X,\II
Le Conseil d'administration de la Socictc des Artistes français pour l'année 1906 est composé comme suit :
MM. T. Kobcri-1-lcury, Nénot, J. Coutan, Albert .\laii;nan, Ikiisseau, de Ricliemont, Georges Lemaire, Pasc.il Mongin, \i. Adan, Blanchard, Cagni.ird, Cariés, Carlier, Dawant, Deglane, 1'. 1-lameng, Gaiiliardini, Laloux, Le Coûteux, Lelort, Louis-Nocl, Maillart, l'etitjcan, Sainlpierrc, Zuber.
Le comité des dames de l'Union centrale des arts décoratifs vient de nimimer vice-présidente déléguée la duchesse de Broi^lie. Cette élection a été motivée par la moii de M'""' 'l'aine dont le comité garde un respectueux et reconnaissant souvenir. Le bureau des dames de l'Union centrale des arts décoratifs se trouve ainsi composé : vice-présidente déléguée, la duchesse de Rroglie ; vice-présidentes, la générale Derrécagaix, la duchesse d'Estissac, M"'= Gaston Lecrevix, la comtesse de Maupeou,Ia marquise de Nadaillac ; secrétaire générale, i\l""= Paul Biollav; secrétaires-adjointes, M""-' Antoinette Bucquet, M"'-' Pauline Pages.
Les cuivres lie Reiiibniinll. — Unk lettre de Gus- T.WE Geffroy. — Les lecteurs de VAii cl les Arlisles auront certainement suivi dans la presse une polémique assez édifiante au sujet delà découverte de cuivres de Rembrandt par une revue.
Le Gil Klas où M. Louis \'auxcelles mène, avec son entrain et son esprit habituels, une campagne très documentée contre cette mirifique découverte, publie la lettre suivante de M. Gustave GeftVoy, l'éminent écrivain et critique d'art, notre fidèle collaborateur.
Paris, 19 janvier 1906.
Mon cher ami, Je vous prie, à la suite de la publication dans Gil Blas d'une lettre où mon nom est cité, à propos d'une discussion sur des cuivres de Rembrandt, de dire, en deux mots, à vos lecteurs, que je décline toute collaboration à V Artistes.
Cordiale poignée de mains.
210, boulevard Pereire.
Gustave Geffrov.
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Pendant ces derniers jours de janvier, LEcole pratique d'enseignement mutuel des arts, 44, rue de Rennes, a donné les conférences suivantes : le mercredi 24 janvier, à 8 h. 3/4, les Aris thi bois, suite par M. E. Gaillard; les samedis 20 et 27 janvier, à 8h. 54, Hisloire el Icdiiiiqiu de l'élain, par AL Brateau; samedi 27 janvier, à 5 h. 1/2, les Arts du livre, récriture au moyeu âge, enluminures et miniatures, parM.VL A. (du'istian et Defrance ; mercredi 31 janvier, à 8 h. 5/4, la Sculpture décorative, par .VI. Camille Lefèvre.
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Au Grand Paf.^is. — Très intéressante exposition de l'Association svndicale professionnelle des peintres et sculpteurs trançais.
Au Pinrr Palais. — Une des plus curieuses petites expositions qui soient est celle des photographes tlocumentaires, constituée par la Ville de Paris el qui s'ouvre pour la troisième fois.
Le thème est des plus amusants : cours et jardins ayant un caractère pittoresque ou artistique des anciens hôtels ou maisons du Marais.
TiHite l'Ile Saint-Louis: rues, quais, façades, intérieurs, etc.
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Paysages de Capri. — C'est le 17 janvier que s'est ouverte dans la galerie Georges Petit, l'exposition des Paysages de Capri, de M. Guillaume Dubufe. M. Dubufe passe ses vacances dans « l'ile de Tibère » et dans les jolies toiles qu'il nous montre, il a fixé d'un pinceau rapide les douces impressions de ses villégiatures ensoleillées. L'exposition des Paysages de Capri est restée ouverte du 17 janvier au 51 du même mois.
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(iAi.ERiF Ai.LARD. — Série de fleurs, par Georges Lopisgich.
M. Dujardin-Beaunietz a voulu inaugurer cette exposition particulière d'un artiste que les amis du Salon d'.\utonnie connaissent bien. 11 a été reçu parmi les llems et un bouquet de jolies femmes. C'était doublement fête à la ravissante galerie de la rue Caumarlin.
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i\L Duj.irdin-Beaumetz, sous-secréiaire des Beaux- Arts, inaugurera officiellement le samedi ; février, à la galerie Georges Petit, l'exposition des Arts Réunis: sera président l'excellenl peintre Gaston l.ecreux.
