‹ L'Art et les artistesChapitre 136 sur 150 · A. DE M · texte numérisé non relu

A. DE M

ITAILEC

•pAR le nombre des exposants, par l'importance •* de quelques envois, parmi les centaines qui ont encombré la dernière Exposition internationale de Venise, le groupement d'œuvres d'art qui pendant plusieurs mois a retenu l'attention du public international n'a pas été cette année tout à fait sans intérêt. C'est en vain qu'on chercherait l'œuvre formidable, l'œuvre de puissante promesse ou d'écrasante réalisation. Aucun nouveau talent ne s'y révèle dans la lumière du Paraclète attendu. Aucune école n'a proclamé un dogme satisfaisant. Les toiles, les bronzes, les marbres, y ont étalé leur individualité belle ou laide, presque toujours intéressante, mais presque toujours aussi sans importance et sans signification générales.

Cependant M. Vittorio Pica, dont le volume fort richement illustré qu'il écrivit sur cette Exposition a paru par les admirables soins de Vlstiltito Italiano d'Arti Grafiche, a voulu découvrn- dans la multitude des exposants les éléments de quelques groupes. Il a voulu retrouver un " style » au milieu de tant de désordre individuel ; aussi a-t-il pu réunir les envois les plus intéressants et les plus caractéristiques en deux catégories qui prennent les noms de deux races : les Espagnols et les Suédois.» Si l'on devait donner la palme de la victoire à un groupe d'artistes, celui-ci serait, sans nul contredit, un groupe d'artistes étrangers, et seul on pourrait avoir quelques indécisions pour l'accorder aux peintr,:s Espagnols ou aux Suédois. Car les premiers, plus audacieux et plus v fs, sans être tous d'égale valeur, et les seconds, plus significatifs, plus sûrs et plus sciemment équilibrés, réussissent cette année mieux que tous les autres, par des qualités d'art totalement différente et presque opposées, à conquérir la sympathie et l'admiration des amateurs. » M. Vittorio Pica commence ainsi par eux la description et la critique de l'Exposition de Venise. Il parle de MM. Sorolla, Zuloaga, Rusinol, Anglada, Bacarisas, Alvarez de Sotomayor et d'autres, pour les Espagnols ; et, parmi les Suédois : MM. Anders Zorn, si étrangement voluptueux, géorgique et charnel. Cari Larsson, exquis et .souriant, Bruno Liljefors, et, quoique Norvégien, M. Fritz Thaulow.

Toutes les œuvres d'un très réel intérêt de ces deux groupes témoignent de belles recherches et de fortes volontés dans l'étude de la nature et de l'humanité. Les Espagnols étudient plus particu lièrement les créatures, et la femme entre toutes : M. Anglada fait des admirables tableaux du vice parisien, qui rappellent par leur précision les plus rudes Toulouse-Lautrec. Les Suédois mêlent la nature et les effets amoureux de la lumière à leurs

analyses industrielles. Mais de toutes ces œuvres exposées à Venise, aucune parole nouvelle ne jaillit que nous n'ayons déjà entendue dans nos salles parisiennes.

La France n'est pas merveilleusement représentée en peinture ; elle l'est fort bien en sculpture, par la Femme gisante de Rodin et par de nombreuses médailles et plaquettes de M. Alexandre Charpentier.

L'Italie révèle une tendance de ses peintres à aimer la nature: en général, ils isolent le paysage de la créature : ils font le paysage et ils font le portrait. Quelques-uns s'essayent à la composition et à l'allégorie. Et des noms déjà connus et aimés se groupèrent à Venise : le sculpteur Leonardo Bistolfi, les peintres Nomellini, Costetti, dall' Oca Bianca, etc.

Le livre de M. Vittorio Pica, en présentant dans son ensemble, et avec la méthode d'une sereine critique, cette dernière manifestation collective d'art, rend un service très gran.l à tous les artistes. w

Mémento des hommes, des choses et des publics fions d'.\rt. — A Florence il se fait un grand bruit autour de la reconstruction de la façade de l'église de Saint-Laurent. Le temple élevé par Filippo Brunelleschi, et qui renferme l'énorme richesse des tombeaux des Médicis par Michel- Ange, n'a pas de façade. Des projets de reconstruction furent faits at laissés par un artiste même de la Renaissance :• Sangallo. Les architectes et les esthètes modernes de toutes branches discutent pour savoir si l'on doit accepter ces projets de Sangallo, qui n'ont pas une grande valeur de beauté ou s'il faut en confier la modernisation à un architecte contemporain.

— Dans les collections artistiques de la Pinacothèque de Milan, MM. Luca Beltrami, Luigi Cavenaghi et Antonio Grandi ont cru découvrir que le petit portrait d'un duc de Milan, attribué en 1686 à Luini, est au contraire de la main de Léonard de Vinci. Ce portrait qui serait celui d'un musicien de la cour de Ludovic le More serait, à côté des nombreux portraits de feniine, le seul portrait d'homme du grand maître.

— A la suite de la mort de l'artiste, M. Giuseppe Sacconi, de violentes discussions se poursuivent dans la presse de tous les partis au sujet de son successeur à l'élévation du monument national au roi Victor-Emmanuel P'". Ce monument, de proportions immenses, à la manière des mausolées orientaux, s'élève inachevé, à Rome ; il doit dans l'esprit des Italiens résumer la gloire de l'unification du Royaume. Ricciotto C.\nudo.

L'Art dans la Mode

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