffuse, furtive des chapelles, montre cette fois une série de « portraits psychologiques », bizarrement travaillés, d'une facture à la fois simpile et déroutante et d'une expression extraordinairement intense, inquiétante, anormale ; le portrait d'un peintre, grave, impérieux, onctueusement peint, merveilleusement enveloppé d'une atmosphère chuchotante, de M. Jakob Smits ; une image exqui.se d'esprit et de pittoresque, et de précision caractéristique, de M. Amédée Lj'nen, une belle page de l'Allemand, Von Bartels, d'autres de MM. Verheyden, Robin.son, Bartlett, Staequet, Cassiers, Hytterschant, de JI""^ Gilsoul-Hope, de MM, Titz, Théo Hannon, Loreda, etc.
Une disparition (ju'il faut signaler parce qu'elle laisse un grand vide dans l'école belge : celle d'Isidore Verheyden, paysagiste et portraitiste, l'un des derniers survivants du célèbre atelier Portaels qui .sont autant d'artistes de valeur. Verheyden, avait été parmi les premiers qui orientèrent leurs recherches vers le luminisme. Il avait fait partie du fameux groupe des XV et la vigueur, la conscience scrupuleuse de son art en avaient gardé une grande hardiesse et une grande sincérité.
Il était titulaire du cours supérieur de peinture de l'Académie de Bruxelles. II n'était âgé que decinquante-neuf ans.
Échos des Arts
II, f.iut compter parmi les plus intéressantes manifcs- « La connaissance des maîtres nous confirme dans
tations artistiques du mois dernier la conlérence des traditions qui ne sont pas des chaînes, mais des
faite, devnntun public très nombreux à V licolc pruhijiic chaînons formés par les générations successives.
il'Eiisi'ioiii-iiu-iil iiutliifl di'S Àris, 4-\. rui: di:V.i:nnci. p.u- v Je prévois, au contraire, que nous pourrions
le maître peintre Albert Besnard. bien être les primitifs pour Taxenir.
Le sujet traité était : De Li iiccc\sili' d'clrc vrai en iiii. v L'ère actuelle marque un prolond chanoement Nous sommes heureux de pouvoir mettre sous les dans les conditions de la vie ; tout s'accélère dans le yeux des lecteurs de I^'Aii cl /(■< JrUsIci quelques sens de la puissance, dans celui de la vitesse, celle de passages essentiels de cette belle conférence, où le la pensée aussi bien que celle des forces, si bien que grand artiste se révèle comme un brillant et subtil la science a bouleversé le monde et notre art avec orateur, dont l'éloquence esthétique lait involontai- lui. Lomd de pensées et de spéculations, ivre de senrement penser .1 celle de Revnolds. M. Albert Besnard sations élargies, riionime est toujours celui dont le sera pour l'Académie, en même temps qu'un très premier éveil à l'intelligence s'est manifesté par le précieux collaborateur d'art, une inestimable recrue dessin. L'homme fera de l'art jusqu'à extinction de sa oratoire. race; actuellement, il se cherche à nouveau comme il Qu'on en juge par ces quelques extraits : s'est toujours cherché aux époques de renouvellenient; stm ait, où certains croient démêler des signes
V Un vieux symbole a fait de la \'érité ime déesse de décadence, serait donc au contraire un balbutie-
toute nue, vivant au fond d'un puits d'où elle ne sort ment.