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Revue
Lire dans le n° du 15 décembre de la Kevue un remarquable article de notre collaborateur Camille Mauclair sur la jeune peinture jrançaise el ses critiques.
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En souvenir des liens très vifs de sympathie qui unissent le Portugal et la l'rance, une commission s'est réunie à Lisbonne pour l'érection d'une statue à \'ictor Hugo, avenue de la Liberté. C'est à M. Jean Boucher qu'en a été confiée l'exécution. M. Boucher est le jeune sculpteur qui obtint la même année la première médaille et le prix du Salon et à qui l'on doit le beau monument de Renan à Tréguier.
D'autre part, à Paris, M. Xavier de Carvalho, fondateur de la Société des études portugaises, s'est occupé de réunir un comité de sommités littéraires et philosophiques pour élever un monument à Camoëns.
\'oici les noms des premiers adhérents : M.M. Sully- Prud'homme, Brunetière, Paul Leroy-Beaulieu, Paul Hervieu, Jules Claretie, Catulle .Vendes, Armand Davot, Henri de Régnier, Georges Bondon, Coppée, Richepin, Paul DeschancI, Berthelot, Marcel Prévost, Albert Sorel, Ganderax, Masscnet, Lockroy, Jules Lemaitre, Léon Dierx, Paul Ginisty, Paul et \'ictor Marguerittc, Mistral.
Dès que le comité \'ictor-Hugo sera constitué le roi de Portugal lui accordera officiellement son haut patronage, comme le Président delà République vient d'accorder le sien au monument Camoéns.
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Un Comité vient de se constituer à Paris pour ouvrir une souscription entre les membres de la Société des artistes français, de l'Association des artistes peintres, sculpteurs, architectes, dessinateurs et graveurs (Fondation Taylor), de la Société libre des artistes français, entre les élèves, les amis et les admirateurs de W. Bouguereau, en vue d'élever un monument au Maître, mort l'année dernière.
Ce Comité a pour président, M. Bonnat; pour viceprésidents, MM. Carolus Duran, Moyaux, membres de l'Institut ; Tony Robert, Fleury, président de la Société des artistes français et Henry Roujon, secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux-Arts.
Les souscriptions sont reçues au siège du Comité, 28, rue du Mont-Thabor, et dans les bureaux de la Société des artistes français. Grand Palais des Champs-Elysées, porte D ; de l'Association des artistes peintres, sculpteurs, etc., 2;, rue Bergère.
Sous les auspices de M. G. Hœntschel, qui donna
les chefs-d'œuvre de Carriès, au Petit-Palais, le Conseil municipal d'Arquian, avec le concours des admirateurs de Carriès, va ériger — par voie de sou^criplioii biihliquc — sur l'une des places d'Arquian (Nièvre), le buste du regretté artiste céramiste.
Le Comité désire que le Monument de Jean Carriès soit l'œuvre de tous. A cet effet, il accueillera les dons les plus petits comme les plus généreux; il sollicite aussi le concours de la Presse, pour le seconder.
Les souscriptions peuvent être adressées à M. Georges Hœntschel, artiste décorateur et céramiste à Paris, ou à M. E. Frottier, maire d'Arquian (Nièvre).
Nous apprenons qu'une Union artistique internationale, /(' Cercle des Arts, en formation depuis un an, vient de se constituer définilivement. Le Comité se compose de MM. Léon Ristor, président; Jean Boucher, sculpteur, vice-président.
La Soeièlc Jenii-Jiieejues-Roiissntti. - - 11 s'est constitué à Genève, à l'exemple de la Société Gœthe et Schiller, à Weimar, une Soeiélé Jedii-Jiicqiies-Roiisseaii, sous la présidence de M. Bernard Bouvier, professeur de littérature française à l'Université de Genève Cette Société se propose de préparer, d'une manière rigoureusement scientifique, l'édition de Genève du grand citoven de Genève.
Bibliographie
LIVRES D'ART
L'Ecole genevoise de peinture. — A qui ne
connaîtrait pas l'ancienne école de peniture genevoise, ou la connaîtrait mal, il faut signaler les deux magnifiques volumes illustrés que le Joiinial de Genève a édités coup sur coup, à un an d'intervalle, sur les Peintres genevois (1702-1849) '.
