CHEZ LES PEINTRES
Un après=midi chez Claude Monet
C LAI DE Mon ET n'est jioint k- j^eintre paysan, simple et fruste, que l'on croit à Paris. Aucun rapport entre sa vie et celle d'un Jean-François Millet, terré par l'injuste misère à l'orcc du J-5as-Hicau, à Barbizon, ou celle d'un Alfred Sisley, végétant dans une masure, à l'ombre de l'église de Moretsur-Loing. Monet, jadis, subit des débuts douloureux, la lutte, les quolibets de la foule, les privations. Il s'en souvient, et ne nie point ce temps de néces saires épreuves.
Mais, s'il a peiné comme un matelot, à Belle-Isle, Livrant bataille au.x lames, aux récifs de Port- Domois, de Port-Goulphar, analysant sans trêve les rocs déchiquetés, les falaises striées par l'écume, engluées par les mousses et les lichens, et les bastions de granit battus par la meute des vagues, s'il a décrit sans relâche, d'im infaillible pinceau, les bouquets d'arbres d'.\ntibes et de Bordighera, et les pins noirs, et les oliviers d'argent pâle, et le ciel indigo, — le voici aujourd'hui fixé,