que pour causer aux hommes de grandes ou de désa-
gréahles surprises. „ Avez-vous remarqué. Messieurs, dans vos visites
«Elle m'est toujours apparue à moi fort parée. aux musées, combien les portraits attirent vos regards
N'a-t-elle pas pour vêtement le manteau admirable ^^ retiennent votre esprit ?\'ous êtes-vous dit^qu'il
de la nature, et, pour parure, l'éclat de nos passions ? f.jH^^it ^u'^,, nbi^au fut dix lois mieux qu'un portrait
<. 11 me semble que le symbole est périmé. La \'é- p^u,. ^.^^y, iméresser autant? Peut-être la raison est-
rité de nos jours est une ^'érité vêtue, très remuante ^q]^. ^,,, ^.^.^-j . q^,^. ^^, ^^^^^ Lbomme aime le mieux
et très voyageuse, que vous, moi, rencontrons ;\ toute j,^,^, i^, nature, c'est encore lui-même... en tous cas,
heure. Et, si nous ne la reconnaissons pas, c'est que n ,^ cherche partout et la nature ne l'intéresse qu'au-
nous l'imaginons où elle n'est pas. Serait-ce qu'en j.,„t qy-, j'^. £,.^3^,.^ ^^^^■ ^^.i^^ ^^^ ^j ^.,..,i^ ^^g 1^,5
éalité elle n'a pas de domaine fixe? Oui et non, car pei„„-^.s de "paysages les ont toujours animés par la
" habite au muhiplecojur des hommes; seulement pi-^,e„e^. de quelque petit humain, en lequel
r elle
sans
l'artiste la fait surgir dans ses œuvres par la puissance j-^.,, j^,^^,. probablement, ils ont symbolisé réternel
de l'amour, l'amour qui est le choix sans lequel s'é- spectateur que nous sommes.
tioleralt l'espèce, le choix, véritable raison de notre ,, , ^. p„,t,-,,it ...t donc né en même temps que le besoin de créer dans l'art et dans la vie. tableau, du besoin qu'a l'homme de se perpétuer. A toutes les époques, il accompagne le tableau ; il a
<• Il ne saurait donc y avoir d'idéal immuable, mais suivi l'art dans toutes ses fîuctuations. 11 tut hiéraun idéal successif et permanent qui renlernie tour à tique au moven âge, mystique, décoratif', anecdotour et tout ensemble la totalité des vérités éter- tique, naturaliste aux époques suivantes. Somptueux '"••^l'es. en Italie, intime en l-'landre, en France, en Angleterre, etc., partout reflétant le génie de son époque,
<• Comment faire de l'art à notre époque? s'écrient point de repère de l'histoire .1 laquelle il est aussi
quelques-uns a\ec découragement. Nos musées regor- nécessaire que le flambeau dans les ténèbres, car,
gent de chefs-d'evuvre de toutes les esthétiques et de sans lui, l'humanité ne serait peut-être qu'une légende,
tous les temps. La nature ne peut plus nous inspirer Le portrait explique, il renseigne, il marque les étapes
que des émotions stvlisées. ilu temps, par les plu'sionomies, par le costume, par
(. Comment la voir autrement qu'.ï travers les l'attitude. Il représente les préférences de l.i race et la
maîtres : déformation causée p.ir l'habitude de la pensée ou de
«Ces découragés se trompent. La hantise des grands l'action. Il est quelquefois nul, ce qui est encore une
ancêtres ne trouble que les stériles, ceux-là qui, sans manière de s'exprimer. Certains portraits racontent,
eux, n'auraient pas même éprouvé la tentation de d'autres se taisent, — ce sont les plus beaux, — d'au-
produire; elle vivifie les artistes authentiques, dont très ne sont que des apparences, et c'est ceux-là que
r.idmiration cherche des exemples el non pas des préfère la foule, modèles. « Au début, l'artiste croyait qu'il sulfisait de mettre
toute sa passion à reproduire un homme. Plus lard, son modèle attendit de lui la représentation de l'invisible, de son moi caché ; plus tard encore, il exigea de lui qu'il néglige le trait pur pour donner tous ses soins à la physionomie. Dès lors, commence un duel entre l'artiste et son modèle qui se dérobe, rêvant la reproduction de son individu, bien plus suivant les apparences qu'il s'attribue que d'après la réalité de sa tigure. 11 contrelait ses attitudes et voile son rega ni .
« Ceci n'est pas la moindre erreur que nous ait apporté le romantisme, qui rêvait l'annoblissement du personnage, non par l'exaltation de son type, mais au nom d'oii ne sait quelle esthétique qui prétendait trouver l'individu en dehors de lui-même, lut-ce au mépris de la reproduction ]uste de ses traits
« Heureusement que devant celte théorie, un Ingres montait une garde sévère. Mais encore, malgré lui, combien d'Ossian en collet monté virent le jour, combien de Galilée, combien de jeunes honunes refaits à rimage de l'homme au gant!... 11 ne faut pas réveiller les morts, surtout pour leur dire des choses désagréables. Aussi ne citerai-je aucun nt)m. D'ailleurs, ce n'est pas tout à fait la faute des artistes ou de leur modèle, mais plutôt celle de l'instabilité de notre société actuelle, qui se di\ise en ime infinité de catégories. »
Contre l'incendie du Louvre.