Le texte est de M. Daniel Baud-Bovy, conservateur du musée des Beaux-Arts de Genève, un érudit qui se double d'un charmant écrivain d'art. L'illustration, exécutée par la Société des Arts graphiques, d'après les clichés de F. Boissonnas, atteint les limites de ce que la photographie peut donner de meilleur. Les belles figures artistiques de Liotard, de Pierre de la Rive, de Saint-Ours revivent, avec l'amusant caricaturiste Huber, dans le premier volume. Le second volume est consacré à Adam •Toepffer, le père de Rodolphe, à F.Massot, le portraitiste, et à l'animalier Agasse, dont les œuvres originales sont aujourd'hui si haut cotées par les connaisseurs anglais. A cette œuvre d'un si grand intérêt local, M. Daniel Baud-Bovy a su donner
I. En vente à Paris à la librairie Ftichbachei', 33. rue de Seine.
une portée plus générale, en montrant le curieux mélange des influences anglaise et française qui ont agi sur la petite et vivante phalange des peintres genevois d'autrefois.
l.cs Gnuhis Artistes.
'ffuysdael, par Georges Ri.-^t, sous-conservateur au cabinet des Estampes à la Bibliothèque nationale, I vol.; Ga jn.sboroug 'i, par Gabriel Mourey, I vol. Chaque volume in-8 avec 24 gravures hors texte. Broché 2 fr. 50. Relié 3 fr. 50. (Envoi franco contre mandat-poste à H. L.aurexs, éditeur, Paris, Vie).
Les biographies critiques de Ruysdael et de Gainsborough viennent porter à trente le nombre des volumes que comprend aujourd'hui la collection les Grands Artistes.
Les années, les siècles n'ont pu qu'accroître la gloire de Ruysdael et nous discernons très bien à quelles raisons est due la survivance de sa célébrité ; son art vaut tout d'abord par lui-même, parce qu'on y trouve la plus complète expression du paysage intime dans l'Ecole hollandaise ; il vaut aussi par la portée d'enseignements si décisifs qu'ils ont e.xercé la plus salutaire influence non seulement sur Les compatriotes contemporains de Ruysdael, mais
sur Constable et les maîtres français de i83o. En résumé ce classique est en même temps très moderne et de là vient l'intérêt qui s'attache à la pénétrante et sagace étude, que lui avait consacrée le regretté Georges Riat ; vingt-quatre illustrations, choisies parmi les chefs-d'œuvre du maitre, y viennent corroborer les leçons d'un texte à tous égards remarquable.
L'œuvre et la vie de Gainsborough, le rival de Keynolds; la physionomie tlu portraitiste do Mrs. Siddons et de VEnfdiit bien, si séduisante cependant, tant au point de vue humain qu'au point de vue artistique, sont relativement peu connues en France. On ne sait pas assez d'autre part, l'importance de la place que Gainsborough occupe dans l'histoire du paysage anglais avant Constable et Turner. Le livre de ^L Gabriel Mouret, par sa documentation serrée, par les aperçus originaux qu'il apporte sur la sensibilité de Gainsborough, permettra de se faire une idée exacte de la personnalité de ce très grand artiste. Il offre, en effet, outre l'intérêt, qui s'attache à des pages de critique aussi largement compréhensive, tout l'attrait d'une étude de psychologie subtile et vivante, faite par un véritable écrivain, et qu'éclairent, grâce à une illustration non moins parfaite que captivante, le sourire rêveur, le tendre regard, les élégances délicieuses des « belles femmes » de Gainsborough.
Les Beaux-Arts à l'Exposition de /900, par
Léonce Benedite, conservateur du musée du Luxembourg. — Imprimerie nationale.
En un ouvrage de plus de 700 pages, orné de superbes images, M. Léonce Benedite a résumé la physionomie si complexe de la section des Beaux-.\rts à l'Exposition de 1900. Cette œuvre si considérable n'est autre que la rédaction officielle du Rapport général des Beaux-.\rts à l'Exposition de igixi, et nul ne semblait mieux désigné pour réaliser ce travail que l'érudit conservateur du Musée du Luxembourg,
M. Benedite a divisé son livre en six parties : la Peinture, la Sculpture, la Médaille et la Glyptique, l'Estampe, l'Architecture, les Arts décoratifs, et dans chacun de ces chapitres le genre qui y correspond est étudié aussi bien à l'Etranger qu'en France avec toute la minutie des détails qu'autorise le cadre, et avec une remarquable sûreté de jugement à travers tous les mouvements de nos évolutions historiques.
Cet ouvrage est d'une très haute portée d'enseignement, sous sa forme séduisante.
Les peintres français, jxir Jérôme DOUCET. — Librairie Félix Juven, 122, rue Réaumur.
Fantin-Latour, Corot, les trois Vernet, Ingres, J. S. Laurens, Bouguereau, Puvis de Chavannes, Jules Breton, Meissonier, Fromentin. Yvon, Millet. Telle est la liste des peintres français dont M. Jérôme Doucet raconte la vie et, d'une plume vive et savante, analyse les travaux. Ce livre, destiné à figurer dans toutes les bibliothèques d'art, est orné d'une suite de reproductions empruntées à l' œuvre de chacun des artistes.
