LA ROBE DE MAISON
^AUT de lit, peignoir, rolse de chambre, de quel ^^ nom qu'on la désigne, la robe de maison est ce vêtement domestique que la femme revêt pour rester au logis, alors qu'elle a poiu- la ville un tout autre appareil.
Mais de même que cette robe de ville, à l'infini, se transforme selon qu'elle doive accompagner la maîtresse de maison aux provisions, la désœuvrée à la promenade, la visiteuse à ses visites, la coquette au bal, la traîtresse au rendezvous, de même la robe de maison à son gré elle aussi se transforme, se modifie, se décore selon qu'elle servira aux .soins du ménage, aux apprêts de la toilette, au décor des réceptions à l'imprévu des indispositions, selon qu on restera seule chez soi ou que quelqu'un du dehors, voire quelqu une, viendra meubler votre solitude domestique.
Et selon la fortune, la situation de la dame, la simple robe
de chambre de pilou roturier pourra devenir une vraie robe de cour, crêpe de chine et dentelles, peau de soie et guipure, velours et bijoux.
Elle pourra être au soleil du printemps le saut de lit de linon brodé ou de douillette flanelle ; aux jours gris de l'hiver, elle pourra être le peignoir à pli watteau traînant sa nonchalance sur la tiédeur somptueuse des tapis, ou bien encore la robe de chambre aux inventions esclaves aussi de la mode, comme s'il s'agissait d'un costume de ville
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