Dans son très intéressant rapport sur la protection du Louvre contre l'incendie, M. Gaston Menier, député de Seine-et-Marne, indique les mesures suivantes à prendre pour prévenir le désastre.
Espérons que la bonne volonté de M. Clémentel, et la clairvoyance passionnée de M. Dujardin-13eaumetz, pour tout ce qui touche aux choses de l'art, feront le nécessaire, et que, cette fois, l'éloquent et impressionnant appel de M. Gaston Menier sera entendu. Il n'est que temps.
Mtsiiirs très iirgenlcs :
1° Déménagement du Ministère des Colonies et son transfert dans l'immeuble des frères de la rue Oudinot ;
2'^ Compléter les movens de secours deiuandés par les sapeurs-pompiers sur les quais du Louvre et des Tuileries. Brancher les bouches d'incendie installées cour du Carrousel sur une conduite de2oo milliiuètres ;
3° Sectionner les combles par des cloisons en briques, de manière à localiser le feu et empêcher son extension ;
4" Suppression de tous les ateliers de rentoilage, réparation, menuiserie, collage, etc., et leur installation au dehors ;
5" Exiger que les chevalets des copistes soient en bois injecté et limiter le délai de leur dépôt en prenant les mesures nécessaires pour en éviter l'accunuilation ;
6" Ne tolérer que l'éclairage à l'huile et dans la plus petite mesure possible;
7" lùifermer toutes les matières combustibles, chiffons gras, etc., dans des caisses en fer fermées avec couvercles ;
8" X'eiller avec le plus grand soin à l'application des règlements défendant de fumer;
')" Suppression des cloisons en bois et leur remplacement par des cloisons en briques;
lo" Remplacement de tous les systèmes dangereux de chauttage. Suppression de toutes les cheminées et établissement de calorifères, soit à vapeur, soit à eau chaude, iifcc foyer exlérieur ;
II" Entretien de paratonnerres.
Mesures urgeulcs ii prendre à la suite des pricédeules.
12" Déplacer les cabinets des conservateurs, afin de les mettre en meilleure place et les installer en prenant les plus grandes précautions pour éviter la formation de foyers dangereux, soit par le chauffage, soit par l'accumulation des toiles, gravures, cadres, etc. ;
15» A mesure que l'occasion se présentera, remplacer les fermes en bois de la charpente du toit du vieux Louvre par des fermes en fer. Dans le cas où ce remplacement tarderait, revêtir ces charpentes avec un enduit en plâtre ou en ciment grillagé;
14" Déplacer le Ministère des l'inances, ou en attendant, l'isoler du Louvre par d'épaisses cloisons en briques, en fer ou en maçonnerie.
Ecoi.E DU Louvre (Cours Lefuel), vingt-quatrième année (1903- 1906).
Archéologie iialiouale.
M. Salomon Reinach, membre de l'Institut, conservateur du musée de Saint-Germain, professeur. Le professeur étudiera, à la lumière de découvertes récentes, diverses questions d'archéologie préhistorique, celtique, romaine et franque, tous les vendredis, à dix heures et demie du matin. La première leçon a eu lieu !e vendredi 8 décembre.
Archéologie orieiilale cl cènuiiique antique.
M. Heuze}-, meiubre de l'Institut, conservateur des antiquités orientales et de la céramique antique, prot'esseur. M. E. Pottier, membre de l'Institut, conservateur adjoint des antiquités orientales et de la céramique antique, suppléant. Le professeur suppléant étudiera, dans le premier semestre, les récents envois de la mission J. de Morgan (antiquités de Suze); dans le second semestre, la collection des Terres cuites grecques du Louvre, tous les jeudis, à une heure et quart de l'après-midi. La première leçon a eu lieu le jeudi 7 décembre.
Archéologie égxplienue.
M. Pierret, conservateur des antiquités égyptiennes, professeur. Le professeur expliquera les grands monuments du Musée du Louvre, tous les mardis, à dix heures et demie du matin. La première leçon sur la Religion égyptienne a eu lieu le mardi 5 décembre.
se
divL'
Diinoliquc, Copie. Droit cg\plicii. teurs devront les lui demander par lettre avec timbr
M E. Revilloul, conservateur adjoint des antiquités P»"'' ''^ r4^0"se.