Camille M.\ucl.mr.
A signaler une très intéressante plaquette de M. G.- Jean .\ubry, à ajouter à la liste des biographies critiques des Célébrités d'aujourd'hui. Ici M. Aubry étudie avec une rare pénétration le caractère de notre éminent collaborateur Camille Mauclair et analyse l'œuvre étinceiante, profonde et déjà si considérable du jeune écrivain.
Cette brochure a pour frontispice un portrait de Camille Mauclair, dessiné par Mauclair lui-même, image pensive, d'un graphisme très intelligent et qui, sans rappeller VErasme d'Holbein, révèle néanmoins chez l'auteur du Soleil des morts et de Watteau à Whistlcr un tempérament de vigoureux coloriste et un dessinateur volontaire.
Librairie E. S.wsot et C'*', éditeurs, 53, rue Saint- André-des-Arts.
Les otubes mauvaises, par Fernand Kolney. — Ambert et Ci'', éditeurs, 25, rue Lauriston.
L'auteur du Salon de Madame Truphot nous offre ici un livre d'un noir pessimisme, mais où d'étranges beautés de style apparaissent parfois, illuminant l'ombre effrayante de l'œuvre.
Fernand Kolney a cru qu'il était possible d'étudier des caractères qui n'avaient point paru encore dans le roman. Tel celui de la trop curieuse Clotilde Hermagis. Sans doute devant des scènes qu'on peut en vérité qualifier d'excessives, bien des lecteurs crieront au scandale. Mais l'auteur prend soin de nous déclarer qu'il est habitué à la réprobation des « gens de bien », que les tribunaux n'ont pu briser sa plume, et qu'il persévérera, satisfait de son salaire, s'il peut emporter à nouveau le suffrage de ses maîtres, des lettrés et du public athénien... Amen !
DIVERS
cAu 'Pay» de l'Harmonie, roman par Georges Delbruck, un volume in-i6, prix 3 fr. 50. — Librairie Académique Perrix et O^, Paris.
Un Jules Verne philosophe, tel nous apparaît l'auteur de ce curieux roman, plein d'aventures aussi passionnantes que celles de Vin^t tiiille lieues sous les Mers ou de Cinq semaines en ballon, et qui toutes, avec cela, ont pour nous une signification pratique très directe, une évidente portée morale et sociale. Sur la base de nos idées, de nos sentiments, et de nos mœurs d'à présent, de la transformation radicale qui est en train de s'opérer aussi bien dans notre manière de vivre que dans nos croyances et aspirations intimes, M. Delbruck a édifié quelque chose comme une religion nouvelle, une religion de libsrté, d'amour et de beauté, une religion d'autant mieux faite pour nous toucher et nous séduire que chacun de nous en porte déjà va^ement les germes au fond de son cœur. C'est assez dire l'extrême intérêt, à la fois actuel et permanent de ce Pays de l'Harmonie où une intrigue romanesque toujours vivante et variée nous promène le plus agréablement du monde parmi les occupations et les joies d'un avenir qu'il ne tient (ju'à nous de rendre prochain.
La Physiologie morale du Poèïe, par Florian
Parmentier. (Société d'Editiiins de l'Essor Septentrional, Valenciennes).
Le cœur effeuille, par Maria St.^R. — Félix Juven, éditeur, 122, rue Réaumur.
Suite de spirituelles comédies de salon avec musique de scène par Reynaldô Hahn et de (înes illustrations de R. Mainella.
Navires et ports marchands, par Marcel Plessis. — Berger-Levrault, 5, rue des Beaux- Arts.
f C'est une impartiale, savante et consciencieuse étude mettant douloureusement en lumière notre déchéance maritime, les exemples fournis par les nations étrangères ainsi que les remèdes desquels on peut attendre le relèvement de notre marine marchande. Livre précieux que chacun de nos législateurs voudra posséder.
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Clara Bill, danseuse. — Tel est le titre d'un roman du plus vif intérêt que vient de publier M. Albert Boissière. — Eugène F.^squelle, éditeur, 12, rue de Grenelle.
Librairie Félix Juven, 122, rue Rcaumur, Paris.
Paul dTvoi et Colonel Royet, Les Briseurs d'Épées, qui peut se peindre en trois mots ; bonne humeur,verve et esprit. — fff-léinoiresd'un Cheval, de C. AuDiGiER, illustrés par Roufi et. — Un Voyage dans le vent, de M'™ Lesclide : l'histoire la jilus extraordinaire, le livre le plus humoristique de l'année.
