CLAUDEL
harmonie de lignes : il parcourt la gamme entière des gemmes, continue et dépasse les Japonais qui ne cuisaient qu'à deux feux tandis que lui pousse jusqu'à cinq, obtient des rouges sanguino-
lents en coulées de laves, des roses tigrés, des gris tendres, des bleus dégradés en mauve ; c'est évocateur d'insaisissables effets de nature, certains motifs ont la ténuité charmeresse de ces nuages qui dentèlent l'horizon de la Mer, aux crépuscules de Rêve.
« ... La porcelaine doit éviter de ressembler à du verre, je me suis toujours efforcé de tendre à la pièce de matière dure par l'asjiect, de là mon succès dans ce genre de fabrication, car tous ceux qui ont fait ce genre de poteries et Sèvi"es en particulier n'ont toujours montré que des pièces veules, mièvres, et surtout vitreuses, par conséquent le contraire d'une œuvre artistique... »
Cette lettre de lui dit la \-érité : un de ses récents modèles est, dans la symphonie puissante des rouges, et dans celle des blancs, une sorte d'ccaille rugueuse, du plus curieux aspect.
Pour la première fois le vieux maître Chaplet associe à son succès son gendre, M. Lenoble ; l'exposition de celui-ci est discrète, dans des teintes mortes, des gris et des bistres atténués ; il intitule simplement cela : poteries, et elles apparaissent décoi'ées de linéaires ornementations, d'arabesques sobres donnant presque un caractère archaïque ; c'est là un intéressant début par les formes, la couleur, le dessin ; désormais les amateurs de céramique connaîtront cette alliance de noms, Chaplet-Lenoble.
Maurice Guillemot.
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