éayptiennes professeur. Démotique: Le professeur Le Dn-ecteur des Musées nationaux
continuera à expliquer le nouveau papyrus de sen- . et de l'Ecole du Louvre, membre de l'Institut,
tences morales de Leyde, tous les lundis, à deux T Homoi.le.
heures et quart du soir. ^ Approuvé :
Copte et hiératique : Le professeur continuera à Le Ministre de l'Instruction publique, expliquer, d'une part, les apocrvphes du Nouveau des Beaux-Arts et des Cultes,
Testament écrits en copte, et, d'autre part, divers Bien-vh\li-Mauti\.
textes hiératiques et hiéroglyphiques, tous les mardis, ^
à deux heures et quart du soir. , , , , .^ ,- ,,,.,.,
Droit é.Tptieu et économie politique: Le profes- M- Jules Comte a oHert a la Société des Artistes
ur continuera à expliquer et commenter juridique- Inmçais, en mémoire de M. Armand Hayem, sa pro-
lent des contrats ou textes lé<;aux égyptiens des pnété de Montlignon, prés d'Ermont, en Seme-et-
iverses périodes le premier et le troisième mercredi Oise. Cette propriété, qui se compose d'une maison
du mois, .1 deux heures et quart du soir. construite dans un parc de vingt-cinq mille mètres,
sera transformée en maison de retraite pour les artistes
Hpii;nipbiL- oriciiliilc. vieux, infirmes et sans ressources.
M. Ledrain, conservateur adjoint des antiquités Quelques ateliers seront construits pour laire de
orientales, professeur. Epigraphie assyrienne: Le pro- cette propriété la Maison des artistes, une maison où
fesseur étudiera les nouvelles inscriptions assyriennes, ils puissent être ,\ l'abri de tout besoin et travailler
tous les jeudis, ,i dix heures du matin. sans souci du pain quotidien. Cette maison sera
Epigraphie phénicienne et epigraphie araméenne : prête vers le milieu de l'année prochaine. Le professeur étudiera les inscriptions nabatéennes du Musée du Louvre, les samedis, à deux heures du soir.
La Société « Le Nouveau Paris » vient de renou-
Hisloiro Je ht pciiiliiir. vêler sa commission pour 1905-1906. Ont été nom-
M. Paul Leprieur, conservateur des peintures, des niés :
dessins et de la chalcographie, professeur. M. Paul Président, .\L Frantz-Jourdain : vice-présidents,
Leprieur se trouvant empêché, pour cette année, par M\I Albert Besnard, Th. Poilpot, Hector Guimard,
les travaux du .Musée, le cours ser.i lait par i\L Salo- Henri Tui"<it ; secrétaire général, M. Georges Bans;
mon Reinacli, membre de l'Institut, conservateur du secrétaire des séances, .VL P. -A. François ; secrétaire
Musée de Saint-Germain, prolesseur ,i l'iicole du pour la presse, M. Alcanter de Brahm ; trésorier gé-
Louvre, qui exposera, tous les lundis, ,1 quatre heures néral, M. .Alfred Besnard ; trésorier adjoint, M. Paul
du soir, l'histoire de la peinture depuis le siècle Ancelle ; avocat conseil, AL" Albert Rodanet ; mem-
d'Auguste jusqu'au siècle de Louis Xl\'. bres, M.\l. Eugène flénard, Stanislas l'errand. Fer-
„.,.,, ,^, . ,r , 71 nand Hauser, Alexandre Charpentier, Harmand
Hiiloirc do hl iculbhirc du Moyen As,i\ de lu , r- ■ 1 1 i- . \i\\ -c
Reiiaisiiiiiee el ilei leiiips iiiodenies.
.\lexandre Gariel ; membres suppléants, j\LV[. Euène Blot, Charles Plumet, Charles Saunier, H. De-
M. André Michel, conservateur de la sculpture du ;.^.,j,^ . , .it,,;,,, Alexandre, Saglio, Eugène Gaillard,
Moyen Age, de la Renaissance et des temps modernes, ^^^ -^^^ Paul-Louis Garnier. prolessetir. Le prolesseur traitera de I histoire de la sculpture au xv>^ siècle, tous les mercredis, à dix
heures et demie du matin. \\ est rappelé aux jeunes artistes sans lortune.