Pour les garçonnets. Les exploits du Colonel Gérard, par Conan Dovle, l'auteur de .S/icilock Holmes et Les Trois Pages de M. d'Artagnan, par Eug. W.-VTiN : pour les fillettes, 3\^inette et sa Grand 'M ère, par Brad.\ et Le Prince Coquelicot, par Eug. W.\TiN. — Une traduction de l'anglais, La Promesse de Toby. de Hopkinson, intéressera vivement les deux sexes.
Mais où la firme Juven règne en maîtresse incontestée, c'est dans les albums en couleurs de Rabier, de Del.wv, de Job, de Séverine : France, son Histoire, la Cantinière, les Trois Couleurs, de JOB: Caramel (histoire d'un singe), de R.\bier, les ^Petits Cahe-Walh. de de LaNézière, Jean de la Lune, de Delaw, Tetit Jean ne voulait plus travailler et La Flûte enchantée, de Tante Colette.
Et la maison Juven a créé cette année toute une série d'albums également en couleurs pour les tout petits : "Pour apprendre à lire, La Chasse à la Carpe et la Pèche au Lapin, Histoire extraordinaire de la Sarigue et des Petits Clowns, Une Journée bien remplie, etc., etc.
Envoi franco du Catalogue complet des livres nouveaux.
Echos de la Mode
■puiSQUE toutes les jeunes filles aspirent à gran- ■* [ dir, à vieillir, à paraître irréprochables dans les plus petits détails, il faut qu'elles suivent le courant et ne négligent rien des res.sources que met à leur disposition l'art chaque jour plus grand des fournisseurs de beauté.
Ainsi, qu'elles fassent une guerre sans répit aux vilains points noirs qui envahissent le nez, le front, le menton, et sont d'autant plus tenaces que la peau est plus délicate.
Cela suffît pour enlaidir le plus joli visage et le mal s'aggrave lorsqu'on essaie d'enlever ces tannes avec l'ongle. La pression amène une rougeur sur une noirceur, voilà tout, tandis qu'avec l'Anti-Bolbos de la Parfumerie Exotique, 35, rue du 4-Septembre, on obtient un excellent résultat sans causer la moindre irritation à l'épiderme.
Pour être bien haliillée, il faut que la robe soit
bien coupée et rien n'est ardu comme une bonne coupe.
La faute en est au.x couturiers qui apprennent vaguement, sans principes, cet art vraiment délicat. On arrive pourtant avec quelques leçons assez vite à de bons résultats. Nous recommandons tout particulièrement pour leçons de coupe, raisonnée et rationnelle, pour leçons de goût également, M"'' Edeline, professeur diplômée, 12, rue de l'Assomption, à Paris, qui vient d'inventer un appareil breveté, pour assurer la rotondité absolue des robes dites trotteuses.
M'ne Sans-Gène.
B. de L. — Pour effacer les rougeurs, taches de rousseur et rugosités dont 'ous vous plaignez, employez la véritable Eau de Ninon, parfaite pour conserver la fraîcheur du teint. Vous la trouverez à la Parfumerie Ninon, 31, rue du 4-Septembre, aux
prix de 6 francs et 6 fr. 50 franco.
Numéro 12 — Mars 1906
Supplément illustré
de l'Art et les Artistes
N- B. — Tout ce qui concerne les Abonnements, la Publicitc, .,>., .u,„ ,,,, exclusivement ,- - ,i M. /'Administrateur Je L'ART ET LES ARTISIES, /;;, houhfard Saint-Genimin.
Abonnement annuel : Un an, 16 //•. pour la France, 20 fr. pour VÈlranoer.
L'Education artistique
L'ESTAMPE {Suite)
Comment on fait une gravure en manière noire, une gravure à la pointe sèche,
une gravure en couleurs.
^"^ONTiNUANT notre incursion dans la technique ^^ des arts de reproduction, nous examinerons maintenant quelques-unes des applications que l'artiste peut tirer de la gravure sur cuivre.
Une des plus intéressantes pour le peintre est la gravure en manière noire. Son procédé gras, son exécution par plans larges, et la souplesse des valeurs qu'elle permet, d'obtenir s'accommodent heureusement des effets de clair-obscur.
Son invention attribuée à L. Siegen, officier au service du prince Robert d Angleterre, remonterait donc au commencement du xvii''
siècle. Peu répandue en France, elle fut pratiquée avec succès en Grande-Bretagne pendant une grande partie du xvu<^ siècle et tout le xv!!!*".
Cette gravure se fait sur un cuivre recouvert uniformément d'un grain qui, à l'impression, donnerait une teinte générale foncée d'un noir gris velouté. Au moyen du grattoir et du brunissoir, on aplanit, enlève, on écrase plus ou moins profondément le grain de la plaque, obtenant ain i des parties plus ou moins claires, ainsi que le ferait un dessina-
L.\ TEMPETE Gravure à la manière noire, d'après Joseph N'F.RNKT,
teur, sur un papier teinté, avec un crayon blanc. C'est donc l'inverse de l'exécution dont nous parlions pourl'eau-forte. Au lieu de distribuerlcs ombres sur une surface unie, au moyen d'outils incisifs, ce
sont les parties claires que l'on fait surgir de l'ombre avec plus ou moins d'intensité.
Il faut néanmoins procéder avec une extrême jirudence; la hâte d'aplanir trop vite le grain du métal pour avoir de suite l'effet, est un danger. Les graveurs nous diront en effet qu'il n'est pas facile de rejoncer une demi -teinte dont on a trop accentué la clarté.
Naturellement, aucune opération de morsure ; mais ici, aussi, plusieurs étals sont nécessaires pour se rendre compte de la marche du travail.
La manière noire dont l'exécution large s'adapte merveilleusement à la traduction de certains portraits, a peut-être le défaut de manquer un peu de fermeté dans les accents ; mais ce défaut peut devenir presque une qualité pour la recherche des effets estompés où la pénombre ajoute au sentiment du sujet. Certains peintres modernes, tels que
Eugène Carrière par exemple, trouveraient dans la gravure en manière noire un art de reproduction parfaitement approprié au caractère de leurs œuvres. Ajoutons que cette gravure est assez difficile à imprimer, les lumières étant creusées sur la planche demandent à être nettoyées avec soin pour obtenudes blancs purs. Elle ne peut supporter non plus un grand nombre d'épreuves ; le grain, sous la pression, s'aplatissant rapidement ; mais la rapidité avec laquelle elle s'exécute remédie en quelque sorte à cet inconvénient.
Quant à la pointe sèche, nous savons que dans l'eau-forte les pointes d'acier très fines interviennent, à la terminaison de la planche, pour les détails ultimes qui n'ont pas besoin de subir la morsure de l'acide, la pointe entamant du'ectement le cuivre.
Tout le travail d'un graveur à la pointe sèche consiste donc à opérer entièrement sur le cuivre à nu avec des pointes d'acier de différente-^ grosseur.
Rembrandt a fait un très grand usage de la pointe sèche, soit que. sur des parties préalablement mordues, il exécutât des morceaux entiers à même le cuivre, soit qu'il traitât des planches entières par ce procédé.
Depuis quelques années cet art a repris une saveur nouvelle. Son métier alerte et spirituel, fait de délicatesse, a tenté nos artistes modernes, et le nombre est considérable des peintres qui ont par ce moyen, exécuté des œuvres directes, originales. J. Helleu entre autres, utilisant la finesse à la fois souple et puissante du procédé, a fait une adaptation de la pointe sèche à son talent de moderniste aigu épris d'indications précises et d'une cursive élégance. Au surplus, cet artiste utilise, je crois, la pointe de diamant de préférence à la pointe d'acier ; elle lui donne une taille plus nette, plus profonde, et permet, par endroits, des tracés d'une ténuité presque insaisissable.
Il va sans dire que le tirage des planches de pointe sèche ne peut être élevé. Les tailles, en raison de leur finesse, s'usent ou s'aplatissent sous l'action de la presse à bras et les dernières épreuves perdent souvent de leur éclat.
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Pour ce qui est de la gravure en couleurs, ce n'est pas, à proprement parler, une manière de graver, mais plutôt un procédé d'impression permettant par plusieurs tirages successifs, ou même par un seul tirage, d'obtenir, au moyen des encres de couleur, une estampe coloriée.
On peut le dénommer l'art de peindre en gravure. C'est le peintre hollandais Lastmann qui, vers 162S. imagina la reproduction en couleurs des planches de gravure.
A cette époque, les tentatives de ce genre se succédèrent sous forme d'essais san.^a-encontrerun accueil
bien favorable des amateurs. J.-C. Leblond, peintre allemand, développant le procédé en Hollande et en Angleterre, vers 1704, appliqua à la reproduction en couleurs la gravure de trois cuivres différents, un pour chaque couleur et ses nuances intermédiaires. La ju.xtaposition repérée donnait au tirage l'harmonie complète.
Nous voyons au même moment d'autres artistes, Gautier par exemple, appliquant en France le même principe, mais au moyen de quatre cuivres, soit une gravure par couleur : noire, bleue, jaune et rouge.