Histoire ,/,.- arh ..p^lhmè^ d Vindustne. peintres, sculpteurs, graveurs, lithographes, archi-
, , . ,, tectes ou musiciens, qui désireraient se porter caudi-
M. Gaston Mi"eon, conservateur des ob ets d art , , ,. ' ■»■,,' 1, r^„.. .;i
, , ^ , , „ ■ 1 dats aux bourses artistiques instituées pai le Conseil
du NIoven A"e, de a Renaissance et des temps , . , 1 1 c • r ■ 1 -i. i, ;,.,,,-
- ■^. ' , , , ,. ,,. F oénéral de la Seine, pour 1 année 1906, qu ils don ent,
modernes, prolesseur. Le prolesseur étudiera 1 h,s- -^, ^^^^ ^^ décembre 190;, donner délai, adresser
toire de l.i céramique dans les pavs occidentaux et, ^^^^^ demandes à M. le Préfet de la Seine (Hôtel de
en particulier, en Italie et en Irance, tous les ven- ^..^^^ ^^.^.^,.^.^ ^^^ Beaux-Arts). Les conditions <w„-
dredis, à deux heures et demie du soir. ^ ^.^^^ ; , .^,^^^^^,.^, ^^^^^ ^.^^^ ^ , ^^^^^ ,^. j .p,,-,,,,,,,,^ je
Nota. — Les cours de l'année scolaire à 1 Ecole du |^^ i^^.;,^^, ^^ j^. n-avoir pas trente ans accomplis. Louvre, prendront lin le 13 juin 1906; une interrup- ^
tion des cours aura lieu, a l'occasion des vacances de
Pâques, pendant la semaine tout entière qui pièce- Dans sa séance du 2 décembre, présidée par
dera le jour de P.iques et celle qui le suivra. .\1. Edouard Détaille, l'Académie des Beaux-Arts a
Les élèves qui désirent suivre un ou plusieurs de procédé à l'élection d'un membre titulaire de la secces cours sont priés de vouloir bien s'inscrire, de tion de peinture, en remplacement de .\L Bouguereau, deux heures a quatre heures, au secrétariat des décédé.
Musées nationaux (Pavillon de l'Horloge), auprès du 'i'rente-cinq membres de l'Académie ont pris paît
secrétaire de l'Ecole, qui délivrera les cartes; les audi- au vote.
Au cinquicnie tour de scrutin, M. l'rauçois I-lanicng a cté clu par 19 voix, contre 8, à ^ï. Tony Kobcrt-l'leurv, 5 à M. lerrier, 2 à >L (lollin, 2 à M. Toudouze, I à M. Besnard.
Le Conseil supérieur de l'École des Reau\-Arts, dans sa réunion présidée par M. Dujardin-Beaumetz, a nommé proiesseiu' chet d'atelier de peinture, en remplacement de M. Bonnat, nommé directeur de l'Ecole nationale des Beaux-Arts, M. Luc-Olivier Merson, mentbrc de l'institiu.
M. Luc-Olivier Merson a cinquante-neul ans. 11 avait remporté, en 1S69, le prix de ivonie. sr
L'Etat vient d'accorder le Grand Palais à l'Association syndicale professionnelle de peintres et sculpteurs français pour sa sixième exposition annuelle qui aura lieu en janvier et février 1906. Pour les renseignements, écrire au président, 51. avenue de \'illiers. sr
Lks colrs dh i,a KfH DE Rkxxes. — Ëcolf pniHcjiic d'enseigncmvut iniiliu'I ilis Aiis. — Les cours de l'Ecole ont commencé le jeudi 27 novembre et se poursuivent tous les jours, à cinq heures et demie, pour la section esthétique et historique, et à huit heures et demie pour les sections technique, juridique et économique. Des conférences ont déjà été faites dans la première section par MM. François Benoit, Albert Besnard (nous en reproduisons des passai^es dans ce numéro), Léonce Benedite et G. Séailles, ainsi que par M. E. Gaillard sur 1rs principes li lois drs iiris duiiii'iihic et par M. Homolle, sur les rapports de la pt-iiiliirc et de la sctilpliirc dans l'art gnr.