On ne saurait mieux expliquer la technique de son procédé qu'en donnant le passage suivant d'une lettre de cet artiste :
Ma première planche ne porte que le noir. Elle est gravée pour toits les tons de cette couleur dans le tableau ; elle sert encore pour produire toutes les teintes grises, qui ne peuvent être faites que par cette seule couleur avec le blanc du papier.
Je passe d'abord sous la presse cette première planche, qui fait sur le papier une espèce de lavis à l'encre de la Chine ; ensuite je passe ma planche bleue, qui, avec le secours de la précédente, fait un camaieu noir et bleu dans lequel on trouve le noir, le bleu, le blanc, le gris, le gris-bleu, le bleu sale, et une grande quantité d'autres teintes composées de ces couleurs.
Je passe sous la même feuille la planche jaune, qui fait avec les teintes précédentes, le jaune, le vert clair, le vert brun, le vert céladon, le vert olive, etc. ; elle fait encore, avec le secours des teintes noires primitives, les terres brunes, les jaunes sales, etc. Après, je passe ma planche rouge, laquelle produit le rouge, et avec les teintes des trois autres, les pourpres, les oranges, les gris de lin, les couleurs roses, les bruns rouges, les terres d'ombre, les terres de Cologne, et une infinité d'autres teintes que les couleurs n'ont jamais produites.
Il est à remarquer que Gautier indique comme première opération l'impression de la planche de noir. Malgré son avis, d'autres graveurs, au contraire, ne firent intervenir la planche de noir qu'en dernier lieu pour renforcer les fermetés et les parties ombrées. D'autres encore n'utiliseront que les trois couleurs sans le noir.
La plupart de nos petits maîtres peintres de la fin du xviii<' siècle trouvèrent dans le talent des graveurs de cette époque une charmante appropriation de ce procédé et les estampes en couleur qu'on doit à ces derniers sont trop connues pour que nous en rappelions les qualités de fantaisie et légèreté.
De nos jours encore de nombreuses et intéressantes tentatives dans ce genre agrémentent les sections de gravure de nos expositions artistiques.
Mais la majeure partie de ces planches ne sont pas exécutées au moyen des trois ou quatre cuivres en tirage superposés. — On se contente souvent
HELLEU : la jeune mère (pointe sèche)
d'encrer une planche^unique avec plusieurs teintes, produisant ainsi des variations de nuances dans les différentes parties d'une même gi'avure. C'est ce qu'on appelle un tirage à la poupée.
Ajoutons que, pour l'impression, une légère couche d'huUe sur la planche au moment du tirage donne à restampe[^coloriée le ton moelleux et fondu de certaines aquarelles à grande eau.
Sans discuter le charme incontestable de la gravure en couleurs, nous ne pouvons néanmoins lui donner le pas sur l'impression en noir.
La fantaisie coloriée si délicate, si amusante soit-
elle, ne saurait valoir aux yeux des vrais amateurs de gravure, la séduction des beaux noirs veloutés, profonds, où le blanc du papier s'harmonise si heureusement avec l'encre d'imprimerie, donnant à l'œil cette sensation produite par l'union intime de l'ombre et de la lumière et qui, dans le domaine des équivalences physiologiques, correspond à l'émotion que l'on ressent à entendre vibrer un accord 'musical plein, large et sonore.
Paul Steck,
Inspecteur de l'Enseignement du dessin et des musées.
TU
Les Théâtres
Théâtre Antoine : Vieil Heidelberg, cinq actes de M. Meyer Forster. — Renaissance : les Hannetons, trois actes de M. Brieux. — Au petit Bonheur, un acte de M. Anatole France.
Une loi d'équilibre mystérieuse préside, au théâtre Antoine, à l'alternance des spectacles. Tel s'adresse à l'élite lettrée : c'est, par exemple, le Coup d'Aile. Tel à la petite bourgeoisie : c'est une pièce de Brieu.x. Tel enfin, au vaste public : et nous avons Vieil Heidelberg.
C'est une jolie opérette, à qui ne manque même pas la musique. C'est l'idylle d'un jeune prince et d'une soubrette. Air connu. Mais les costumes sont nouveaux. Il fut élevé, le jeune prince, à Carlsbourg, dans un sombre château, loin des hommes, de la vie, du soleil. Il a vingt ans, et on l'envoie, pour une année, à Heidelberg. 0 surprise ! il y a là des tavernes, des étudiants et des rapières, des pommiers en fleurs, des tonnelles, des chansons au bord du Neckar. Il y a un vieil hôtelier brave homme, dont la nièce, Catherine, est exquise....
Doux mystère du toit que l'innocence habite, Chansons, rêves d'amour, rires, propos d'enfant, Et toi, charme inconnu dont nul ne se défend. Qui fis hésiter Faust au seuil de Marguerite...
C'est cela. C'est cela justement. Il est bien heureux, Charles-Henri. Il s'est découvert un cœur d'homme. Son bonheur est de brève durée. Crac ! il arrive une Excellence, feutre noir à la main, compassée : « Son Altesse votre oncle se meurt. » Il faut retourner à Carlsbourg, dans le château noir, loin des fêtes. Il est bien malheureux, Charles -Henri ! Nous le revoyons, au tableau suivant, vieilli, durci, la bouche mauvaise, isolé de nouveau des contacts par un protocole inflexible. Nous songeons au grand mot de Tolstoï : « Un moujick a des millions de frères. Mais un roi, qu'est-ce qu'il est ? seul, tout seul... «C'est flatteur pour nous, somme toute. Nous plaignons ce pauvre petit. Tout de même, avant le mariage, il aura revu Heidelberg. Il l'aura revu en automne. Plus de fieurs, plus de chants, plus d'ivresse. Tous les fronts, devant lui, se découvrent. La solitude l'accompagne. Il sanglote doucement, tandis que Catherine met un pur baiser sur son front.
Notez que cescenario pourrait être celui d'un chefd'œuvre. Il en est d'aussi enfantins. Hamlet et Faust par exemple. Oui, mais le génie, le génie !... Ceci n'est nullement un chef-d'œuvre. C'est une romance agréable, où l'on papote gentiment, où nul soupçon d'art ne fatigue, qui va droit à son but, telle une eau courante. Et, comme elle est sentimentale, démocratique et pittoresque, encadrée de décors de Jus-
seaume et d'une mise en scène admirable (Antoine a dû bien s'amuser!), comme il y a les chœurs, — ah! ces chœurs ! — et l'accorte M"^ Sylvie, vous pensez bien que le public ne se tient pas d'enthousiasme. On a joué vingt fois le Coup d'Aile. On jouera cent fois Heidelberg. C'est très bien calculé. C'est dans l'ordre. Un peu écœurant ? Oui, peut-être... Mais c'est le théâtre ! Qu'y faire ?
Guitry est un peu moins heureux. Cette année, il n'a pas la veine. Elle reviendra, car il est beau joueur. Mais les Hannetons, c'est visible, ont dû décevoir son attente. Pourquoi ? Oh ! rien de plus facile que de l'exphquer... après coup.
Les Hannetons, ce sont les amants qui se lient au hasard des rencontres. Ça commence à merveille, et finit très mal. Lui : un savant. La quarantaine. Professeur d'histoire naturelle. Tics de vieux garçon, tendre et faible ; elle : une grisette quelconque. Jolie, jolie, mais insupportable. Elle s'ennuie de coller des fougères, de lire des bouquins, d'être seule. Elle apporte un sadisme mutin à détraquer l'existence paisible de ce pauvre quadragénaire. Il s'irrite, s'emporte, s'emballe. Il essaie de se libérer. Un ami vient à point, qui le trompe. Occasion bénie, mais unique ! Il la saisit, met à la porte sa petite amie étonnée. Il se croit rajeuni, délivré. Il chante victoire. Trop tôt ! L'aimable enfant s'est jetée à l'eau. On l'a repêchée tout de suite. On la ramène, en grande pompe, au domicile de son ami. Réconciliation obligatoire. Voilà un professeur perdu...
Hé bien, c'est charmant ? Mon Dieu, oui. Ce sont trois actes drus et vifs, sans rien qui pèse ni qui pose, pleins de traits de mœurs, de mots qui portent et d'observation amusante. Brieux a mis là son sens du théâtre, en laissant de côté les sermons. Point de thèse, et une morale. Des caractères lestement enlevés. Que faut-il de plus ?... Il faudrait une solution optimiste. Tout cela est trop vrai, est trop cru. L'àpreté, bien parée, est latente. Et elle perce nettement vers la fin. Le public ne veut pas d'âpreté, ni de vérité, ni de larmes. Il veut un mensonge tout rose, avec des drôleries épicées. Que faire à cela ? Rien à faire...
Même accueil, un peu plus réservé, échoit au
charmant petit acte qui ouvre cespectaclecharmant.
Ni le nom d'Anatole France, ni l'amère saveur d'un
dialogue fantaisiste, ému, libertin, ni les grâces
exquises d'un style qu'on ne parle g.uère au théâtre
ne dérident ce public renfrogné. Le style? Ah! non,
ce qu'il s'en moque !... Etonnez-vous, après cela, des
recettes des music-halls !
Gabriel Tr.\rieux.
L'Art dans la Mode