" Les conférences de l'Ecole d'art qui seroiit données pendant l'année scolaire 1905-1906, à l'Ecole des Hautes Etudes sociales, 16, rue de la Sorbonne, dans la section Esthctiqiw et Arts plastiques, porteront sur l'histoire du paysage en France et auront lieu tous les samedis, à cinq heures et demie. Elles seront faites par M.\L Ravmond Boiij'er : Claude Lorrain (15 janvier) ; — Pierre Marcel : Le Paysage èi la fin du XVlh siècle (20 janvier) ; — L. de Fourcaud : Le Paysage dans l'œuvre de JValleau (27 janvier) ; — Deshairs : Le Paysage au XVIIh siècle (-^ et 10 février) ;
— François Benoit : Le Paysage au début du XIX' siècle (17 février); — Rosenthal : Le Paysage au temps du romantisme (24 février et 5 mars); — Henry Marcel: Les Orientalistes (10 mars) ; N . . . : /.-/•". Millet ( 1 7 mars);
— Sarradin : Le Paysage dans l'a'iivre de Courbet (24 mars) ; — Théodore Duret : Le Paysage dans l'œuvre de Manet (31 mars); — Gustave Kahn : Le Paysage impressionniste (7 avril).
Exposition d'art provençal . — On écrit de Marseille:
Un Comité composé de notabilités marseillaises
vient d'être constitué avec la mission d'organiser dans
l'enceinte de l'exposition coloniale, qui aura lieu ici
en 1906, une exposition générale d'art provençal.
Grâce au Conseil municipal et au Conseil général, les travaux d'aménagement ont commencé.
L'exposition projetée réunira la Heur des productions inspirées par le génie du terroir, du xv» au .w-' siècle, tant en peinture, sculpture et gravure qu'en art dit industriel ou décoratif.
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On annonce d'Udine qu'on vient de découvrir, dans l'ancien château de cette ville, des fresques qui représentent une Sainte Famille et proviennent d'un maitre remarquable de la Renaissance.
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Le statuaire Récipon vient d'être chargé de l'exécution du buste de M. Alfred Mézières, président de l'Association des journalistes parisiens, jr
La quatrième Commission municipale vient d'accepter les esquisses présentées par le peintre Besnard pour les trois plafonds du Petit Palais. L'œuvre de
l'artiste représente l'.Vrt à travers les âges.
Le jurv de « l'Exposition des écoles dépaitementales des Beaux-Arts et d'An appliqué » s'est réuni à l'École Nationale des Beaux-.\rts à Paris, sous la présidence de M. Dujardin-Beaumetz.
Les six Chambres syndicales représentées dans ce jury (.\meublement, Charpentiers, Ameublement et Tissus, Menuisiers du bâtiment. Céramique et \'errerie. Charpente en ftr), ainsi que la Société des Architectes diplômés par le gouvernement, ont mis des médailles d'argent à la disposition du jury pour être distribuées en récompenses.
Le jury a décidé de classer, pour les récompenses, les écoles exposantes en deux sections: 1° Section de l'Enseignement général et des Beaux-Arts ; 2» Section de l'iinseignement général et des applications industrielles de r.\i1.
Les écoles classées en tète sont :
Dans la i'" section: Première, Toulouse; deuxième, Rennes; troisième, Dijon; quatrième. Le .Mans;
Dans la 2"= section: Première, Roubaix; deuxième, Rennes; troisième. Le .Mans; quatrième, Toulouse; cinquième, X'alence.
Le rapport général sur l'Exposition a été confié à >L \'alentino, chef du bureau de l'Enseignement au sous-secrétariat d'État des Beaux-.\rts. L\-irt et les Artistes a publié une intéressante étude illustrée sur cette exposition. Sf
Le très curieux autographe et le dessin original de Sainte-Beuve que nous avons publiés dans notre précédent numéro, font partie de la précieuse collection de M. Jules Martinon, le bibliophile érudit, le possesseur du répertoire d'Hozier.
\'oici à titre de curiosité les prix d'adjudication des principales pièces de la vente Cronier dont nous avons parlé dans notre précédent numéro :